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12/01/2014

Quand le trac devient positif

La Libre, Momento, Autoportrait, Michaël Gregorio, imitateurMichaël Gregorio est un comédien, chanteur et imitateur français. Il a notamment reçu le Globe de cristal 2013 du meilleur one-man-show pour le spectacle “En concerts”.


MICHAEL GREGORIO EN 7 DATES

10 juin 1984 : je suis né à Mulhouse, en Alsace, mais je n’y ai vécu que deux jours.

1987 : mon premier spectacle. J’avais 3 ans, j’étais en maternelle. Je pleurais pour ne pas aller sur scène. Je devais faire semblant de dessiner Petit ours brun. J’ai un souvenir fort de ce moment-là…
 
1998-1999 : la découverte du théâtre en classe de 3e. J’avais 14-15 ans, et ça a été un véritable déclic. Moi qui étais très timide, très sauvage, ça a été l’occasion de m’ouvrir. J’avais des petits problèmes de poids et, avec le théâtre, je me suis vraiment épanoui, et j’ai perdu tous mes kilos en trop. Au lycée, je me suis dit que j’avais envie de faire de la scène mon métier. C’est là aussi que je me suis rendu compte que je pouvais travailler ma voix, la modifier.
 
2001 : mes deux victoires à “Graines de star”. J’ai perdu à la troisième et dernière émission. Suite à ça, j’ai découvert l’imitation, le travail de la voix. J’étais très encouragé. C’était assez rigolo, car, dans mon lycée, j’étais quelqu’un de discret, et, là, je passais dans la lumière. Je n’aimais pas trop ça.
 
2002 : premier contrat à Paris, dans “90 minutes pour rire”, une pièce composée de comédiens et d’humoristes.
 
2004 : rencontre avec Laurent Ruquier. Avec mon metteur en scène de l’époque, on avait privatisé une salle à Paris. Il est venu. Il cherchait de nouvelles têtes, et ça lui a plu.
 
2006 : premier spectacle, “J’aurais voulu être un chanteur”.
 
 
UN EVENEMENT DE MA VIE
 
J'ai eu la chance de faire la première partie de Céline Dion en 2008. On a commencé au Sportpaleis d’Anvers, puis Bercy, Nice et Genève. C’était assez improbable de me retrouver en première partie de cette artiste : je commençais seulement ma tournée, je n’étais pas encore très connu du grand public, et pas du public de Céline Dion. C’était une véritable gageure de se retrouver en première partie d’une star internationale. La première date, c’était à Anvers, je ne parlais que français et j’avais très peur de me faire jeter. J’avais appris quelques mots de flamand pour l’occasion, j’avais retravaillé une chanson de Will Tura pour les détendre un peu. J’étais un peu flippé, j’ai fait le spectacle en anglais et en français, et j’ai baragouiné quelques mots de néerlandais. J’avais un trac incroyable. Je savais aussi que si ça ne se passait pas bien, je ne faisais pas Bercy. J’étais parachuté dans une prod’ américaine avec mes petites imitations… Mais le soir, ça l’a fait, et le lendemain, j’ai reçu un bouquet de fleurs de la part de Céline et René dans ma loge.
J’ai appris énormément sur cette scène, notamment en essayant de me détendre un peu. Aujourd’hui, j’ai le trac, mais c’est un trac positif, ce n’est plus de la peur (que ma voix ne tienne pas, que j’oublie mon texte). Grâce à cet événement, j’ai transformé mon appréhension de la scène.
Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est que, 10 ans avant, je me battais avec mes sœurs pour ne pas écouter Céline Dion dans la voiture. Moi, je voulais mettre Nirvana et Radiohead !
 
 
UNE PHRASE
 
"Faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre qu’un distributeur d’oubli."
Victor Hugo
 
Quand quelqu’un vient me voir à la fin d’un show et me dit que le spectacle devrait être remboursé par la Sécurité sociale, ça me touche énormément. C’est l’un des plus beaux compliments qu’on puisse me faire.
 
 
TROIS FILMS
 
“Retour vers le futur”, de Robert Zemeckis
J’adore la musique de John Williams. C’est typiquement le genre de film qui, comme une madeleine, me ramène à l’enfance. Je le regarde encore actuellement, et j’ai toujours les mêmes sensations que quand j’étais enfant.
 
