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15/02/2014

Pour certaines séries, on ne peut plus attendre

la libre,momento,derrière l'écran,house of cards,saison 2,belgique,diffusion,séries,be tvEmboîtant le pas à Netflix, Be TV propose l’intégrale de la saison 2 de “House of Cards” ce dimanche
(Be séries, 12h20) soit 48 heures après sa diffusion aux États-Unis. Une grande première qui s’explique par la volonté de contenter des fans toujours plus pressés. Christian Loiseau, directeur des antennes,
évoque aussi ses autres futures acquisitions.

Entretien: Karin Tshidimba


SI LE SPORT ET LE CINÉMA restent les piliers des chaînes à péage, très souvent, la bataille de l’image se joue autour des séries. D’où la nécessité de tout mettre en œuvre pour contenter l’abonné. C’est le cas avec “House of Cards” que Be TV va offrir pour la première fois d’abord en intégrale (à savoir : les 13 épisodes les uns à la suite des autres) comme le fait Netflix, l’opérateur internet américain qui a développé la série.
 
“Que ce soit sur la version multilingue ou la vidéo à la demande, nous avons toujours été à la pointe des innovations, rappelle Christian Loiseau, le directeur d’antenne de Be TV. Mais bien sûr, c’est parce que Netflix le fait qu’on offre l’intégrale d’emblée, au lieu de la proposer après la diffusion en épisodes. Puisque le matériel est disponible, il n’y a pas de raison d’attendre. Déjà qu’il faut souvent attendre la version doublée qui reste très appréciée des abonnés… Il y a des séries pour lesquelles on ne peut plus attendre aujourd’hui comme 'Game of Thrones' qui est la série la plus piratée de l’année et qui dispose d’un public plus jeune. C’est la raison pour laquelle on va la proposer quatre jours après HBO”, soit le jeudi 10 avril.
 
 
Les changements intervenus ces derniers temps dans l’univers des séries influencent donc aussi la façon de les diffuser. Surtout en raison de l’impatience croissante du public. “Le public ne suit plus les séries comme avant. Il a envie de nouvelles histoires car il y a de plus en plus de séries de qualité qui stimulent sa curiosité. D’où l’obligation de se montrer plus réactifs aujourd’hui. Notre but est que l’abonné regarde un maximum de programmes, qu’il soit satisfait de notre offre. D’où l’importance du choix et de la variété des séries proposées. Même si on prend des risques car on connaît rarement la fin de l’histoire quand on se décide sur un pilote ou une présentation.”
 
Aujourd’hui, il y a par exemple davantage de séries de “mid-season” (qui démarrent en janvier) qu’auparavant. “On se décide donc tout au long de l’année. Récemment, on a marqué notre intérêt pour 'True Detective', 'Helix' et 'Agents of Shield'. Sur la série flamande 'In flanders Fiels' (In vlaamse velden en VO), la réflexion est en cours et nous attendons également une réponse concernant
'Brooklyn 99'.” Deux séries qui ont été récemment primées : la première au Fipa, la seconde aux Golden Globes.
 
"Deux nouveaux pitchs nous ont encore été présentés la semaine dernière aux États-Unis. On est tenu au courant des projets très en amont et on tient compte de nos besoins dans la grille : humour, histoire, politique, SF… On s’arrange pour ne pas diffuser en même temps des séries aux univers trop proches puisque le but est de plaire à un maximum de personnes”, poursuit Christain Loiseau. Ce qui n’empêche que certaines sont plus prisées que d’autres… “Ce sont les séries diffusées dans la case du lundi séries et dans celle du ‘direct from USA’ le jeudi soir : 'The Americans', 'Game of Thrones', 'Under the Dome'. Bien sûr, il y a entre la case et les séries proposées un lien semblable à celui existant entre l’œuf et la poule. Car toute série reste tributaire de la programmation qu’on lui offre. On oriente le choix des abonnés par l’exposition qui est donnée aux programmes. L’heure, le jour, la période de l’année et le programme diffusé juste avant ou après : tout cela influence le public. C’est l’intérêt des chaînes linéaires qui proposent un éventail soigneusement réfléchi et assemblé, même si on a aussi Be à la demande et la VOD qui permettent à chacun de faire ses choix.”
 
Une façon de lutter avec les mêmes armes que les opérateurs du Net ? “L’impact de la présence de Netflix ne porte pas sur la concurrence entre les chaînes, dément Christian Loiseau. Son principal impact est un apport salutaire pour le genre, car Netflix favorise la création, mais cela ne vient pas manger le public des autres chaînes.”
 
