Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

28/12/2013

Un tour dans la magie de Noël

La Libre, Momento, Coulisses, Plaisirs d'hiver, BruxellesCôté face, Plaisirs d’hiver, c’est plus d’un mois d’activités autour de la magie de Noël à Bruxelles.

Côté pile, ce sont des techniques de pointe, une organisation de longue date et une équipe de professionnels qui se démènent pour que Bruxelles soit belle pour Noël.
 
Reportage: Lauranne Garitte

CELA DEVIENT UNE HABITUDE, au début de l’hiver, de voir la grande roue surplomber Bruxelles. Cela n’étonne plus personne que la place Sainte-Catherine se métamorphose pour un mois en gigantesque marché de Noël. Même les touristes se donnent rendez-vous sur la Grand-Place pour contempler le spectacle son et lumière. Les Plaisirs d’hiver ont débarqué depuis le 29 novembre. Et derrière cette magie de Noël, se cachent des trucs et astuces dont seuls les organisateurs détiennent le secret…
 
En ce lundi après-midi venteux et pluvieux, dans le centre de Bruxelles, pas de neige, pas de froid polaire, mais une ambiance chaleureuse qui nous reçoit sur la place Sainte-Catherine. Les allées sentent le vin chaud. L’odeur de la tartiflette prend au nez et se transforme, quelques échoppes plus loin, en senteurs pâtissières. A l’entrée de la patinoire, Pascal nous accueille tout sourire. “Je suis surfaceur. Certains disent technicien de glace. En gros, je m’occupe tout seul de l’entretien de la patinoire de A à Z”, annonce-t-il. Et ce n’est pas une mince affaire. Depuis fin novembre, son quotidien est minuté en fonction de la météo : “Le challenge, ici, c’est de régler la température d’une patinoire extérieure, avec le temps variable de la Belgique. Avant, je me levais et je regardais mon compte en banque. Maintenant, je me lève et je regarde la météo”, rigole le surfaceur parisien. A 8 h 30, en fonction de la température extérieure et du vent, Pascal règle la température de la refroidisseuse. “Aujourd’hui, par exemple, il fait 12° C, alors, j’envoie du -7,2° C.” L’eau glycolée (qui ne gèle pas en dessous de -25° C) atteint alors cette température et circule en faisant des va-et-vient dans les innombrables tuyaux cachés sous les 15 centimètres de glace de la patinoire. Une fois la température injectée, Pascal organise sa journée. Toutes les 2 h 30, il passe avec sa surfaceuse motorisée pour que la glace soit homogène : “Devant, il y a une lame qui arase la neige et, à l’arrière, de l’eau chaude est évacuée avec une lavette pour rendre la patinoire lisse.” Pour ce surfaceur de longue date, les Plaisirs d’hiver représentent une aventure humaine extraordinaire : “En plus du challenge technique, je vis vraiment quelque chose de magique avec les gamins du quartier.”
 
Au même moment, la grande roue tourne. Les visiteurs se succèdent pour contempler Bruxelles tout en lumière et tout en hauteur. Au sol, le propriétaire est Néerlandais et habitué des Plaisirs d’hiver. Cela fait environ dix ans qu’il amène cette grande roue à Bruxelles. Tout le fonctionnement de l’attraction est informatisé. Huit moteurs font tourner quatre nacelles à la fois grâce à une programmation définie au préalable. “A l’entrée de chaque nacelle, une personne appuie sur un bouton pour signaler que la nacelle peut partir. Dans notre cabanon, sur l’écran, la nacelle devient verte. Dès qu’il y en a quatre qui sont vertes, la roue se met en route”, explique-t-il.
 
Ce n’est pas la seule attraction informatisée. Sur la Grand-Place, le célèbre spectacle son et lumière représente un véritable travail technique. Durant deux semaines, des spécialistes ont fait de l’encodage pour que chacune des milliers de lumières s’allume grâce à un code qui est renvoyé dans une régie installée dans l’hôtel de ville. La programmation est alors automatisée et le spectacle de sculpture architecturale peut commencer à intervalles réguliers. “Pour l’instant, le spectacle ne se déroule que sur 80 % des façades de la Grand-Place. D’ici 2015, l’objectif est qu’il occupe 100 % des façades”, nous explique Geoffrey Campé, le régisseur général des Plaisirs d’hiver.
 
La Libre, Momento, Coulisses, Plaisirs d'hiver, BruxellesC’est dans le chalet suisse (une des nouveautés de cette édition) que nous rencontrons Geoffrey autour d’un thé, dans l’odeur prenante de fromage. Pour être suisse, ce chalet l’est vraiment : il est importé tout droit de là-bas, l’équipe de cuisine est suisse, les ingrédients sont tous du terroir de ces régions, etc. Après deux jours et demi de montage, le chalet a pris forme, avec des décorations typiques. Chaque matin, Cyril met en route son équipe de cuisine aux alentours de 10 heures. Dès midi, le service commence : raclettes, fondues, croûtes au fromage, soupes et desserts des contrées suisses au menu.
 
D’une attraction à l’autre, d’une odeur salée à une odeur sucrée, en passant par les cris stridents d’enfants sur la patinoire, mêlés aux musiques de Noël, les Plaisirs d’hiver, ce sont des petits bonheurs du quotidien vécus grâce à une organisation qui commence en février. “Le début de l’année est synonyme de débriefing. On note les faiblesses de l’édition précédente et on améliore la suivante”, explique Geoffrey. La recherche de nouveaux commerçants peut alors commencer, les commandes peuvent être prises et le plan d’implantation est revu. En juillet et août, Geoffrey change de cadre pour organiser d’autres événements tels que le Brussel Summer Festival ou Bruxelles les Bains. C’est en septembre que la machine des Plaisirs d’hiver reprend finalement avec les visites des chalets, la quête du sapin, etc.
 
Il est 16 h 30, et l’équipe d’allumage est sur le pied de guerre pour faire scintiller Bruxelles. Le monde afflue dans les allées, l’ambiance nocturne offre encore davantage de magie dans ce paysage urbain hivernal. Les jeunes glissent sur la patinoire, les adultes rient autour d’un vin chaud, la roue tourne. Et pendant ce temps, dans le manège, la file pour la fusée ne cesse de s’allonger…
 
Plaisirs d’hiver. Jusqu’au 5 janvier à Bruxelles. Infos : www. plaisirsdhiver.be
 
 
Ph.: Alexis Haulot

Les commentaires sont fermés.