Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

09/02/2014

A la découverte du monde

La Libre, Momento, Autoportrait, Bert Poffé, AtikamekwBert Poffé est un aventurier louvaniste. Il est passionné par les Premières Nations du Nord, et par les populations indigènes et nomades de façon générale. Il a entamé une expédition de trois semaines, l’Atikamekw Snowshoe Expedition, à travers le territoire Atikamekw, au Québec.


BERT POFFE EN 7 DATES

30 avril 1969 : je suis né à Louvain, où j’ai eu une jeunesse heureuse.
 
Octobre 1995 : le mariage avec la femme que j’aime et qui m’inspire beaucoup. J’ai beau être un aventurier, un explorateur, c’est la plus belle aventure que j’aie vécue. Nous avons maintenant deux enfants.
 
Juin 1998 : mon premier voyage au Canada. Mon premier boulot a été steward, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à voyager. Mon premier périple au Canada, dans les Rocheuses, c’était le paradis. J’ai su que j’allais y revenir 100 fois, car c’était ce que je cherchais. C’est le début d’une longue histoire, la confirmation de ma passion pour ce pays.
 
Octobre 1999 : ma première visite au Québec et, plus particulièrement, chez les Amérindiens Atikamekw. Ce sont trois communautés qui se trouvent entre 600 et 350 km au nord de Montréal. J’ai visité le village de Manawan. Je suis parti pendant deux semaines pour vivre avec les habitants en forêt, à chasser, pêcher, apprendre toutes leurs traditions.
 
Entre 1999 et 2010 : j’ai fait beaucoup de voyages, d’expéditions, toujours à la recherche de la nature sauvage et des gens qui y habitent.
 
2010 : l’Atacama Crossing Ultra Marathon. Ce n’était pas vraiment mon truc, mais je me suis lancé le défi. Je suis content et un peu fier de l’avoir fait, c’était une belle expérience.
 
2011 : premier voyage au Groenland. C’était un mélange entre le trekking, le hiking et le kayak. C’est un peu comme un deuxième Canada. C’était mon rêve d’y aller et de connaître les Inuits.
Je sais que j’y retournerai car j’ai adoré. C’est le début de futurs projets, j’en suis sûr.
 
 
UN EVENEMENT DE MA VIE
 
Le premier février, nous avons entamé une expédition en raquettes de neige traditionnelles avec les Amérindiens Atikamekw. Il y a plusieurs années, je m’étais rendu dans le village de Malawan et je m’étais dit qu’un jour j’y reviendrais, après avoir vu d’autres lieux dans le monde. Je suis toujours resté en contact avec la population et, maintenant, le moment est venu grâce à la collaboration d’une petite agence d’éco-tourisme (Tourisme Malawan). On a lancé le projet “Atikamekw Snowshoe Expedition”. Avec mon épouse, nous allons marcher en raquettes entre les trois communautés Atikamekw. On va descendre de plus ou moins 300 – 350 km à pied, du Nord au Sud, avec les Amérindiens.
Le but est d’abord d’apprendre, et de transmettre, la manière traditionnelle de se déplacer des Indiens Atikamekw. Ce n’est pas du tout une expédition high-tech, avec le matériel le plus sophistiqué, c’est tout à fait traditionnel. On veut, en collaboration avec Tourisme Malawan, promouvoir l’éco-tourisme chez les Amérindiens au Québec, et plus particulièrement chez les Atikamekw. Il y a déjà des touristes québécois, principalement des gens qui viennent avec un guide amérindien pour la pêche. Il existe aussi un camp qui invite les touristes à vivre l’expérience amérindienne. Notre expédition a pour objectif de pousser les gens à essayer les raquettes, à venir visiter la région et à la connaître et, de manière plus générale, à découvrir la beauté de la planète.
Enfin, on veut aussi promouvoir Good Planet Belgium dont le slogan est “apprendre à vivre durablement”. Depuis que je travaille pour Good Planet, je peux mélanger l’exploration, la nature et le développement durable, ce qui est une belle combinaison.
 
 
UNE PHRASE
 
“Quand le dernier arbre aura été coupé,
Quand la dernière rivière aura été empoisonnée,
Quand le dernier poisson aura été attrapé,
Seulement alors,l’Homme se rendra compte que l’argent ne se mange pas…”
Prophétie indienne
 
Je trouve cette phrase très vraie. Je sais par expérience que, quand on part en expédition, les seules choses qui importent, ce sont l’amitié, la chaleur et la nourriture. Quand on part en expédition pendant 3 ou 4 semaines, on a beau avoir 500 ou 1000 € en poche, on ne peut pas les manger ni se chauffer avec…
 
 
TROIS LIVRES
“Rencontres hors du temps”, d’Eric Valli
Je l’adore. C’est un livre qui se compose de beaucoup de photos. Ce n’est pas un écrivain mais un photographe qui a vécu cette expérience avec des gens habitant dans la nature aux Etats-Unis.
 
