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28/01/2014

Ciel, mes bijoux !

La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, Paris… Si un brigand, pas de quartier ! Mais des Cartier.

Une expo au Grand Palais à Paris revient sur l’histoire de la grande maison de joaillerie française fondée en 1847. Une occasion d’évoquer ce qui fait partie intégrante de la parure de distinction. Joaillier des rois, Cartier a su se faire la marque de l’exclusivité dans l’élégance princière. Retour sur un art du bijou, qui dit les célébrités et les époques.
 
En mode "Comment épouser un millionnaire": Aurore Vaucelle

“DIAMONDS ARE A GIRL’S BEST FRIENDS” chantonnait Marilyn dans “Les hommes préfèrent les blondes”. C’était avant de tourner “Comment épouser un millionnaire”. Car en effet, quand on croit à la première injonction (les bijoux et les femmes sont bons amis), alors, la deuxième injonction (la nécessité d’un mari fortuné) est presque une obligation. C’est en tout cas ce qui s’observait dans les travées de l’expo du Grand Palais, consacrée aux bijoux de la maison Cartier.
Véridique ! Le public féminin venu pour se cultiver (il ne pourrait en être autrement, nous sommes au Grand Palais) ne se lasse pas de papoter, tenant en conciliabule devant les vitrines des propos qui nous amusent. Ah, si je pouvais avoir celui-là.” Ou alors : Si je ne devais n’en choisir qu’un, je prendrais définitivement celui-ci .” Leurs accompagnants masculins regardent de loin, mi-inquiets, mi-amusés et précisent à rythme répété : Oui mais tu en as déjà plein, mon amour.” O u encore : “Mais vois-tu chérie, les prix ne sont pas affichés !
Définitivement s’il existe une différence homme/femme justifiée, c’est dans la façon de décider ce qui est nécessaire ou pas en matière de parure – comment ça, trop de bijoux, trop de sacs, trop de chaussures ?…
Car, de fait, on le verra ci-dessous, la parure fait la femme en asseyant la position sociale. Donc pourquoi tant chipoter, Messieurs ? !
“Cartier : le style et l’histoire”, au Grand Palais à Paris jusqu’au 16 février. Infos : www.grandpalais.fr
 
 
La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, ParisMarie Bonaparte et ses lauriers
 
L’enseigne Cartier est d’abord une petite maison de bijoux parisienne… Mais qui sait tout de suite surfer sur la vague. Le joaillier Louis-François Cartier connaît le succès en suivant son propre goût pour le classicisme d’Ancien Régime. La période Marie-Antoinette est bel et bien entrée dans la mode, mais cela n’empêche pas Cartier de réhabiliter un certain style, issu du classicisme de cour, à la Louis XVI.
Pas baroque mais très princière, sa marque de fabrique va très tôt plaire aux aristocrates de l’époque. La princesse Marie Bonaparte (1882-1962), femme moderne, tout à fait intégrée dans son époque (elle fut parmi les premières patientes de Freud), et à la fois propriétaire d’un tel nom de famille, ne pouvait qu’affirmer son attirance pour des pièces impériales. Ce diadème en style dit “guirlande” qui nous brûle les yeux au début de l’expo illustre la fameuse couronne de lauriers dont on ceint les empereurs.
(Ph.: Archives Cartier)
 
 
La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, ParisElisabeth, reine des Belges
 
Cartier devient rapidement le joaillier des rois, en sachant produire des parures à la grâce royale qui assoient le pouvoir de ceux qui les portent ou en habillent leur femme. Si les familles aristocrates sont parmi les clients réguliers de la maison, la riche bourgeoisie en quête de légitimité sociale, ces nouveaux riches en quelque sorte, ne manquent pas de s’afficher avec perles et colliers. Mais Cartier n’en perd pas son lustre pour les têtes couronnées et fabrique d’ailleurs nombre de tiares et diadèmes pour les femmes de sang royal. Diadèmes recouverts de diamants à vous en éblouir les yeux, la vitrine à l’entrée de l’expo sidère par la prolifération de pierres précieuses, et plus exactement de diamants. Il faut dire qu’à l’époque, fin XIXe, les mines de diamants d’Afrique du Sud viennent d’être découvertes et la matière première d’une grande pureté abonde.
Elisabeth, reine des Belges (1875-1965), n’échappe pas à la mode de son temps et, comme la Reine d’Espagne, cède aux beautés de Cartier, bien avant que son époux le roi Albert Ier ne fasse de la maison française un fournisseur officiel de la Cour de Belgique. Ici, elle arbore un diadème diamants et platine de style “guirlande” créé pour elle en 1910, diadème qu’elle a la particularité de porter très bas sur le front. Un style bien à elle qui se lit sur nombre de portraits officiels.
(Ph.: Cartier Photo : Alban, Courtesy Bruxelles, Archives du Palais royal)
 
