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24/12/2013

Le Kent, un écrin anglais

La Libre, Momento, Escapade, Kent, Canterbury, Leeds, RochesterOn appelle ce comté le “jardin de l’Angleterre”. A juste titre, pour une terre fertile qui cultive aussi ses traditions et la mémoire d’une Histoire dense.

Alain Lorfèvre


DEPUIS QUE L’EUROSTAR relie la Belgique à Londres, le commun des touristes a oublié la bonne vieille malle “Ostende-Douvres” et, dans la foulée, la traversée du sud de l’Angleterre. Des ferries relient pourtant encore Dunkerke et Calais au port anglais niché au pied des fameuses white cliffs, les falaises blanches de Douvres, rempart naturel de l’île dont la couleur lui a valu son surnom d’Albion.
 
Le Kent est pourtant une région qui vaut plus qu’un simple détour. Point le plus proche du continent, ce comté est riche en culture et en Histoire. Il fut le théâtre des invasions (ou de leur tentative) des îles Britanniques depuis l’Antiquité. Les Romains et les Jutes (venus du Danemark) l’ont occupé. Les Espagnols ont laissé au large du Kent leur Armada pas si invincible, et son ciel fut le théâtre de la cruciale Bataille d’Angleterre en 1940. Parcourir le Kent revient à feuilleter un livre d’Histoire.
 
 
Impossible d’y passer sans faire arrêt à Canterbury. Et pour cause : elle est le cœur de l’Eglise anglicane. Ses origines remontent à l’arrivée de saint Augustin, moine bénédictin qui y établit, en 597, une première cathédrale. La construction de la cathédrale actuelle commence en 1070. Et sa configuration actuelle se figera en 1498 avec l’achèvement de la tour Bell Harry. De catholique, Canterbury devint une cathédrale anglicane lors de la Réforme anglaise sous Henri VIII. Moment tragique et célèbre, l’assassinat de Thomas Beckett dans le transept, le 29 décembre 1170, marque encore les pierres de l’édifice.
 
Le centre de Canterburybaigne dans une même atmosphère historique. De nombreuses demeures médiévales y hébergent boutiques, tea-rooms, pubs ou restaurants. Y flâner, surtout à la nuit tombée, est un agréable voyage dans le temps. On appréciera mieux, par contre, les vieux remparts de la ville à la lumière du jour.
 
 
Autre haut lieu historique, le château de Leeds, non loin de Maidstone, est surnommé par les Britanniques “le plus beau château du monde”. L’argument touristique fera sourire les voisins français, mais se défend. L’édifice est planté sur une île au milieu d’un parc de 200 hectares – où l’on apprécie cet art du jardin anglais qui fait passer pour sauvage ce qui est savamment entretenu. On commence la visite par le cellier avant d’être accueilli par une armure qui rappelle des origines médiévales des lieux, dont la construction débuta en 1119. Devenu possession royale sous Edouard Ier, au XIIsiècle.
 
Cédé à un aristocrate au XVIe siècle, il fut rénové dans un style Tudor au début du XIXe siècle, qui lui a conféré son apparence actuelle. Lady Bailie, qui l’acquit en 1926, en fit un hôpital militaire pour les pilotes brûlés durant la Seconde Guerre mondiale, avant de créer une fondation privée qui le gère encore aujourd’hui. Cette histoire transparaît à travers la diversité des styles des nombreuses pièces que 200 000 à 500 000 visiteurs parcourent, bon an, mal an. A l’extérieur, l’un des passages obligés du parc est le fameux labyrinthe de haies.
 
A l’extrémité nord du Kent, Rochester est un autre centre qui allie histoire et culture. Ses origines remontent à l’époque celte. Romains, Jutes et Saxons l’ont ensuite utilisé comme étape commerciale et centre stratégique sur la route de Londres, et accès au confluent de la Tamise toute proche. Les enceintes qui le cernent ont été construites au début du XIXe siècle, en prévision d’une éventuelle invasion lors des guerres napoléoniennes.
 
La ville a su tirer profit du deux centième anniversaire de son plus célèbre résidant : Charles Dickens. Ce dernier l’a bien aidée, y situant plusieurs de ses romans. La cathédrale, plus modeste que celle de Canterbury, n’en vaut pas moins le détour, ne serait-ce que pour son somptueux orgue (visible, lui, contrairement à celui de Canterbury). Face à elle, les ruines du château feront rêver petits et grands. Sa tour carrée médiévale, qui remonte au XIIe siècle, et ses enceintes sont parmi les mieux préservées d’Angleterre et de France.
 
 
De là, les visiteurs pourront revenir vers Douvres – dont le château vaut largement la visite également –, au choix, en longeant la côte anglaise ou en prenant le chemin des écoliers dans une campagne verdoyante et plaisante. Sans oublier de faire quelque halte gastronomique…
 
 
Gastronomie
Comme les anglophiles le savent, les mythes sur la piètre qualité de la cuisine anglaise appartiennent désormais au passé. Le “jardin de l’Angleterre” offre sans surprise quantité de produits de qualité. Adeptes de la slow food, chefs et restaurateurs les privilégient dans leur cuisine.
Parmi les bonnes adresses que nous avons testées, pointons le
restaurant d’Eastwell Manor (www.eastwellmanor.co.uk/restaurants.aspx) répertorié par le “Times” dans le top 5 des restaurants les plus romantiques d’Angleterre.
Près de Mersham Le Hatch, le restaurant de Secret Gardens (www.secretgardenkent.co.uk) dispose d’une belle carte de mets du terroir, à déguster avec vue sur de magnifiques jardins.
A Canterbury, les producteurs proposent chaque jour légumes, viandes et fromages du cru à la halle
The Goods Shed (thegoodsshed.co.uk/restaurant), dont le restaurant propose, dans un cadre agréable, des mets de saison délicieux – dont un steak vieilli 21 jours absolument savoureux.
 
 
Infos:
 
Ph.: Alain Lorfèvre

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