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05/01/2014

Les couleurs naturelles des hauts plateaux boliviens

La Libre, Momento, Escapade, Bolivie, Salar d'Uyuni, potoliDans quelques jours, les motos du Dakar 2014 se plongeront dans un décor époustouflant. Bleu, rouge, vert, jaune, blanc, la magie colorée du sud de l’Altiplano, ça se mérite !

A l'aventure: Stéphanie Carion


PARCE QU’ON EST EN BOLIVIE, et plus particulièrement au cœur de paysages désolés, il est indispensable d’oublier notre “petit confort” quotidien. Les nuits se dorment au refuge sans chauffage d’appoint, à parfois -25°C. Les déficiences électriques sont fréquentes, sans compter l’absence totale de réseau téléphonique et Internet, qui, en cas de panne de 4x4, requiert les services d’un excellent chauffeur-mécanicien. Mais ces petits inconvénients ne sont rien en comparaison à l’immense beauté que nous réserve cette région “hors du monde”. De véritables toiles de Dali qui se partagent, mais inspirent également la solitude, même si, contrairement à ce qu’on imagine, la région regorge d’animaux sauvages de toutes sortes.

C’est donc avec un équipement allégé, mais rembourré de vêtements chauds, que nous entamons notre plongée au cœur du Sud-Lipez. Départ depuis la petite ville d’Uyuni, célèbre pour son Salar renversant (que nous garderons pour la fin, la cerise sur le gâteau). A 3 656 m d’altitude, nous sommes comme plongés au centre d’un western avec ces rues plates et rectilignes complètement désertiques, un décor de cinéma ! Pourtant, la vie existe bel et bien entre les troupeaux de lamas, de cochons ou les ânes aux poils longs. Activités militaires et minières, tourisme, ou encore import de marchandise chilienne drainent les Boliviens courageux, habitués à la rudesse du quotidien. Première étape : l’insolite cimetière des trains. Plus loin, le village minier de San Cristóbal vaut un petit arrêt pour son ambiance et son histoire. Il a été entièrement déplacé de son site d’origine par la société d’exploitation minière américano-japonaise qui extrait du plomb, du zinc et de l’argent dans la région. Dernière incursion dans la civilisation avant la traversée du désertique Sud-Lipez…

La Libre, Momento, Escapade, Bolivie, Salar d'Uyuni, potoliDepuis le hameau d’Alota, la route se transforme en pistes au cœur de hautes terres isolées parsemées d’insolites formations rocheuses. C’est la Valles de Rocas. L’occasion d’apercevoir des oies boliviennes, des chouettes, des ñandus et des viscachès, ces petits animaux qui ressemblent à des lapins-kangourous. En se rendant vers la réserve naturelle Eduardo Avaroa, les plaines blanches de borax nous isolent de toute réalité. Une fois l’entrée payée, une étendue de couleur rouille se dresse à l’horizon. Il s’agit de la Laguna Colorada, remplie d’algues et de planctons qui se nourrissent de toute cette richesse minérale. Première approche des célèbres flamants roses d’Amérique du Sud.

Le lendemain, dès l’aube, en route pour le Sol de Mañana. C’est un champ de geysers situé à 4 850 m de hauteur. Si le spectacle est incroyable, attention au mal de l’altitude ! Paracétamol ou anti-inflammatoires seront donc de tout secours. Ici, sur les hauts plateaux, difficile d’imaginer la vie. Et pourtant, on y croise facilement quelques gracieuses vigognes. Plus loin, au pied du Cerro Polques, petite pause dans un bassin d’eau thermale à plus de 30° avant de se rendre à la fameuse Laguna Verde.

Sur le chemin, impossible d’ignorer la Rocas de Dali. Ce paysage semble avoir été peint et figé par le maître du surréalisme. Après quelques kilomètres, on arrive enfin devant la magnifique Laguna Verde. Cette incroyable couleur émeraude est due aux minéraux qui empêchent également l’eau de geler malgré les températures parfois très basses. Derrière le lac, se dresse l’impressionnant volcan Licancabur procurant l’étrange sensation d’avoir mis les pieds sur une autre planète. Normal, c’est la pointe de la Bolivie, le bout du monde…

Troisième jour dans le Sud-Lipez et cap vers la route des Joyaux, en passant par le désert rouge, marron, rocailleux de Siloli, la montagne des sept couleurs et l’Arbre de pierre. On s’arrête pour admirer les différentes lagunes (Blanca, Cañapa, Hedionda, Honda et Ramaditas) où barbotent les flamants roses. Jamais vous ne les verrez d’aussi près. Sur le chemin de retour vers Uyuni, passage obligé au pied du volcan Ollagüe (5865 m), toujours en activité et au cœur d’un désert de coraux pétrifiés, vestige de formations géologiques subaquatiques. On traverse le petit Salar de Chiguana, au pied du volcan Tomasamil jusqu’au poste de contrôle militaire à Colcha K. Arrivée à Aquaquiza et, surprise, le refuge est fabriqué tout de sel à l’extérieur comme à l’intérieur. Les poutres sont taillées dans le cactus et l’auberge est chauffée grâce à l’énergie solaire et au sel.

Après une nuit de sommeil dans cet univers blanc, c’est la journée tant attendue : la visite du célèbre Salar d’Uyuni ! Mais pour maintenir encore un brin de suspense, il convient de se rendre d’abord à la Grotte de la Galaxie en corail pétrifié et la Grotte du Diable, cimetière pré-inca. Si, à l’horizon, les montagnes semblent des mirages, à 8 km de là, l’immensité blanche du Salar (1 210 600 km²) est d’une beauté incomparable. On se sent minuscule au milieu du blanc, du bleu et des nuages qui, parfois, se reflètent sur le sol, apportant la sensation inédite de flotter dans les airs. Après une longue séance de photos artistiques (effet d’optique garanti), cap sur l’Isla del Pescado. Cette île volcanique, plongée en plein désert blanc, est connue pour ses immenses cactus. Un endroit idéal pour achever cette excursion dans le somptueux Sud-Lipez, cette région aux teintes cosmiques et qui suscite l’enthousiasme de chaque visiteur.

Ph.: S.Carion

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