 
“American History X”, de Tony Kaye
Avec Edward Norton qui est excellent dans ce film. C’est quelqu’un qui a un gabarit assez fin et, pour le film, il a pris 17 kg de muscles. Il joue le rôle d’un néonazi. Ce film est d’une violence qui me glace le dos rien qu’en en parlant. Je l’ai vu à la fin de l’adolescence, et ça m’a marqué. C’est un très beau film sur l’histoire d’un néonazi qui va en prison. Il rencontre un “Black”, et ils se lient d’amitié. Quand il sort de prison, ses amis l’attendent, mais ce n’est plus le même homme. C’est un excellent film.
 
 
“La Liste de Schindler”, de Steven Spielberg
C’est aussi un film que j’ai regardé il y a longtemps et qui m’a beaucoup touché. La scène finale, quand ils mettent une pierre sur la tombe du gars… C’est un film qui éveille mon devoir de mémoire.
 
 
TROIS LIVRES
 
“Le Petit Prince”, de Saint-Exupéry
Le premier livre qui m’a vraiment marqué. Je l’ai lu alors que je devais être en classe de CM1, et je me souviens vraiment très bien du livre. Il est lié à l’enfance. Il faudrait d’ailleurs que je le relise, car je sais qu’il y a toutes ces allégories sur les grandes personnes, le vaniteux, le mec qui allume les réverbères sans se poser de question…
 
 
“Les Misérables”, de Victor Hugo
Je l’ai relu il y a peu, et je me suis rendu compte que c’était extrêmement moderne et qu’on a aujourd’hui les mêmes problèmes sociaux que ceux qu’il décrit, dans une autre mesure évidemment, ramenés à notre monde un peu plus moderne. C’est un livre extrêmement humain.
 
 
“La disparition”, de Georges Perec
Un livre que m’a conseillé un ami et que j’ai lu l’année dernière. Je me suis rendu compte un peu tard de qui a disparu dans ce livre. Je ne vous révèle pas l’intrigue. C’est écrit comme un roman policier, mais le héros est très particulier. Je vous conseille vraiment de le lire !
 
 
TROIS LIEUX
 
Pau, le Béarn, les Pyrénées
J’y ai passé la petite enfance et l’enfance. J’ai plein de souvenirs là-bas. J’y ai toujours ma famille. Je me sens très proche de cette région. A chaque fois que j’y retourne, c’est pour moi l’occasion de me ressourcer.
 
 
La Meuse, Etain, Verdun
Mon père était militaire, il a été muté dans le Nord-Est, j’ai donc passé un bout de l’enfance puis mon adolescence, jusqu’à mes 18 ans, là-bas. C’est là que j’ai découvert le théâtre et la musique. Je n’ai pas souvent l’occasion de retourner en Meuse, car je n’y ai plus de famille et que tous mes amis ont bougé, mais j’y ai d’excellents souvenirs.
 
 
La Champagne-Ardenne
L’étape suivante. Quand j’ai gagné “Graines de star” sur M6, j’ai d’abord terminé mes études, puis je me suis installé dans la Marne pour être un peu plus près de Paris. J’ai développé ma “carrière” là-bas. J’y ai fait mes premiers spectacles, etc. J’y ai toujours des amis et j’y retourne de temps en temps.
 
 
TROIS ALBUMS
 
“Nervermind”, de Nirvana
C’est l’album qui tournait en boucle quand j’étais ado, avec des tubes comme “Smells Like Teen Spirit”, etc. J’étais vraiment fan quand j’étais môme. C’est le groupe qui m’a fait aimer la musique.
 
 
“The Bends”, de Radiohead
Ça tourne encore en boucle aujourd’hui.
Nirvana et Radiohead sont vraiment mes deux groupes fétiches.
 
 
“XO”, d’Elliott Smith
Elliott Smith est un songwriter américain de la fin des années 90, début 2000. Il est décédé, il s’est fait hara-kiri. Il s’est poignardé tout seul… C’est fort.
 
 
UNE DATE
 
Le 11 septembre 2001
 
Les attentats de New York.
J’étais au lycée à l’époque. Ça m’a marqué, car j’étais déjà rentré des cours, j’étais tranquillement en train de me reposer, la télé allumée. J’ai assisté à l’interruption des programmes. Au début, je pensais vraiment que c’était un film, ça m’a énormément touché.
Ça a marqué le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Suite à cet événement, j’ai commencé à m’intéresser un peu à l’actualité, au monde géopolitique.
 
 
Ph.: Alexis Haulot

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