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21/12/2013

Charles-Quint et sa suite sur le Hoyoux

La Libre, Momento, Vie de château, Modave, OmmegangLe magnifique domaine de Modave, propriété de Vivaqua, accueille jusqu’au 5 janvier les fêtes de l’Ommegang. Sortie rarissime hors de Bruxelles.

Philippe Farcy


FAUT-IL PRÉSENTER L’OMMEGANG et les fêtes célébrées à Bruxelles, du Sablon jusqu’à la Grand-Place, au cœur de l’été ? La capitale du duché de Brabant aimait les fêtes grandioses et les défilés avec force cavaliers, écuyers, échasseurs comme en témoignent certains tableaux visibles au musée d’Art ancien de Bruxelles ou au musée du Prado à Madrid. On festoyait pour des gildes et des mariages princiers, mais aussi pour des entrées solennelles de souverains, de Malines à Binche, d’Anvers à Louvain et bien sûr à Bruxelles. Termonde possède également son Ommegang. Et même à Hasselt, ville liégeoise, la procession septennale de la “Virga Jesse” peut être regardée comme un Ommegang. La plupart furent en effet façonnés comme des processions religieuses. Celui de Bruxelles, recréé en 1930 sous le mayeur Adolphe Max, enfonce ses racines bien plus loin que le rappel des honneurs rendus grandiosement à Charles-Quint et à son fils Philippe, en 1543.
 
 
Pour comprendre l’origine de l’Ommegang, il faut entrer dans la très belle église Notre-Dame du Sablon et regarder au-dessus du portail du transept donnant sur la rue de la Régence. Là se trouve une amusante statue de la Vierge à l’Enfant, debout, posée sur une grande barque. On l’appelle Notre-Dame des Victoires, et ce qualificatif viendrait de la victoire des Brabançons à Worringen en 1288, pas loin de Cologne, obtenue lors d’une bataille qui mit fin à la guerre de succession du duché de Limbourg. La Madone était arrivée en barque depuis Anvers, par une grâce miraculeuse concédée à Béatrice Soetkens qui vit la Vierge en songe. Le songe ordonnait que le navire quitte Anvers pour Bruxelles. Cela se fit via la Senne sous les yeux du duc Jean III et des arbalétriers. La procession permet de montrer ce navire et ses illustres occupants (une seconde sculpture plus petite et tout aussi ancienne existe). Ceci explique le départ actuel du Sablon, traditionnel donc et le retour itou.
 
La procession, qui se déploie sur une longue distance du fait du nombre considérable de participants (plus de mille), commence par les gens les moins hauts placés de la société, soldats et milices à pied ou à cheval, pour s’achever avec les personnalités du Lignage (responsables de la gestion de la cité), celles issues du monde économique, de la magistrature habillées de rouge comme le sont aussi les membres de l’Ordre de la Toison d’Or reconnaissables à leurs grands chapeaux et leurs écharpes. Pour ces derniers, on appelle encore des descendants de ces puissants seigneurs du XVIe siècle et sinon des gens issus de l’aristocratie. Pour la Cour, il y a toujours Marie de Hongrie, dont le rôle fut endossé dix ans par la princesse Hélène de France, comtesse Evrard de Limburg Stirum. Charles-Quint est assumé avec une ressemblance confondante par le marquis de Trazegnies qui “laisse pousser sa barbe à partir du 1er mai”.
 
 
L’exposition de Modave montre tous ces harnachements et tenues des plus colorées, de militaires comme d’échasseurs, d’arbalétriers comme de dignitaires. Il ne manque que les chevaux et la musique des tambours.
 
Toutes les salles bénéficient d’une mise en scène de personnages dont les costumes reproduisent fidèlement les tenues des années 1550. Il faudra donc dissocier le regard entre les décors créés pour le comte de Marchin au XVIIe siècle, puis les meubles du XVIIIe siècle, qui plurent au duc de Montmorency et au futur Charles X, sans oublier les ajouts modernistes des Lamarche au XIXe siècle.
 
Château de Modave, tous les jours, jusqu’au 5 janvier, de 11 à 18 heures, y compris le 25 décembre et le 1er janvier. Entrée : 7,50 €. Etudiants : 4 €. Gratuit sous les 12 ans. Tél. : 085.41.13.69.
 
 
Ph.: Ph.Fy.

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