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02/02/2014

"Game of Thrones", un phénomène? Vraiment?

La Libre, Momento, Derrière l'écran, Game of Thrones, phénomène, audiencesLa série “Game of Thrones” étonne tant elle séduit. On a souvent évoqué un véritable “phénomène international”. Pour preuve, les innombrables “fandoms” (communautés de fans), à travers le monde. En télévision (aux USA ou en Belgique), les audiences sont satisfaisantes mais elles n’ont pas (encore  ?) battu tous les records.

Aurélie Moreau


SELON LE SITE INTERNET “TorrentFreak”, “Game of Thrones” a été la série la plus piratée au monde sur Internet, en 2013. L’épisode final de la troisième saison a, en effet, été téléchargé 5,9 millions de fois. C’est la deuxième fois que le programme de la chaîne HBO, plébiscité en 2012 également, figure en tête du classement.
 
L’engouement sur Internet semble donc bien réel mais qu’en est-il de l’audience en télévision, aux États-Unis ou en Belgique  ? “Game of Thrones”, est-il un véritable phénomène international, au sens “grand public” du terme   ? Ou concerne-t-il seulement des inconditionnels au fait des nouveaux codes télévisés ou encore des “sérievores” férus d’arts cinématographiques et fantastiques  ?
 
Un exemple : la sixième saison de “True Blood” (autre série magique de la chaîne) n’a pas été particulièrement saluée par la critique (et encore moins par les fans). Son audience moyenne était d’ailleurs bien en deçà de celle enregistrée en 2012 à l’occasion du lancement de la saison précédente. Le drame fantastique d’Alan Ball l’a toutefois emporté sur “Game of Thrones”, dont la troisième salve avait été lancée devant 4,4 millions de personnes (sur les 35,1 millions d’abonnés que compte la chaîne US).
 
Même honorables, croissantes et exponentielles, les audiences ne sont pas les meilleures de la chaîne  : 2,5 millions pour la première saison, 3,8 millions pour la deuxième et, enfin, 5 millions pour la dernière. “Game of Thrones” n’a d’ailleurs pas encore privé une autre excellente série de HBO – “Les Sopranos” – de son record (établi à 14 millions de téléspectateurs pour certains épisodes).
 
Certains sont également tentés de comparer les 5 millions de téléspectateurs de la troisième saison de “Game of Thrones”, aux 10 millions de “The Good Wife” ou “The Mentalist” sur CBS. C’est, toutefois, oublier que CBS est un réseau de la télévision hertzienne, disponible gratuitement à toute personne possédant un téléviseur dans la zone de diffusion. Ce qui n’est pas le cas d’HBO, chaîne du câble à laquelle les Américains souscrivent par abonnement.
 
 
En Belgique, le phénomène est d’autant plus marqué que la série est diffusée en primeur sur BeTV et, ensuite, sur la RTBF. La diffusion sur BeTV suit de très près celle aux États-Unis (avec une semaine de décalage), alors que la RTBF a quasiment deux ans de retard. On peut, dès lors, s’interroger sur la dimension de l’auditoire belge. A la RTBF, le directeur de la programmation, Emmanuel Tourpe, parle d’une moyenne de 10 % de parts de marché (200 000 téléspectateurs) pour la première saison, diffusée l’année dernière. “C’est deux fois plus que la case habituelle, ce soir-là. Pour nous c’est donc un succès.” Précisons que, dimanche dernier, le lancement de la saison 2 sur La deux n’a attiré que 123 900 fans, soit 6,9 % de pdm...
 
“Aussi, nuance-t-il, il faut rester prudent quand on parle des audiences Web et télé. Nous n’avons pas de chiffres croisés. Nous constatons, toutefois, que pour les séries piratées, les audiences Web ne cannibalisent que très marginalement celles de la télé. C’est davantage un cercle vertueux : le Web crée le buzz, en amont, ensuite, il y a un public différent qui s’y intéresse et, du coup, la regarde en télévision. Par ailleurs, on ne peut pas comparer une série comme ‘Game of Thrones’ à une série comme ‘The Mentalist’. ‘Game of Thrones’ n’est pas ‘mainstream’. On remarque, en télé, tout du moins, que le public qui la regarde sur La deux, n’est pas le public du Web. Il est un peu plus masculin que l’audience de la case, habituellement. Il fait partie d’une catégorie socioprofessionnelle plus élevée. Il est effectivement au fait de ce qui se fait de bien et de moins bien dans le monde des séries et il aime les séries pointues type ‘Mad Men’ ou encore ‘House of Cards’. On ne rentre pas dans une série comme ‘Game of Thrones’, comme on regarde ‘The Mentalist’. C’est une série avec plusieurs entrées, mondes, plusieurs grilles de lecture. Ça demande un minimum d’attention pour la suivre.”
 
 
La Libre, Momento, Derrière l'écran, Game of Thrones, phénomène, audiencesRumeurs guerrières autour du “Trône de fer”
 
La bataille pour le titre suprême s’intensifie dans cette saison 2, riche en menaces et alliances, qui requiert une attention sans failles. La deux, dimanche à 20 h.
 
