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17/12/2013

Un château curieux à Floreffe

La Libre, Momento, Vie de château, FloreffeIl daterait du XIXe siècle et, plus précisément, des années 1860. Ses bases semblent pourtant anciennes.
 
Philippe Farcy


DEPUIS PLUS DE DIX ANS que nous avons vu cette demeure pour le moins inhabituelle par son aspect, et jusque très récemment, tout ici semble dater du XVIe siècle et pourtant personne n’ose affirmer une telle ancienneté. Toutes les sources (rares et répétées) signalent la construction de l’édifice par un architecte et peintre du nom d’Emile Henkinbrant; il n’apparaît dans aucun dictionnaire d’artistes. Voilà un personnage aussi mystérieux que l’âge de cette bâtisse qui nous semble bien plus âgée que les 150 ans annoncés partout. Cet immeuble, qui a du caractère, nous fait penser, en plus petit, à la très intéressante résidence que les d’Arenberg possédaient à côté de l’actuel aéroport de Bierset, au lieu-dit Haultpenne, sur la Gleixhe.
 
 
De nombreux sites Internet signalent que le château des Grottes est à vendre, depuis février dernier au moins. Paul Houtart (Les Viviers) en a la charge et, à 750 000 € pour deux hectares plus une grotte néolithique, le bien ne change pas de mains. Une petite chapelle est située dans le grand jardin, de même qu’une tour carrée qui a quand même perdu quelques centimètres depuis une précédente publication dans une gazette locale des années cinquante. Cette tour isolée est de toute évidence un caprice architectural typique d’un certain romantisme actif au XIXe siècle. L’idée des caprices, ou des fabriques de jardin, comme on le dit parfois, remonte toutefois au XVIe siècle, en Italie. Bomarzo est, dans ce genre, une folie, voulue vers 1550 par le prince Pier Francesco Orsini.
 
Pour ce qui concerne la résidence elle-même, ici à Floreffe, conservée en très bel état comme en témoignent les photos récentes du site des Viviers, elle est montée en moellons de pierre bleue dans sa presque totalité. On y a ajouté un appendice de deux niveaux, qui s’appuie contre une tour circulaire engagée, sommée d’une toiture en poivrière; elle se pose également contre l’aile perpendiculaire du logis principal. Cette aile se termine en demi-cercle et est couverte par un clocheton. A mi-hauteur, se trouve une belle terrasse. Les deux niveaux de l’appendice offrent au rez une sorte de jardin d’hiver, tandis que le sommet sert de terrasse. Cet ajout date sans doute du début du siècle passé.
 
La grande affaire de cette propriété réside donc dans les grottes qui se visitaient naguère encore. Elles ne sont pas aussi importantes que celles de Ramet, mais ne déméritent pas quand même.
 
Le bourgmestre de Floreffe, André Bodson, nous disait, par ailleurs, que “si Floreffe a toujours appartenu au comté de Namur, il n’en était pas de même du voisinage. Fosse, qui se trouve à sept kilomètres, appartenait à Liège, de même que l’abbaye de Malonne. Il existe toujours un chemin de promenade, long de plus de deux mille mètres, que l’on nomme encore ‘le chemin des deux pays’. Il sert toujours de frontière entre Malonne, qui a été intégrée sur le grand Namur, et Floreffe”.
 
Trois anciennes seigneuries sont signalées par Stanislas Bormans en 1875 dans ses “Fiefs du Comté de Namur”. Il s’agit du “Pré-le-Comte”, du Manoir (au XVIIIe siècle dans les mains des Janmart) et de Walwez. Mais ils ne sont pas dans la zone qui nous intéresse. L’un de ces lieux semble encore appartenir aux d’Arenberg. Le mayeur de Floreffe, qui nous a beaucoup aidé, comme le fit son collègue de Hamoir naguère, a trouvé deux plaquettes anciennes (vers 1900), mais celles-ci ne disent rien de nouveau par rapport à ce qui est rapporté partout, sauf une mention pour la présence d’une sorte de donjon au XVIe siècle, mais exprimée avec des réserves. Quant à Madeleine Henkinbrant, de Spa, issue d’une famille de huit enfants, elle ne sait rien de tout cela, “et notre famille était établie à Seny, dans le Condroz, jadis”. Appel à témoins est donc lancé.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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