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27/01/2014

Des conifères pas plus hauts que 3 pommes

La Libre, Momento, Dehors, jardin, conifères, mini, petitsAu pays des conifères, il y a les géants, comme le Sequoiadendron, et les nains, moins connus et pourtant bienvenus dans les petits jardins. Surtout en hiver grâce à leur feuillage persistant.

En mode mineur: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans

QUI NE S’EST PAS LAISSÉ piéger il y a quelques dizaines d’années par les fameux cyprès de Lawson ? A la mode dans les haies, aujourd’hui, ils culminent à plus de 5 mètres ou épaississent tant qu’ils peuvent lorsqu’on leur coupe la tête. Ils ont littéralement bouleversé le paysage. Avec cela, combien de genévriers rampants n’ont-ils pas gâché la vie de bien des jardiniers en s’étalant outre mesure ? Et combien d’araucarias, plantés fièrement à droite de la porte d’entrée, obligent aujourd’hui le propriétaire à entrer chez lui ventre à terre ou par une autre porte ? Oui, c’est certain, les conifères ont fini par en dégoûter plus d’un. Mais comme les modes vont et viennent, voici à présent leur grand retour en version mineure. Une aubaine pour les amateurs qui, par manque de place, n’osaient pas en adopter, pour ceux qui ont des grandes jardinières à garnir, un jardin zen à composer ou tout simplement des couvre-sols à planter.
 
 
Plus d’une centaine d’espèces et variétés ont une croissance très lente dès le départ. De 30 cm à 2,50 m en une dizaine d’années. Pas véritablement des bonsaïs, bien qu’on puisse les cultiver en pots, et pas nécessairement destinés à l’art de la rocaille en vogue il y a plus de 100 ans. Il s’agit de formes réduites de conifères aussi courants que le sapin, le cèdre, les faux-cyprès, genévrier, épicéa, pin, thuya ou if affublés de certains qualificatifs tels que Lilliput, compactum, pygmaeum, humilis, nana, pumilus, minimus… et j’en passe.
 
Beaucoup de ceux-ci poussent sous des conditions météorologiques extrêmes. Comme en haute montagne. Les températures basses et les grands vents leur imposent une croissance de limaçon. Ils s’adaptent, modifient leurs formes et finissent par s’aplatir. A partir de ceux-là, les pépiniéristes reproduisent d’excellentes variétés. Avec une belle palette de couleurs, allant du vert foncé au bleu, en passant par toutes les nuances de jaune et de gris.
 
Des formes très compactes, comme de gros hérissons, apparaissent également à partir de boutures. En fait, à partir d’un balai de sorcière sur un arbre de grande taille. Botaniquement parlant, il s’agit d’un phénomène – une déformation – dû à un champignon, une anomalie de croissance ou une carence accidentelle qui perturbent le développement de l’arbre. On dirait un nid d’oiseau installé au milieu d’une branche ou une touffe de brindilles en forme de balai. D’où son nom. Retiré de son hôte, il est alors bouturé ou greffé pour former un nouveau spécimen conservant les mêmes formes et caractéristiques. Il est étonnant de constater que l’espèce d’origine culmine à des dizaines de mètres, alors que la forme naine peine parfois à grandir d’un centimètre par an !
 
 
Tout serait simple si les formes naines le restaient obligatoirement. Ce n’est pas le cas. Pour corser le tout, certains lilliputiens deviennent parfois géants après un certain temps et dans des conditions extrêmement favorables. Par exemple, le Picea abies ‘Nidiformis’ de l’arboretum Kalmthout dont nous vous avons parlé il y a deux semaines. Centenaire, il mesure aujourd’hui plus de 8 m de diamètre pour plus de 3 m de haut. Prudence et circonspection.
 
 
Quelques exemples
 
Pin des montagnes
Il y a les grands pins qui font rêver au Midi, et les petits pins rigolos maintenant à la une des pépinières branchées. Nous avons un faible pour le Pinus mugo , ce pin des montagnes d’Europe centrale résistant parfaitement chez nous. Un arbrisseau à la forme variable qui supporte tout type de sol.
Pinus mugo ‘Mops’ a une forme sphérique très dense et
des aiguilles courtes. Sa pousse annuelle est de 6 cm environ. A l’âge adulte, il culmine à 1m.

Pinus mugo ‘Humpy’ lui ressemble en encore plus menu. 40 cm au total.
Pinus mugo ‘Ophir’ est un bijou aux aiguilles teintées d’or en hiver.
Pinus mugo ‘Gnom’, une sélection de 40 cm de haut pour 90 de large, en boule, au feuillage vert foncé.
Pinus mugo var. pumilio a un port spécialement aplati, idéal comme couvre-sol.
 
 
Autres conifères
Picea abies ‘Little Gem’, 30 cm de haut, présente des branches vert clair montantes.
Picea abies ‘Pygmaea’, une des plus anciennes sélections, 30 cm de haut, a une forme caractéristique largement conique.
Picea glauca ‘Lilliput’ et ‘Piccolo’ sont les charmantes sapinettes blanches au feuillage vert pâle.
Chamaecyparis obtusa ‘Nana Gracilis’ au port conique et au feuillage vert foncé d’à peine 2 m de haut est un classique. Souvent traité en bonsaï dans un pot. A pointer aussi Ch. lawsoniana ‘Green Globe’ à la forme parfois irrégulière avec l’âge et ‘Gnome’, mais faites attention à leur rusticité.
Cryptomeria japonica ‘Elegans Nana’, dont les feuilles virent au roux en hiver, ne dépasse pas 2 m de haut, alors que C. j.  ‘Globosa Nana’ présente une forme semi-sphérique d’environ 1 m de diamètre pour une hauteur de 1 m après 10 ans. La mi-ombre est la meilleure orientation pour éviter que ses aiguilles pâlissent avant de jaunir et même de griller.
Juniperus chinensis ‘Pfitzeriana’ est assez commun dans les jardins. Préférez J. ch. ‘Pfitzeriana Compacta’ plus menu que le premier qui peut couvrir 15 m².
Thuja occidentalis ‘Tiny Tim’ et ‘Hetz Midget’ ont une croissance de 2,5 cm par an. ‘Danica’ présente une forme hémisphérique parfaite sans débordement.
Microbiota decussata  : 50 cm de haut pour un étalement de 4,5 m avec un feuillage vert pâle ressemblant au Thuja et devenant cuivré en hiver. Très rustique et sans entretien, il apprécie les sols acides.


Ph.: MNC & MPV

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