Les choses ne sont pas près de se simplifier au Royaume des Sept Couronnes. Depuis le décès du roi Baratheon et de son bras droit Ned Starke, pas moins de cinq hommes prétendent désormais au titre suprême. D’où le titre de cette saison 2 baptisée A Clash of KingsH H . Unions, désunions, mésalliances et trahisons régissent presque invariablement chaque épisode de cette saga de plus en plus touffue à mesure que de nouveaux prétendants se font connaître et se placent utilement sur l’échiquier politique de leur région. Chacun tente en effet de rallier un maximum d’hommes à sa cause et de lever des armées toujours plus impressionnantes. Car la guerre pour le Trône de fer (titre français de la série) est imminente.
 
 
Premier sur la liste, Robb Stark met au défi ses pires ennemis, les Lannister, responsables de la mort de son père Ned. Pour ce faire, il est soutenu par la maison Greyjoy, qui propose de s’allier à lui et de mettre sa flotte à sa disposition.
 
A Port-Réal, Lord Tyrion Lannister (l’excellent Peter Dinklage) a été nommé Main du roi, ce qui rend sa sœur Cersei folle de rage. Sa relation incestueuse avec son frère Jamie fait l’objet de rumeurs persistantes, mais, à ce stade, elle ne lui a pas coûté sa place de régente, ni privé de leur rang ses enfants Joffrey, Tommen et Myrcella.
 
Obligée de vivre aux côtés de son époux Joffrey Lannister (Jack Gleeson), roitelet cruel et pervers, Sansa Stark ne peut même pas pleurer le décès de son père, convaincu de traîtrise. Prompt à condamner ses contemporains à mort, Joffrey est un jeune roi couard, peu pressé de paraître en personne sur les champs de bataille.
 
Pendant ce temps, au Sud, la famine menace les Dothrakis qui errent dans le grand Désert rouge. A leur tête, Daenerys Targaryen cherche à sauver son peuple et à protéger ses jeunes dragons.
 
Enfin, Stannis Baratheon, fils aîné du roi défunt, est lui aussi bien décidé à reconquérir le trône; il est conseillé par Melisandre d’Asshai, prêtresse rousse illuminée qui brûle les anciens dieux et répand de sombres prophéties.
 
 
A l’image des rouages, poulies, cartes, plans et armoiries qui hantent l’impressionnant et mystérieux générique de début, l’intrigue ne cesse de se complexifier, provoquant répercussions et enchaînements en cascades sur différents plans.
 
Que l’on soit fan de dark fantasy ou pas, on ne peut que reconnaître la qualité d’ensemble du projet qui a poussé le souci du détail jusqu’à créer une langue imaginaire, le dothraki. Mais le côté bavard (trop de décors et de batailles qu’on ne peut reconstituer et qu’on se contente d’évoquer) et le caractère éparpillé de l’intrigue nuit à son homogénéité et à sa compréhension. Et requiert du fan une attention sans failles…

Karin Tshidimba
 
 
Carcassonne aux couleurs de "Game of Thrones"
 
Quand on aime, on ne compte pas. Partant de ce principe quasi universel, quelques fans ont lancé il y a quelques mois une collecte de fonds afin d’organiser la première convention française autour de la saga “Game of Thrones”. Une opération un peu folle, qui a permis de récolter près de 17 000 € pour l’organisation de l’événement via le site de financement participatif KissKissBankBank. Montant auquel est venue s’ajouter la contribution de quelques partenaires français pour boucler le budget (75 000 euros).
 
Organisée du 14 au 16 mars, dans la cité médiévale de Carcassonne, la manifestation permettra aux adeptes des romans et à ceux de la série de “défendre les couleurs de leur maison préférée (Stark, Lannister, Baratheon ou Targaryen), préalablement choisie à travers des costumes mais surtout des jeux”, comme l’explique l’organisatrice issue de la société “As an Event”. La maison la mieux défendue (total des points accumulés faisant foi) sera récompensée lors de la cérémonie de clôture, organisée le dimanche.
 
Baptisé Winter is Coming Con, l’événement permettra aux fans de se rencontrer et d’échanger autour de l’univers prolifique imaginé par George R.R. Martin, mais aussi de croiser trois des acteurs de la série : Jason Momoa (aka Khal Drogo), Lena Headey (Cersei Lannister, photo) et Iain Glen (Jorah Mormont). Une 4e participation (issue de la famille Lannister) est en pourparlers; en revanche, nul espoir concernant la belle Daenerys.
 
Début janvier, 500 pass avaient déjà été vendus, donnant accès à toute une série d’événements (jeux de piste, combats d’épée, banquets, soirée à thème, etc.). Il faudra débourser 90 € au minimum pour avoir l’illusion de faire partie du royaume de Westeros. Il existe en effet un large éventail d’activités proposées, dont les plus attendues sont, outre les conférences, les sessions photos avec les acteurs et les séances d’autographes (payantes).
 
Quelque 1 500 fans sont attendus aux alentours du château comtal pour vivre ce week-end hors du temps. La deux RTBF, qui diffuse en ce moment même la saison 2 de la série le dimanche à 20 h, organise un concours, via sa page Facebook, pour emmener quelques fans sur place.
 
Enfin, deux autres dates hantent tous les fondus de GoT : le 17 février, date de parution du coffret reprenant les saisons 1 à 3 de la série, et le 6 avril, qui sonnera l’heure de la 4e saison sur HBO.
 
KT
 
 
Ph.: HBO

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