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01/03/2014

Là où l’on vient écouter le silence…

La Libre, Momento, Bien-être, Palais paysan, Marrakech, détenteOuvert en mai dernier par deux Belges, à une vingtaine de kilomètres au sud de Marrakech, le Palais paysan est l’endroit rêvé où se ressourcer. Ni mur ni clôture, seules les montagnes de l’Atlas à l’horizon.

Au milieu de nulle part: Laurence Dardenne


MAIS QUE PEUT-ON BIEN ALLER FAIRE LÀ ? À une demi-heure ou une bonne vingtaine de kilomètres au sud de Marrakech. Au bout d’une piste d’accès improbable, sur laquelle mieux vaut se faire conduire dans un confortable 4X4 que dans une Mini de ville. Il faut avoir traversé un petit village berbère, nommé Akrich que l’on pourrait croire à tort abandonné, pour ensuite atteindre la destination finale, le Palais paysan.
 
Sortie de terre ou de sable, en mai dernier, la bâtisse se déploie sur un terrain de 4 hectares, tout en longueur. Si ce n’est une arche, de 12 mètres de hauteur qui se détache de l’ensemble. Sobre, contemporain, épuré, majestueux, l’hôtel – ou plutôt la maison d’hôtes de 16 chambres – est planté là, au milieu de nulle part.
 
Que vient-on faire là ? Écouter le silence. Simplement. Face à l’Atlas dont les sommets enneigés du djebel Toubkal brillent, à plus de 4000 mètres d’altitude sous un ciel azur. À perte de vue, des étendues, parcourues d’un oued, à sec. On y verrait couler de l’eau que le tableau ou la carte postale – c’est comme on veut – serait trop parfait.
 
Zénitude. Le silence total, parfois entrecoupé par un bêlement de chèvre ou de mouton, un braiement d’âne. Car il y a un petit cheptel, en contrebas, à la ferme. “C’est pour faire paysan”, nous dit, sourire en coin, Horst Reddmann, l’un des deux heureux propriétaires belges des lieux.
 
On a voulu appeler notre maison d’hôtes le ‘Palais paysan’ pour faire modeste et rural, mais tout le monde dit ‘Le Palais’”, sourit PhilippeTaburiaux, à l’origine du projet dans lequel l’a rejoint son comparse. Architecte d’intérieur à la base, il est tombé amoureux du Maroc dès son premier voyage, en 1964, alors qu’il avait 18 ans. “C’est l’un des plus merveilleux pays que je connaisse”, dit-il aujourd’hui, après avoir beaucoup voyagé et posé ses bagages, il y a douze ans, à Marrakech. Et d’énumérer ses coups de cœur : la côte Atlantique, les montagnes, le petit désert, la palmeraie, l’architecture, la cuisine, l’accueil des gens…
 
 
Son rêve, Philippe Taburiaux commence à le réaliser lorsqu’il achète, en 1999, dans la médina, un ryad, baptisé Talaa12, qu’il a mis deux ans à restaurer pour en faire la magnifique maison d’hôtes qu’elle est devenue aujourd’hui. Un bon complément au Palais : trois jours dans l’effervescence de la vieille ville puis trois jours dans le calme de l’arrière-pays, au Palais.
 
Entre le ryad et ce dernier, il y a eu pour cet entrepreneur bruxellois plus d’un ryad remis en état, des constructions de maisons… Car qu’importe la destination du lieu, finalement, ce qui lui importe, c’est d’imaginer et construire. À peine sa somptueuse maison de campagne qui jouxte le Palais paysan terminée, il en rêve déjà une autre. Où il pourrait choisir les matériaux, soigner les couleurs et les détails de la déco, mais surtout agencer les espaces, les volumes et les formes, Comme cette arche grandiose qu’il faut traverser dans un courant d’air pour pouvoir découvrir le tableau qui se présente derrière. “C’est une des valeurs ajoutées du Palais, explique Philippe Taburiaux. Je voulais que l’on s’en souvienne, qu’il reste cet endroit magique avec cette grande arche”.
 