 
La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, ParisWallis Simpson, duchesse du moderne chic
 
Sur ce cliché, pris en 1940, sur la route des Bahamas, on peut apercevoir au revers de la veste de Wallis Simpson la broche flamant rose qui fut imaginée par la Belge Jeanne Toussaint. En effet, on raconte qu’un lot de pierres précieuses, provenant d’un bijou appartenant à la duchesse de Windsor, arriva un jour sur une table des ateliers de la rue de la Paix, chez Cartier… On savait l’épouse du futur ex-roi britannique, adepte d’une élégance typée. De cet ensemble de saphirs, de rubis et d’émeraudes, est née, dans l’esprit de Jeanne Toussaint, l’idée d’une broche oiseau : un flamant rose au plumage multicolore.
Jeanne Toussaint (native de Charleroi) fut directrice artistique de la maison Cartier dans les années 30. Le photographe Cecil Beaton dit de cette petite Belge talentueuse : “C’est cette petite femme oiseau qui révolutionna l’art de la joaillerie. […] L’influence de Mademoiselle Toussaint est telle que c’est à elle que nous devons les bijoux actuels.”
Wallis Simpson fut une cliente assidue des créations exotiques (d’influences égyptienne et orientale) imaginées par la designer belge, Jeanne Toussaint était de fait en avance sur son temps, dans le mélange des genres – désormais très répandu dans la joaillerie.
(Ph.: SuperStock/Leemage)
 
 
La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, ParisGrace de Monaco n’en fait jamais trop
 
Quand la star hollywoodienne devient princesse du Rocher, elle choisit pour son portrait officiel de poser parée de bijoux Cartier. Grace de Monaco n’a jamais montré une grande attirance pour les bijoux impressionnants et massifs, ce que les photos d’archives confirment. Bien qu’ayant été photographiée avec le prince Rainier devant la boutique de la rue de la Paix, un peu avant leur mariage, la jeune femme n’est pas une femme d’ostentation. On ne lui connaît pas de bijoux clinquants, seulement une histoire personnelle avec la maison Cartier, chez qui elle commanda des pièces intimes, une croix de berceau ou quelques colifichets animaliers.
(Ph.: Archives Monaco)
 
 
La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, ParisElizabeth Taylor, une fanatique...
 
… et le titre de son autobiographie est là pour en témoigner : “My Love Affair With Jewelry”. Sur ce cliché ci-dessus, Liz Taylor porte le fameux diamant Burton Taylor à la 42<sup>e </sup>cérémonie des Oscars. Le caillou en question lui a été offert par Richard Burton durant leur premier mariage. C’est assurément l’un des diamants les plus célèbres au monde. Trouvé dans une mine de diamants en 1966, acheté par Cartier pour un million de dollars, le diamant a tout de suite tapé dans l’œil de Burton qui savait que sa femme avait un petit faible pour la quincaillerie de luxe. Il lui offrit aussi la “Peregrina”, l’une des plus grosses perles au monde. Trouvée par un esclave en 1579 dans le golfe de Panama, la perle fut portée par les grandes souveraines de l’histoire, avant d’être offerte à Liz par Ricky à l’occasion de la Saint Valentin 1969 – année exotique.
(Ph.: Reporters/MPTV)
 
 
La Libre, Momento, Tendances, bijoux, Cartier, exposition, ParisLa roturière qui devient reine : Kate
 
Cartier, en tant que “joaillier des rois et roi des joailliers”, a continué à régner sur les têtes couronnées tout au long du XXe siècle et même très récemment. Lors de son mariage en 2011, Kate Middleton apparaît dans une toilette épurée, d’une rare élégance. De nombreux observateurs de la couronne britannique épinglent son choix de bijoux. Elle n’a pas opté pour les pièces les plus fastes parmi les bijoux de la couronne anglaise, mais pour un diadème dit Halo – une manière peut-être déjà pour elle de se créer une auréole de reine. Le diadème avait été commandé en 1936 par le futur roi George VI pour son épouse, Elizabeth (à noter la simplicité du design, on est alors en pleine période Art déco). George, ce fameux George, un prénom qui n’est plus aussi étranger à Kate Middleton.
(Ph.: Boris Roesler/Reporters/DPA)
 
 
Ph.: Rue des archives/Reporters

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