Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/12/2013

Mario, c'est lui!

La Libre, Momento, Pixels, Mario, Charles MartinetCharles Martinet interprète Mario depuis plus de 20 ans. Présent à Bruxelles la semaine dernière pour la sortie de Super Mario 3D World sur Wii U, il s’est prêté au jeu du question-réponse.

Entretien: Aurélie Moreau


C’EST L’UN DES PERSONNAGES LES plus célèbres de l’histoire du jeu vidéo. Il porte la moustache, ne quitte jamais sa salopette, sa casquette rouge et ses gants blancs. Il est Italien, plombier et vit à Brooklyn. Né de l’imagination de Shigeru Miyamoto en 1985, Mario est aujourd’hui devenu la mascotte de la multinationale japonaise Nintendo. Depuis, les jeux Super Mario ont été vendus à plus de 262 millions d’exemplaires dans le monde (jusqu’en mars 2011), ce qui en fait la série de jeux vidéo la plus vendue de tous les temps.

Véritable icône du monde vidéoludique, ce personnage survitaminé doit d’ailleurs beaucoup à l’un de ses interprètes (un pro de l’impro), Charles Martinet. Plutôt costaud, le sourire franc et généreux, l’acteur américain demeure fermement habité par son personnage.

Vous êtes connu pour interpréter Mario, mais peu de gens savent que vous doublez également Luigi, Wario, Waluigi, Bébé Mario, Bébé Luigi, ou encore Papy Champi…
Oui, ça a changé ma personnalité en quelque sorte. Je suis devenu quelqu’un de plus optimiste. Ces personnages m’ont apporté beaucoup de joie dans la vie.

Quand vous participez à l’audition pour interpréter le rôle de Mario, vous ne savez rien du personnage. On vous dit : “Vous êtes un plombier italien à Brooklyn. Allez-y, jouez  !” Ça demande une sacrée dose d’improvisation.
Oui (rires). Sacrément  ! Pour moi, la comédie ne doit jamais faire de mal. Et puis, je ne voulais pas faire un personnage brusque avec une voix rauque. Je voulais une voix pleine de joie et plaisante. S’il y avait des enfants, je ne voulais pas qu’ils aient peur de ce personnage.

Vous ne saviez pas qu’il s’agissait d’interpréter un personnage pour enfants ?
Non, justement. Le metteur en scène m’a dit que je pouvais parler tant que je voulais, et que lorsque je n’aurais plus rien à dire, l’audition serait tout simplement terminée. J’avais joué un rôle de Shakespeare qui était Gremio dans “The Taming of the Shrew” (“La Mégère apprivoisée” en français, NdlR). Je me suis donc inspiré de ce personnage. Je l’ai fait un peu plus jeune et plus joyeux. Je me suis dit que ça pouvait marcher. J’ai entendu “Action”, et j’ai vu la caméra. J’ai dit : “Hello!, je suis Mario, on va faire des pizzas toi et moi. Et puis, on va faire une lasagne.” Et puis, je ne sais plus exactement ce que j’ai dit, mais j’ai parlé pendant 35 minutes. C’est long, mais je suis aussi mauvais garçon, car j’ai un peu voulu tester le metteur en scène. Il m’avait dit que je pouvais parler jusqu’à ce que je n’aie plus rien à dire. Alors, j’ai voulu voir jusqu’où ils allaient me laisser parler. Après 35 minutes, on m’a juste dit : “S’il te plaît, arrête ! Il n’y a plus de vidéocassette ! On te téléphonera.” Le metteur en scène a ensuite appelé Nintendo, et il leur a dit qu’il avait trouvé leur Mario. C’était moi. Il a seulement envoyé ma cassette.

Vous parlez couramment anglais, français, espagnol, mais pas italien. Curieux pour un plombier italien, non ?
Oui, mais je parle un peu italien maintenant, car je passe beaucoup de temps en Italie. J’ai appris l’italien peu à peu avec des cassettes et des CD et en passant des séjours en Italie.

A l’époque, vous aviez déjà joué aux jeux vidéo  ?
Non. Moi, j’avais joué à Pac Man, à Pong, et c’était tout. Je n’étais pas accro aux jeux vidéo. J’avais joué un peu à l’université, mais après, je n’ai plus joué pendant 10 ans. Je ne savais pas qu’il y avait de nouveaux jeux et que Nintendo existait. Je ne savais pas qu’il y avait des personnages qui pouvaient être des héros dans des jeux vidéo. Qu’il pouvait y avoir des complots, des histoires, etc. Pour moi, le jeu vidéo se limitait à ce que j’avais connu avec le jeu Pac Man. Des jeux très basiques.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cet art, voire cette industrie  ?
Pour moi, l’évolution est incroyable, parce que j’ai la chance de travailler chez Nintendo. Chez eux, c’est une passion de faire des jeux vidéo. Entre le premier jeu Mario et le nouveau que nous lançons maintenant, l’énergie est la même. Le personnage est le même. Il y a eu beaucoup d’innovations : multijoueur, 3D, en ligne, mais le personnage est toujours vrai. Sa caractéristique – l’optimisme – est quelque chose que l’on retrouve dans tous les humains. Je crois que c’est cela qui allonge la durée de vie du jeu.

Pourtant, la comédie était votre vocation. Vous avez d’ailleurs joué dans le film “The Game”, de David Fincher.
La vie que j’ai, je l’adore. C’est une vie merveilleuse. J’adore faire des films évidemment, ou du théâtre, mais je n’ai plus le temps. Maintenant, je fais des vidéos, j’enregistre et je fais un métier où je suis entouré de gens tellement créatifs ! Je voyage dans le monde entier, je fais des gros événements avec les fans de Super Mario. Je leur fais beaucoup de surprises et j’adore ça. Pour moi, c’est un honneur de rencontrer les fans de Mario, parce que les gens s’en souviennent depuis qu’ils sont petits.


Ph.: Stéphanie Lecocq

Les commentaires sont fermés.