 
Le plus du Palais paysan ? Ce qui le démarque de tous les autres endroits, plus luxueux les uns que les autres ? C’est évident : l’implantation. “Des magnifiques hôtels, avec de somptueux jardins, il y en a à Marrakech et alentours, reconnaît Horst Reddmann, mais ils sont presque toujours emmurés. Ici, l’horizon est ouvert”. Ni mur, ni clôture si ce n’est la chaîne de l’Atlas qui s’érige au loin. Un endroit de rêve pour se ressourcer, comme on dit, s’offrir une balade à dos d’âne (et bientôt de cheval ?), à vélo ou en quad. Voire à pied à l’assaut de l’Atlas pour les amateurs de trekking. Un point de chute pour les golfeurs qui ont aujourd’hui le choix entre trois parcours alors que l’on en prévoit une quinzaine dans les alentours de Marrakech d’ici 2015.
 
Bienvenue dans ce petit paradis sur terre.
 
 
Prix des chambres au Palais paysan: en haute saison : 190 €/jardin et 170 €/terrasse; en basse saison : 160 €/jardin et 140 €/terrasse.
 
 
Hammam, savon noir, rhassoul et huile d’argan, ici ou ailleurs
 
C'est une tradition que la femme marocaine tient manifestement à perpétuer. Une fois par semaine, elle se rend au hammam pour se purifier le corps. À Douar Akrich, dans le petit hammam du Palais paysan, c’est entre les mains de Douchra que l’on découvre le rituel marocain. Assis sur le marbre chaud, on se fait rincer à l’eau avant qu’elle nous passe sur le corps le traditionnel savon noir, préparation au gommage, qui sera rincé après quelques minutes de pause, pour pouvoir passer le gant de kissa sur une peau qui ne glisse pas. C’est ainsi que l’on obtient une exfoliation réussie. Les cellules mortes enlevées, Douchra applique à la main sur le visage et le corps un masque au rhassoul (ou ghassoul), une argile minérale naturelle ici parfumée (rose, lavande, verveine, menthe et camomille). Une dizaine de minutes de pause, allongée, et le rinçage à l’eau chaude s’impose à nouveau.
Shampoing, séchage et, idéalement, massage à l’huile d’argan pour hydrater la peau clôturent le soin. (Prix: du hammam et du gommage pour deux personnes 55 €; 30 € pour une personne)
 
 
Pas le temps ni l’occasion de s’envoler pour Marrakech ? Qu’à cela ne tienne. À Bruxelles, aussi, on peut trouver un petit coin de Maroc. C’est le cas avec le rituel douceur de Merzouga, un petit village saharien, qui est proposé à l’Aspria (avenue Louise à Bruxelles), un soin très complet si l’on s’offre toutes les étapes de ce voyage de 2 h 15-2 h 30 (178 € pour les non-membres de l’Aspria et 155 € pour les membres). Voyage qui commence par un gommage doux, “Marché aux épices” – on s’y croirait déjà ! – à l’huile de coco et aux grains d’Argan, d’abricots et d’oranges sur notes de cannelle et gingembre. Riche, l’huile d’argan est connue pour ses propriétés nourrissantes, hydratantes, adoucissantes, régénérantes et antioxydantes. Le corps rincé, mais comme encore recouvert d’un fin film huileux, est alors enveloppé dans le rhassoul, afin d’absorber les impuretés. Le temps de l’enveloppement est aussi celui d’un délicieux soin du visage “Rose du désert”, subtil mélange de notes de géranium, bois de rose, cannelle et rose de Damas. Et pour finir en beauté, un massage oriental au baume “Plénitude du Sahara”. Lentes et profondes, les manœuvres apportent une détente musculaire, et agissent au niveau du drainage et de la circulation. Pour un bien-être total. Pas le temps de prendre 2 h 15 mais juste de s’octroyer une heure ? Il suffit d’opter, au choix, pour une autre formule : l’Escale au Maroc, le Détour par Marrakech ou le Rituel rose du désert. (Plus d’infos: www.aspria.be)
 
 
Ph.: Laurence Dardenne

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