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16/02/2014

Détox : info ou intox ?

La Libre, Momento, Bien-être, détox, efficacitéSe détoxiner ou se détoxifier ? Une nécessité pour les uns qui y voient un “nettoyage métabolique”. Scepticisme pour d’autres.

De saison: Laurence Dardenne


CHAQUE ANNÉE À pareille époque, les magazines féminins en particulier nous bassinent avec ce même thème : la détox. Ils nous font comprendre qu’à l’instar de nos grands-mères qui faisaient le grand nettoyage de printemps de leur demeure, le moment est venu pour nous de faire le grand ménage intérieur. Se dé-to-xi-ner. Se vider de toutes ces toxines accumulées au fil du temps pour repartir du bon pied, léger. Oui mais, la détox, est-ce vraiment nécessaire ? Pour tous ? Comment ? Sans danger ? Ne serait-ce qu’une mode ? Voire de l’intox ?
 
 
Pour Marie Borrel, qui publie ces jours-ci “Détox; 12 programmes pour faire peau neuve” (Hachette Forme, 12,90 €), cela ne fait aucun pli. Si l’on “se réveille fatigué, le teint brouillé, avec l’impression d’avoir pris dix ans dans la nuit”, si on a l’impression de ne plus résister au moindre microbe qui passe, au stress, à la tension nerveuse…, c’est peut-être le signe d’une “intoxination” de notre organisme, “qui a progressivement perturbé nos fonctions vitales”. Et si, dans les premiers temps, les conséquences de cette accumulation de déchets ne sont pas perceptibles, au fil des mois et des années, elle commence à se faire sentir. C’est alors qu’il faut se “détoxifier”.
 
 
Un simple effet de mode, la détox ? Certainement pas, “c’est une nécessité”, affirme l’auteur de “Détox”. Sous diverses formes, cela a existé en tout temps et dans toutes les cultures. Les exemples d’abstinence alimentaire, selon les religions, ne manquent pas. C’est, d’une certaine façon s’entend, le ramadan chez les musulmans ou le carême chez les chrétiens.
 
Quelle que soit la religion, ces privations alimentaires ont toujours un double sens, commente Marie Borrel. Il s’agit avant tout de discipliner sa relation au plaisir, d’entraîner son autodiscipline et de développer sa compassion en vivant comme les plus pauvres. La visée est donc spirituelle et comportementale. […] Mais force est de constater que les pratiques alimentaires restrictives des religions remplissaient aussi un rôle de ‘nettoyage métabolique’, même si elles n’étaient pas officiellement destinées à cet usage. […] L’évolution de notre société a engendré des habitudes quotidiennes qui ne permettent plus à nos organismes de se ‘nettoyer’, de se ‘purifier’, de se débarrasser de ce qui les encombre. Il nous incombe de retrouver des gestes de détoxication, certes affranchis de leur contenu religieux et spirituel, mais néanmoins indispensables à notre équilibre et à notre bien-être.”
 
 
De la nécessité de la détox, tout le monde n’en est pas aussi convaincu. Les uns se montrent quelque peu sceptiques; d’autres carrément critiques. “Intox, nous le sommes sans doute, nous dit pour sa part Michèle Dryepondt, diététicienne nutritionniste. Malbouffe, stress, pollution ne sont pas sans impact sur notre organisme. Mais, personnellement, je n’ai pas connaissance d’un régime ‘détox’ scientifiquement démontré qui pourrait nous débarrasser des éventuels dommages causés par notre environnement. Nous possédons des systèmes spécifiques de défense et la manière la plus élémentaire de les booster reste de manger de manière équilibrée en privilégiant les légumes et en réduisant la consommation d’aliments d’origine animale. Le choix d’aliments simples et de bonne qualité, un sommeil réparateur, de l’activité physique et des loisirs font partie du tableau d’une bonne hygiène de vie.” À chacun(e) donc de se faire sa propre religion, en quelque sorte…
 
 
Connaître son terrain pour trouver une détox ciblée et adaptée
 
Une cure de "détox" ne s’entreprend pas à la légère. Encore faut-il, avant de commencer, bien connaître son terrain, souligne Marie Borel, l’auteur de “Détox, 12 programmes pour faire peau neuve” (Hachette Pratique). “Car si l’excès de toxines dans le corps est susceptible d’affecter toutes les fonctions, il se manifestera chez l’un par des douleurs rhumatismales, chez l’autre par des maux de tête, de la fatigue, des problèmes de sommeil, des éruptions cutanées… Chacun réagira selon ses faiblesses. Selon son terrain.”
 
Chère aux médecins homéopathes, cette notion de terrain “résume l’équilibre subtil et complexe qui se construit à l’intérieur de chaque individu à partir de son patrimoine génétique, mais aussi de son immunité, de son métabolisme, de son psychisme, de son hygiène de vie, des altérations laissées par les maladies antérieures…”
 
Et de comparer notre terrain à “une valise que nous portons partout avec nous et dont nous ne pouvons nous défaire”. Avant d’ajouter : “Ce dont nous sommes capables en revanche, c’est d’en prendre soin, d’en ranger régulièrement le contenu et d’en éliminer le superflu”.
 
On la voit venir… Il faut, pour cela, que chacun(e) prenne conscience de ses propres fragilités en observant ses réactions aux agressions microbiennes, aux excès de table, au trop-plein d’activité, au stress… S’écouter, écouter son corps, comme on dit souvent aujourd’hui.
 
Une fois l’état des lieux dressé, reste le plus compliqué : adapter son hygiène de vie quotidienne en fonction des fragilités de nos systèmes biologiques.
 
C’est ici qu’intervient la détox et plus encore, qu’elle prendrait toute sa valeur, selon l’auteur pour qui “en adaptant les gestes détox à ces faiblesses, on peut entretenir sa santé avec plus d’efficacité”.
Opter pour une détox ciblée et adaptée est donc crucial. Ainsi peut-on privilégier, par exemple, en cas de réaction aux excès alimentaires, la détox du foie. Vous supportez mal les atmosphères enfumées ? Optez pour la détox des poumons. Un problème de rétention d’eau ? C’est la détox des reins qu’il vous faut. Et si votre transit est un peu facilement perturbé, aucun doute, c’est évidemment la détox intestinale qui s’impose.
 
 
Ph.: Universal Images Group/Reporters

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