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28/01/2014

Sur les traces de la légende inca

La Libre, Momento, Escapade, Pérou, Sud, Machu PicchuLe sud du Pérou regorge de trésors. Non pas ceux des Cités d’Or… bien plus riches encore : la civilisation inca, ces pierres gigantesques creusées, taillées, muées en citadelle au cœur même des montagnes.

Exploration: Stéphanie Carion


LORSQU’ON VOUS ÉVOQUE le mot “Pérou”, souvent, ce sont “El Condor Pasa”, la flûte de pan et les fameux bonnets qui vous viennent à l’esprit. Mais lorsqu’on explore l’empire du soleil, on reste littéralement bouche bée face à la splendeur de ces cités nichées au cœur de la Vallée sacrée. Une véritable richesse humaine qui remonte au XIIIe siècle dans le bassin de Cuzco.
 
 
La “Rome des Incas” se dresse à 3 400 m d’altitude. Et justement, aux portes de la ville, certains se sentent littéralement oppressés et étourdis. Sans doute que l’immensité des montagnes, qui entourent Cuzco, crée une atmosphère particulière. Mais, en atterrissant directement dans la capitale inca depuis Lima, le mal de l’altitude est un fléau parfois douloureux. Une petite journée d’acclimatation est donc totalement conseillée avant d’entamer la visite. Juste le temps de se plonger dans un rapide historique de la cité…
 
Patrimoine de l’Unesco, Cuzco doit son nom à sa situation dans l’empire inca, “Qusqu” signifiant “nombril” en quechua. Selon la légende, Manco Cápac, émergé du lac Titicaca et envoyé par le dieu Soleil, a décidé d’y installer sa capitale pour la réputation de ses terres fertiles. Douze grands Incas se sont ensuite succédé. Mais, en 1527, une guerre fratricide vient déboussoler la quiétude de la cité. Un déclin qui profita à Francisco Pizzaro, d’où les magnifiques édifices coloniaux (malgré cette fierté architecturale, il va de soi que la barbarie coloniale espagnole reste à jamais gravée dans l’histoire péruvienne). Aujourd’hui, Cuzco, c’est la première étape de tous voyageurs en quête du mystique Machu Picchu.
 
La Libre, Momento, Escapade, Pérou, Sud, Machu PicchuDepuis les ruelles sinueuses, la majestueuse place d’Armes et ses terrasses coloniales valent le détour. On s’y sent bien, et la vie nocturne n’est pas en reste avec tous ces restaurants et ces pubs. Difficile de passer à côté de l’imposante cathédrale et du temple du Soleil réinvesti en monastère. Plus loin, au Mercado San Pedro, c’est l’occasion de se plonger dans la vie péruvienne. Si les stands de jus de fruits mélangés à la bière séduisent, âmes sensibles s’abstenir, principalement du côté de la viande (des têtes d’alpaga ou de mouton trônent sur certaines échoppes).
 
Au-dessus de Cuzco (et la vue sur la ville y est imprenable), sur le site de Sacsayhuamán, votre guide vous plongera dans la légende inca. Au cœur de ce sanctuaire de type cyclopéen, vous entendrez donc parler de pachamama (terre-mère), trilogies en tout genre (dont le condor, le puma et le serpent, ou encore le soleil, la pachamama et la lune), de croix andine et de sacrifices. A voir tous ces gigantesques blocs de pierre impeccablement et mathématiquement taillés, on ne peut que s’interroger sur une civilisation qui ne connaissait pas encore la roue. Sur la colline, trois autres sites incas : Tambomachay (le bain de l’Inca en terrasses), Pukapukara (forteresse rouge), et Q’engo (le sanctuaire monolithe en forme de puma).
 
Au cœur de la Vallée sacrée
 
Cette région vertigineuse était le grenier des Incas, comme en témoignent les innombrables terrasses (principalement de maïs). Au pied de la montagne, petit passage par Písac. Son marché, l’artisanat de l’argent, et les petits restos séduisent les touristes, l’occasion pour les plus intrépides (et moins attendris) de goûter… le “cuy” ou plutôt cochon d’Inde (eh oui !). Du haut des ruines, le panorama sur les deux vallées est époustouflant.
 
Aux portes de Maras, prenez le temps de vous arrêter aux salines. C’est fascinant ! Près de 4 000 bassins de sel cristallisé imposent une couleur blanche étincelante à la verdure du vallon. Plus loin à Moray, il est possible d’admirer le système ingénieux de terrasses en amphithéâtre, véritable laboratoire agronomique en plein air sous l’ère inca. Et pour se plonger dans les traditions andines, cap vers Chinchero. Ici, les tisseuses ouvrent les portes de leurs ateliers de laine d’alpaga entièrement teinte et nettoyée avec des matières 100  % naturelles. Curieusement, les toits de leurs chaumières sont ornés d’un couple de bovidés. Il s’agit des taureaux de Pucara, poteries qui apportent bonheur, bien-être et protection aux habitants de la maison. La visite s’achève par l’église coloniale, les ruines incas et la vue sur la montagne.
 
Fabuleux Machu Picchu
 
Bientôt, la majestuosité tant attendue d’une des Merveilles du Monde… Mais avant, petite escale à Ollantaytambo. Non seulement, cette jolie bourgade vaut qu’on s’y promène, mais la forteresse inca domine trois vallées au-dessus du rio Urubamba. Inachevée à cause de la conquête espagnole, elle témoigne d’un travail incroyable pour descendre les énormes monolithes de la montagne d’en face et puis détourner le chemin du fleuve pour pouvoir les remonter de l’autre côté. Et, c’est ici qu’on prend le fameux train au toit vitré vers Aguas Calientes, la ville de type “Walt Disney” au pied du Machu Picchu.
 
Après une courte nuit de sommeil, départ à l’aube pour le toit du monde. A l’aveugle pour commencer… Oui, le brouillard s’accroche aux montagnes et désespère parfois les touristes impatients. Mais lorsque le chenapan se lève, c’est un “wahou” général qui s’échappe du site. Découvert (officiellement) en 1911 par l’archéologue Hiram Bingham, le Machu Picchu fut abandonné durant près de trois siècles, les Espagnols ne devinant pas l’importance de la cité. Près de 1800 personnes y vivaient. Et outre un mode organisationnel impressionnant, les Incas y observaient le ciel et les étoiles. Maîtriser les dates des solstices à la perfection leur permettait d’organiser des cérémonies rituelles en l’honneur du Soleil. Si la visite de la citadelle est indispensable, frôler le vide et se sentir seul au monde au milieu des nuages face à une civilisation ancestrale est une sensation sans égal. Les plus courageux grimperont donc au sommet du Wayna Picchu d’où la vue sur le site est majestueuse. A l’opposé, la montée vers la porte du Soleil (le point final de la fameuse marche de l’Inca) est plus relax, mais le panorama tout aussi somptueux. Une incroyable expérience !
 
 
Ph.: St. Carion

Commentaires

Je t'invite à découvrir cette région du monde, avant l'ére judéo-chrétienne.
Cordialement
tiotjean

Écrit par : jeancourteligne | 01/02/2014

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