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24/12/2013

New look

La Libre, Momento, Dehors, haut-fourneau, Uckange, parcRelooking ? Valorisation verte ? Tout est possible ! Le grand chambardement d’Uckange ou le simple lifting en douceur pour corriger, à la veille de Noël, les rides du jardin.

Reconversion: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


EN CE MOMENT, IL NOUS plaît de vous raconter une belle histoire. Celle du parc du haut-fourneau U4 d’Uckange, en Moselle. Là-bas, autour d’une vieille usine toute rouillée, la nature anéantie par l’industrialisation lourde a repris ses droits. Tout en respectant l’héritage technique, culturel et humain des ouvriers sidérurgistes.
 
 
Entre Thionville et Metz, dans la vallée de la Fensch, le long de l’autoroute vers l’Est, vous aurez peut-être déjà remarqué la silhouette sévère de ce monstre de fer. Un des rares témoignages de la sidérurgie du XXe siècle. Le dernier des six hauts-fourneaux de l’usine vouée à la production de la fonte. Mise en route dès 1890, elle est le témoin du formidable essor économique de la région dans les années 1960-1980, avant de s’éteindre à petit feu en 1991 après un siècle d’activité. Le sort de l’usine est à cette époque assez improbable. Heureusement, en 1995, elle est sauvée et inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques de France. En octobre 2007, après des travaux de mise en sécurité et de désamiantage, elle ouvre ses portes au public.
 
 
Et ce n’est pas fini. Tout autour, au pied du haut-fourneau, sur les 4 ha de friches industrielles, un parc paysager, aménagé par la ville d’Uckange, prend place deux années plus tard. Le Jardin des Traces est né. Sur les traces du passé. Un lieu dédié à la mémoire ouvrière. Conçu par le paysagiste urbaniste Pascal Riff, préoccupé et spécialisé dans les domaines du paysage et du développement durable. Le résultat est un jardin d’atmosphère, d’ambiance où le végétal se marie au minéral. Avec un coup de baguette magique, un paysage inventé sur un site dévasté. Un relooking de classe ! Les visiteurs se laissent mener via un spectaculaire chemin de béton futuriste vers des fontaines et des jeux d’eau, alors qu’une coulée fleurie aux couleurs de la fonte en fusion se faufile parmi les graminées si légères représentant les gaz chauds du haut-fourneau. Dans ce jardin, tout est nuances, senteurs, mouvements, bruissements et silence.
 
Le parc est divisé en trois espaces consacrés à trois thèmes : le jardin de l’Alchimie, celui des Sidérurgistes et, enfin, celui des Energies. Dédié aux énergies solaires, éoliennes et hydrauliques, ce dernier est résolument tourné vers l’avenir. Vers un équilibre entre industrie et environnement. Le second rend hommage aux travailleurs, notamment ceux issus de l’immigration. Des minipaysages rappellent les terroirs italien, espagnol, portugais, polonais et maghrébin. Enfin, le premier espace, le plus imposant, parle d’alchimie. Ou l’art ancestral d’associer des éléments contre-nature afin d’obtenir une richesse. Il évoque le parcours de la fabrication de la fonte. Une invitation à une promenade à travers des immenses cylindres représentant la terre, le feu, l’eau et l’air. Quatre éléments indissociables de la vie du lieu. La terre, car le minerai de fer et de charbon, issu de l’écorce terrestre, est à la base de l’élaboration de la fonte. Le feu, car il permet d’extraire le métal d’un minerai par fusion dans un haut-fourneau. Les végétaux qui sont utilisés dans cet espace présentent une palette flamboyante de feuillages et de floraisons allant du jaune à l’orange et au rouge. Vient le cylindre de l’eau, l’élément de refroidissement des parois du haut-fourneau. Quant à l’air, transformé en vent chaud dans les grandes tours cylindriques, il permet d’attiser la combustion du coke afin d’obtenir la fusion du minerai.
 
 
Le parcours est didactique, les images impressionnantes. Des plaques d’acier découpées en forme de flamme, des parois blanches, clin d’œil au refroidissement, des graminées évocatrices de l’air. Quelques sculptures de Pierre Luu, artiste plasticien et ingénieur en mécanique des fluides, illustrent tout au long du parcours les quatre éléments de l’alchimie. Chaque visiteur est stupéfait et touché par cette réalisation ultracontemporaine qui transfigure ce lieu, a priori triste et désenchanté, avec l’envie de mêler le beau au respect de l’histoire et des hommes.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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