 
“Le dernier trappeur”, de Nicolas Vanier
Nicolas Vanier est un aventurier français qui est aussi photographe et qui a publié plusieurs livres. C’est ce mélange de contenus, l’histoire mais aussi la place importante faite aux belles photos, qui me plaît.
 
 
“L’appel de la forêt”, de Jack London
Un livre très connu. Je l’adore car c’est un animal qui tient le rôle principal, ce qui n’arrive pas souvent. En septembre de cette année, j’irai dans le Yukon, près de l’Alaska, et c’est le livre à lire pour tous les gens qui veulent s’y rendre…
 

TROIS FILMS
 
“Colorado”, de John Wilder
Ce n’est pas vraiment un film, mais plutôt une mini-série. C’était en 1978-1979, j’étais tout petit, mais ça m’a marqué, je m’en souviens très bien. C’était un Français qui voyageait de la France jusqu’au Colorado en tant que trappeur. C’était tous les vendredis à 20h15 et je n’ai pas raté un seul épisode. J’étais complètement dans l’histoire. C’est un très beau souvenir, et pas seulement pour le contenu, il y avait aussi cette attente pendant une semaine pour connaître la suite de l’histoire. C’était LE moment de la semaine.
 
 
“Le dernier des Mohicans”, de Michael Mann
De nouveau une histoire d’Amérindiens, parfois un peu violente, ce que je n’aime pas trop. C’est un film connu avec pas mal d’acteurs amérindiens. J’aime toujours quand il y a des acteurs autochtones qui jouent dans les films d’Amérindiens.
 
 
“Home”, de Yann Arthus-Bertrand
Depuis 2011, je travaille pour Good Planet Belgium dont le président d’honneur est le cinéaste et photographe Yann Arthus-Bertrand. Je le connais donc personnellement et je connais sa passion pour l’image, pour la planète. Il m’a raconté les petites histoires, les anecdotes du film. J’adore le contenu du film qui est génial, et quand on connaît la personne qui est derrière, c’est encore un plus.
 
 
TROIS LIEUX
 
Bohan
Un petit village en Ardenne que j’adore. Chaque année, on y allait au moins trois semaines par an, entre mes 8 mois et mes 12 ans. Pour moi, c’était le paradis. Quand on y allait, en partant de Louvain, je voyais changer le paysage, et les collines des Ardennes représentaient les montagnes. On voit tout ça d’une autre manière quand on est enfant. J’étais un petit explorateur qui adorait les Ardennes, Bohan. Pendant des années, je me suis amusé dans les forêts de la région.
 
 
Les Hautes-Fagnes
C’est un peu le Canada tout près. On peut se balader une journée complète dans les Fagnes sans vraiment entendre le bruit de voitures et sans croiser trop de gens. Et en plus, chaque fois que j’ai un projet, ça devient mon lieu d’entraînement pour tester des vêtements, etc. C’est le jardin où je m’entraîne.
 
 
Sierra de Madrid
Mon épouse est espagnole et j’ai vécu à Madrid entre 1994 et 1995. J’avais fait beaucoup de sport dans mon enfance et le côté “nature” avait un peu diminué, mais à ce moment-là, j’ai retrouvé le plein air. J’habitais à Madrid, la capitale, mais la Sierra de Madrid ne se trouve qu’à 60 km du centre de la ville. On se retrouve en pleine nature, avec un sommet à 2500 m. Chaque week-end, on y allait pour s’amuser d’abord, mais aussi pour s’entraîner. C’était l’inspiration pour se lancer dans l’aventure, dans l’exploration par la suite.
 
Ce sont des lieux qui m’ont inspiré pour aller explorer le monde par après.
 
 
UNE DATE
 
Le 11 septembre 2001
Ce n’est pas très original mais cette date cadre bien dans mon histoire. Le fameux 11 septembre, j’étais avec ma femme sur le sommet le plus haut d’Espagne, le Mulhacén. On était très fiers de notre exploit. Quand nous sommes redescendus vers le village, nous avons vu dans les bars que les gens étaient très confus. On voyait que quelque chose s’était passé, mais on restait dans notre bulle. Ce n’est que le soir que nous avons appris tout ce qui s’était passé. On a ressenti un peu de panique, que va-t-il se passer dans le futur ?
Le plus frappant, c’était le contraste entre gravir un sommet le matin et en être content, et l’actualité de l’après-midi. On n’oubliera jamais comment on a vécu ce jour-là…
 
 
En live
L’“Atikamekw Snowshoe Expedition”, parrainée par Paul Emile Ottawa, le chef du Conseil de Manawan, peut être suivie via le site www.inuksuk.be, ainsi que via la page Facebook de Bert Poffé.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

Les commentaires sont fermés.