Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

13/01/2014

Carnaval de Nice : un grand spectacle à la Disney

La Libre, Momento, Escapade, Nice, carnavalLe carnaval de Nice est certes moins connu que ceux de Rio et Venise, mais il vaut clairement le déplacement. Il attire chaque année des centaines de milliers de spectateurs venus admirer des spectacles hauts en couleur, animés par un millier d’orchestres, de musiciens et de danseurs venus des quatre coins de la planète.

Le plein de couleurs: Slim Allagui


LE CARNAVAL DE NICE, considéré comme l’un des trois plus importants dans le monde après Rio et Venise, ouvre le 14 février les festivités pour sa 130e édition sur le thème du “Roi de la gastronomie”. Durant deux semaines, cet événement phare de la Côte d’Azur attire chaque année des centaines de milliers de spectateurs de France et d’Europe à la recherche de spectacles hauts en couleur qui se déroulent de jour comme de nuit, animés par un millier d’orchestres, de musiciens et de danseurs venus des quatre coins de la planète.
 
Mais quelle est la recette du succès de ce carnaval face à tous ses concurrents ? “Ne vous attendez pas à une fête populaire dans les rues, où on chante et on danse, déguisés dans son meilleur costume. Mais si vous aimez les grandes parades de chars magnifiques en carton-pâte avec des figures burlesques, géantes, les défilés exubérants sur fond de musique du monde, les costumes raffinés, l’atmosphère à la Walt Disney, n’hésitez pas”, confie Mireille Guilhot, une Parisienne passionnée des carnavals. “Le carnaval de Nice, c’est du spectacle féerique dans une ambiance top et qui change de thème tous les ans, ce qui fait sa spécificité et son originalité”, assure-t-elle.
 
 
“Roi du rire”, “Roi de la planète bleue”, “Roi du sport”, ““Roi du cirque”, “Roi des mers”, “Roi des 5 continents”… Le carnaval, “en phase avec son temps, offre une nouveauté à chacune de ses éditions, ce qui explique son attractivité”, selon Isabelle Billey-Quéré, du service de presse de l’office de tourisme.
 
Des voix critiques s’élèvent cependant sur les réseaux sociaux contre ce carnaval “à la Hollywood”, qui “coûte cher”, et qui “n’a rien d’une fête populaire”. “Faux !”, s’insurge Isabelle Billey-Quéré, rappelant que “75 % du parcours des défilés sont gratuits, et que celles et ceux qui se déguisent peuvent entrer sans rien débourser dans le périmètre payant (20 euros en tribune et 10 euros en promenoir)”.
 
L’histoire du carnaval de Nice, héritier des fêtes païennes, remonte à 1294, lorsque Charles II d’Anjou, comte de Provence, évoque “les jours joyeux du carnaval” passés dans la cité azuréenne où bals, farandoles et autres mascarades se succédaient avant le jeûne du carême.
 
La Libre, Momento, Escapade, Nice, carnavalC’est à la Belle Epoque (fin du XIXe, au début de la Première Guerre mondiale de 1914) que le carnaval de Nice connaîtra son apogée et son entrée dans l’ère moderne avec ses cortèges défilant devant des tribunes de spectateurs payantes, qui attireront le gotha international, à l’instar d’Isabel, fille de l’empereur Pedro II du Brésil, qui rapportera l’idée de chars fleuris dans le carnaval de Rio.
La renommée du carnaval de Nice tient à ce mélange subtil de tradition et de modernité”, estime Sven Nilsson, un fan suédois fidèle, qui vient tous les ans assister à cet “univers magique”. D’autant que les organisateurs offrent trois différents spectacles : le corso carnavelesque, une fête de jour avec ses 18 chars allégoriques animés par des troupes d’art de rue et de groupes musicaux du monde entier; le corso de nuit, la même parade transformée en spectacle sons et lumières; et la légendaire “Bataille des fleurs”. “Une bataille plutôt gracieuse, créée en 1830, lors du séjour en fin de règne du roi Charles Félix de Savoie, dans cette cité au climat doux en hiver.
 
Depuis, cette fête est devenue le “clou” incontournable du carnaval. Les spectateurs, massés sur la promenade des Anglais, se pressent tous les ans pour voir le défilé d’une vingtaine de chars fleuris, décorés de dizaines de milliers d’œillets, roses, glaïeuls, dahlias, tournesols et mimosas, lancés par de jolis mannequins superbement déguisés à la foule aux mains tendues.
 
 
Pour créer l’ambiance, des formations musicales françaises et étrangères se joignent au défilé avec leurs danseuses de samba de Rio, leurs numéros de cirque, leurs majorettes et leurs éléphants, dragons, dinosaures, et autres oiseaux préhistoriques articulés, qui captivent petits et grands. “Nous attendons avec impatience cette bataille magnifique”, confie Odile et Gérard Sifferlin, des retraités de Metz, qui se promènent dans le jardin Albert Ier, embelli après une année de travaux.
 
C’est autour de ce parc historique qui s’ouvre sur la mer, baptisé du nom du roi des Belges Albert Ier en 1914, en signe de reconnaissance à sa courageuse résistance face à l’Allemagne, que défileront les cortèges du carnaval jusqu’à la place Massena, le cœur des festivités.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, Nice, carnavalEn attendant le jour J, la fièvre monte à la “Maison du carnaval”, un hangar de 1 500 m² dans une rue de Nice où soudeurs, peintres, menuisiers, sculpteurs, électriciens s’affairent, sous le regard des carnavaliers, autour de chars en construction, dans une ambiance studieuse, parfumée d’odeur de colle et de peinture. “On a commencé les préparatifs en octobre, et tout sera prêt le jour J”, assure Eric Dubreil, coordinateur artistique depuis dix ans du carnaval, qui montre l’impressionnant char géant de l’égérie de la gastronomie française Paul Bocuse, faisant un clin d’œil malicieux du haut de ses 13 mètres. “Le carnaval a énormément changé au cours des dix dernières années. Les chars sont devenus plus grands, plus sophistiqués, plus créatifs, et leur mécanique bien huilée, en un mot, on est passé à une classe supérieure dans l’art professionnel du spectacle qui rappelle le monde de Walt Disney”, estime-t-il.
 
Dans son petit bureau, Eric montre, “en avant-première”, les dessins des 18 chars de l’édition 2014, accrochés aux murs. “Ces maquettes en papier ont été sélectionnées parmi quelque 300 dessins de dessinateurs français et étrangers. Elles servent aux quatre familles de carnavaliers de Nice à confectionner les créations de cette année, qui racontent avec humour l’histoire du ‘Roi de la gastronomie’. Ce sera un très bon cru qui plaira”, pense-t-il, en attendant le verdict final, “le 4 mars, lorsque le Roi du Carnaval sera incinéré sur la mer, tradition oblige, marquant la fin des festivités”.
 
 
Ph.: Slim Allagui

10:00 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, nice, carnaval | |

Les commentaires sont fermés.