“Jusqu’ici il y avait quelques grands producteurs (Bruckheimer, J.J. Abrams, etc.) qui nouaient des contrats avec les grandes chaînes, celles qui vivent de la publicité et ne prennent donc pas trop de risques. Elles préfèrent travailler avec des gens connus, déjà dans la place. Les chaînes à péage (HBO, Showtime, AMC) ont globalement le même type de raisonnement.” Même si elles s’autocensurent nettement moins en raison d’un public fidèle d’abonnés. “Oui, mais elles signent aussi des contrats d’exclusivité comme elles l’ont fait avec Alan Ball, par exemple.”
 
Enfin, les opérateurs comme Hulu, Amazon ou Netflix, qui vivent sur le Net, “laissent plus d’espace à des hommes nouveaux, mais ce n’est pas une révolution car elles ne produisent que huit séries maximum par an. Elles viennent surtout chercher une partie du public (plus jeune) que les chaînes traditionnelles n’atteignaient pas ou plus”.
 
“Pour affiner leur offre, ils travaillent même, en compagnie d’ingénieurs, sur des algorithmes afin de tenter de déterminer les attentes des téléspectateurs. C’est ainsi qu’ils ont développé 'Orange is the New Black' pour les femmes, 'Hemlock Groves'pour les jeunes et 'House of Cards'pour les CSP+” (les classes socio-économiques supérieures, NdlR).
 
 
Mais qu’en sera-t-il de la diffusion de “House of Cards” lorsque Netflix arrivera en Belgique ? “Sur 'House of Cards' nous avons signé un ‘lifetime commitment’, donc quoi qu’il arrive, tant que la série existe, nous la diffuserons. Et les rumeurs d’arrivée de Netflix sur notre territoire – vraisemblablement plutôt en septembre qu’en mai – n’y changeront rien”, conclut-il.
 
 
 
Plus retors que Frank Underwood, tu meurs
 
Cette saison 2 de "House of Cards" démarre dans la foulée de la première, à la seconde près. Toutes les manigances de Frank Underwood ont fini par payer et le voilà en route pour la vice-présidence. Un poste qu’il considère comme une simple étape sur sa route vers le bureau ovale. Même s’il savoure déjà les incroyables contorsions imprimées aux règles en vigueur pour imposer sa candidature même à ses détracteurs. “Je ne suis plus qu’à un battement de cœur de la présidence sans que qui que ce soit ait jamais voté pour moi. La démocratie, c’est tellement surfait”, souligne-t-il, en aparté, avec le cynisme qu’on lui connaît.
 
Plus on s’approche du sommet plus les appétits sont féroces et plus les périls sont grands. Un peu comme s’il s’agissait de tailler à la machette sa lente remontée dans la chaîne alimentaire.
Dans la première saison, Frank Underwood (Kevin Spacey) démontrait ses talents de marionnettiste hors pair. Mais il tient d’emblée à nous faire savoir que nous n’avons encore rien vu.
 
Dans cette nouvelle salve de 13 épisodes, on assiste à une partie d’échecs géante où l’impitoyable stratège de l’ombre avance ses pions les uns après les autres, pour phagocyter chaque lieu de pouvoir, chaque cercle de décision.
 
 
Prêcher le faux pour dire le vrai, nourrir quelques serpents en son sein, utiliser son ambition et sa colère pour parvenir à ses fins : Frank Underwood connaît parfaitement la musique. Chantages, pressions, manipulations et faux-semblants constituent le cœur de sa panoplie de vice-président. Une armure qu’il espère sans faille, mais sa femme Claire l’est-elle tout autant ?
 
Ses manœuvres secrètes ont fini par attirer l’attention de quelques journalistes avertis, dont celle de Lucas, le petit ami de Zoe Barnes, qui refuse de s’estimer vaincu même face au vice-président. Il est même plus déterminé que jamais maintenant qu’il soupçonne l’homme politique d’avoir abandonné quelques cadavres en chemin. Une double course-poursuite est engagée, le plus retors est assuré de la remporter.

House of Cards***, c’est l’anti-“West Wing”, l’anti-“Borgen”. Personne n’agit pour le bien commun, seuls comptent les petits calculs et les intérêts particuliers. Mais aussi sûrement qu’il est encourageant de voir quelques hommes et femmes de bonne volonté en pleine activité, les turpitudes des moins bien intentionnés fascinent et électrisent. La preuve avec “House of Cards” qui bénéfice d’une aura inversement proportionnelle aux qualités de ses protagonistes.
Bardée de 3 Emmy Awards et d’un Golden Globes décerné à l’impressionnante et glaciale Robin Wright, la série revient instiller son venin. Comme l’an dernier, elle a été proposée en livraison unique par Netflix ce 14 février, à savoir les treize épisodes d’un coup. Afin de contenter ses abonnés, la série sera proposée de la même manière sur Be séries ce dimanche : l’intégrale, en version multilingue, démarre dès 12h20.
KT
 
 
Ph.: Be Tv

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