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18/02/2014

Dans l'éclat de l'ambassade de France

15_20_22_001059081_DSC_2972.jpgCertains endroits méconnus et souvent inaccessibles au grand public suscitent la curiosité. Pour la série
“Dans le secret des lieux”, l’ambassade de France à Bruxelles ouvre ses portes pour une visite exclusive des coulisses. Le patrimoine, les différentes pièces, le personnel et l’ambassadeur lui-même se dévoilent.
 
Jonas Legge


SUR UNE SOBRE ET ÉLÉGANTE FAÇADE néoclassique du boulevard du Régent, à Bruxelles, flotte un drapeau bleu-blanc-rouge. Difficile de s’y tromper, c’est bien l’ambassade de France qui est abritée dans cet immeuble de la deuxième moitié du XIXe siècle.
Une fois la porte monumentale franchie, un porche aspire le visiteur en son sein. Sur la droite, un petit tapis coloré sert à attirer l’attention sur la marche à gravir. “Beaucoup la loupaient auparavant”, signale Jean-Pierre Avannier, le conseiller presse.
Autrefois hôtel de maître, la demeure constitue aujourd’hui un lieu vivant, où les rencontres et échanges sont permanents. “Il peut s’agir de grandes réceptions ou de déjeuners en tête-à-tête. Nous organisons également des visites des lieux, des conférences…”, stipule Bernard Valero, ambassadeur de France auprès du royaume de Belgique.
Se trouvent également en ces lieux les appartements privés de l’ambassadeur. “J’y passe assez peu de temps. Je suis en permanence sur la brèche et je rentre généralement vers 23h”, explique M. Valero.
 
 
Chaque salle d’apparat est utilisée en fonction de l’objet de la rencontre et du nombre d’invités. Posés sur les mobiliers ou accrochés aux murs et plafonds, les différents objets captent le regard. Porcelaines, pendules, sculptures, vases, lampes, lustres, tableaux… : toute la décoration provient du Mobilier national, le service chargé de meubler les bâtiments officiels de la République.

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Dans le hall, la symbolique saute aux yeux. Un drapeau français et un européen se dressent fièrement face à un portrait – plutôt menu en ces lieux – du président Hollande. Dans le même espace, trois portes laissent entrevoir l’intérieur de différents salons. Dans l’un d’eux, les tableaux ont effacé les clivages de l’Histoire : la monarchie, incarnée par Louis XV, côtoie la période Empire, représentée sous les traits d’Eugénie, l’épouse de Napoléon III. Pour accéder à l’“étage noble”, il importe de gravir un somptueux escalier de 67 marches de marbre, attribué au décorateur Louis Majorelle.

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Parmi les salles de réception, le “salon bleu” a les faveurs de l’ambassadeur auprès du royaume de Belgique, Bernard Valero. “Je le trouve chaleureux, je m’y sens bien.” A l’étage, les plafonds, plus hauts qu’au rez-de-chaussée, voient bourgeonner en leur centre des lustres scintillants. De somptueuses tapisseries répondent au faste des immenses portraits de maréchaux de l’Ancien Régime.

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Dans l’un des salons, une tapisserie à l’orange éclatant, qui recouvre un pan de mur, attire directement le regard. À ses côtés, fier comme un paon, trône une sculpture de coq, symbole républicain. “On mêle les genres anciens et contemporains, on allie tradition et modernité”, fait remarquer Jean-Pierre Avannier, le conseiller presse.

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Parmi les nombreux détails, il en est un particulièrement prégnant : les poignées de porte sont ornées des curieuses inscriptions “SL”. Il s’agit des initiales du vicomte Charles de Spoelberch de Lovenjoul. Grand admirateur de littérature française, ce Bruxellois a fait don de son hôtel particulier à la France en 1907.

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En tant qu’intendant, Manuel veille à la tenue des lieux. Il est également chargé de la bonne gestion lors des réceptions et repas. “À l’occasion de cérémonies protocolaires, 24 personnes peuvent se mettre autour de la grande table. Et 32 lors de déjeuners moins formels. À ce moment-là, je place des sièges avec une assise moins large”, décrit cet homme actif au sein de l’ambassade depuis 1986.

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Le chef Bruno Cophignon s’occupe des repas, privés et officiels, de l’ambassadeur et de ses invités, mais aussi des réceptions-cocktails. “J’utilise un maximum de produits français. Mais je ne délaisse pas les belges non plus, pour ne pas passer pour un chauvin. Par contre, on ne sert que des vins français”, précise ce cuistot qui a exercé à Matignon et dans la Marine nationale.

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Au moment de sortir par la rue Ducale, se referme la majestueuse porte ornée d’un arbre de vie en fer forgé. Sur celle-ci, la France a marqué son empreinte des lettres “RF”, pour République française.

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Ph.: JC Guillaume & Christophe Bortels

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