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29/12/2013

Une seigneurie qui s’oublie

La Libre, Momento, Vie de château, Tohogne, ferme châteauTohogne, entre Durbuy et Verlaine, est un charmant petit village tout en pierre bleue d’une évidente harmonie. Jadis, la plus grosse ferme abritait les seigneurs.

Philippe Farcy


REVENONS DANS CETTE magnifique région de l’Ourthe durbuysienne pour nous arrêter sur un des plus jolis villages de cette région touristique. L’Ourthe reçoit trois ruisseaux, comme celui de Nannioule qui arrose Verlaine et Houmart, ou celui de Glawan qui formait jadis la séparation entre Tohogne et Barvaux.
 
Tohogne est posé à 245 mètres d’altitude, au sommet d’une côte longue et tortueuse quand on vient de la cité des comtes de Durbuy, les d’Ursel, pour les nommer. En continuant la route, on arrive sur Verlaine qui fut aux Hamal et aux Barbançons, mais aussi en partie aux Vilhain, dont Jean, mort en 1609, qui fut échevin de Durbuy. Plus loin, c’est Hamoir et la province de Liège qui débute.
Le village est d’une homogénéité remarquable. Presque toutes les maisons sont érigées en pierre bleue, en moellons bien réglés qui dénotent une certaine jeunesse, entre 1780 et 1850. La belle église Saint-Martin date, pour ses plus anciennes pierres, du XIe siècle, mais c’est au XVIIIe siècle qu’elle prit son apparence actuelle. On y trouve donc un agréable mélange de structures romanes et d’art baroque. Les fonts baptismaux sont très intéressants et datent du XIIe siècle. Des peintures murales du XVIIe siècle couvrent une bonne partie de la nef centrale.
 
 
La demeure qui nous occupe ne se remarque pas de prime abord, car elle ne possède pas de tour, ni de pont-levis ni de fossés secs ou aqueux et d’autres éléments qui caractérisent un château. Il y avait sans doute un mur le long de la chaussée, car l’on sait que la cour de la maison était fermée par un porche sommé, jadis, des armes des Nonancourt. La seigneurie de Tohogne est une ferme d’abord, et ce le fut à partir du XVIe siècle, sans discontinuer. Mais il n’empêche que sur sa tête, reposaient, jadis, les droits féodaux. Emile Tandel, dans ses “Communes luxembourgeoises”, signale qu’en ce XVIe siècle, la demeure seigneuriale appartenait à M. Haufroid et qu’elle était occupée par les Presseux (on y reviendra). Au XVIIsiècle, on trouvait ici les Nonancourt qui étaient peut-être issus d’Argonne, et donc de Lorraine, sous le patronyme de Bonnay de Nonancourt. Les Nonancourt qui nous occupent étaient prévôts de Durbuy. C’est à eux que l’on doit l’édifice actuel, de plan massé, trapu et protégé par une toiture en pavillon, piquée de deux cheminées faîtières et de deux lucarnes vers la cour. Le flanc opposé ne présente aucune animation en toiture. On y compte deux niveaux de baies oblongues réparties 3 et 2. Puis, vers le sol, le mur devient aveugle, sauf pour recevoir une baie carrée qui touche le sol (ce serait bien de creuser un peu), et deux arquebusières. Sur la cour d’honneur, le logis touche l’aile nord, mais pas l’aile sud qui a été restaurée au XIXe siècle. Il y eut également une intervention sur l’aile nord et une pierre d’alliance de 1722 se cache derrière une toiture provisoire; celle des Nonancourt ? A moins que ce ne soit celle des Houssonloge.
 
 
Pour en revenir aux premiers seigneurs du lieu, Tandel débute son récit avec les Briffoz, sires d’Ouffet, de Villers-aux-Tours et de Tohogne; Warnier vivait vers 1450-1470. Sa petite-fille Marie (née d’une mère My) allait épouser Godefroid de Presseux, dont les cousins avaient de hautes positions en principauté de Liège, vers Theux, et qui furent seigneurs de Hautregard. Notre Godefroid de Presseux était écuyer, châtelain de Neufchâteau-sur-Amblève et échevin de Durbuy. Il mourra le 7 mars 1517. De ce mariage naquit Godefroid, abbé d’Orval, et Englebert, sire de Tohogne, qui épousa Marguerite de Wal. Il y eut encore quatre générations de Presseux dans la suite. Puis, l’histoire à travers ces auteurs se tait.
 
Tout ceci se voit de la rue, sans peine.
 
 
Ph.: Ph.Fy.

Commentaires

Bonjour Monsieur,

Correction à votre texte du 29.12.2013. Les familles "de Nonancourt" et "de Bonnay de Nonancourt" ne sont pas liées.
Si les Bonnay sont bien originaires de l'Argonne et de la Vôge (forêt de Darney), les "Nonancourt" sont eux originaires du Pays des Trois Frontières.
Bien à vous,

GdB

Écrit par : Guy de Bonnay de Nonancourt | 26/01/2014

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