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02/03/2014

Chez Coquette

La Libre, Momento, Dehors, jardinerie, Garden Center Coquette, Rhode-Saint-GenèseÀ deux pas de la forêt de Soignes, passionnés ou simples amateurs se retrouvent dans une jardinerie à nulle autre pareille, le Garden Center Coquette.

Shopping: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


ON EST LOIN ICI DE l’univers habituel des grandes surfaces consacrées au jardinage. Pas de gigantisme ni d’interminables rayons qui donnent le bourdon. Tout est fait pour garder à l’ensemble de la jardinerie une atmosphère d’intimité ainsi que de découvertes progressives qui rappellent un peu les chambres de verdure. Les bâtiments de cette ancienne ferme ont été préservés et le lieu a gardé tout son charme d’antan. Rappelant certaines “nursery” anglaises. Dès le parking, à la belle saison, des cascades de fleurs sourient aux visiteurs. La porte franchie, de grandes tables garnies de plantes joliment mises en scène attirent l’attention. So british. Çà et là, fleurs et feuillages se mettent mutuellement en valeur. L’offre est étonnante et variée. La curiosité du plus blasé ou du plus savant des jardiniers est ici pleinement satisfaite. Rien de surprenant à cela, disent les habitués, car depuis soixante ans des liens indéfectibles se sont tissés entre les propriétaires, le jardinage, les plantes et leur clientèle.
 
Evolution
La place du jardinage dans notre société a changé. Les gens disposent de davantage de temps pour ce nouveau loisir. À la jardinerie, cela se ressent. La demande de la clientèle s’affine. Voyages “Jardins”, Internet, lectures, fêtes des plantes, tout contribue à augmenter les connaissances des amateurs et donc à accroître leurs demandes à la fois pointues et spécifiques. Parallèlement, le marché des plantes explose. Chaque année, les obtenteurs créent de nouvelles variétés qui font évoluer le jardin. Yves se met à l’unisson de sa clientèle et va à la rencontre de ses attentes. Tout en veillant à un critère qu’il juge essentiel : la rusticité des plantes chez nous. Comme il le dit en souriant : “Pas de cactus au pôle Nord”. Il s’agit également d’éviter le piège de la nouveauté pour la nouveauté. Mieux vaut laisser le temps faire la part des choses entre la réelle innovation et la simple originalité. Il privilégie une filière courte, qui est pour lui une garantie de meilleure qualité, en se fournissant directement à la pépinière de production plutôt que de passer par des revendeurs.
 
Recommandations
Parmi les nombreuses suggestions, voire consignes qu’Yves dispense généreusement, il insiste sur celles ayant trait à la plantation. La nature du sol et sa préparation sont des gages de réussite pour la reprise de la plante. Ne pas simplement la poser à un endroit “comme on poserait une garde-robe”. Juste parce que c’est là que l’on veut la mettre. Il faut impérativement tenir compte de l’environnement et du contexte (ensoleillement, qualité de la terre, envergure et taille future). Choisir en fonction des exigences culturales de la plante, et non de ses envies. Ensuite soigner la plantation, prévoir un trou suffisamment large aux parois ameublies et incorporer à la terre les amendements appropriés à son bon développement. Quand tout est terminé, épandre l’indispensable mulch.
 
Un peu d'histoire
Paul Coquette désirait devenir architecte, comme son père. La guerre sonne le glas de ce beau projet. Le voici à l’École d’Horticulture de l’État à Vilvorde où, très vite, il se passionne pour ce nouveau métier. À sa sortie, le diplôme en poche, les jardiniers ne manquent pas de travail. Le sud de Bruxelles est en plein essor. Il fait ses classes dans différentes entreprises et atterrit un jour chez Jules Buyssens (voir par ailleurs). Quelques travaux à la table à dessin lui donnent le goût de la création. En 1949, il emporte son premier grand chantier, près de Charleroi. À la suite de quoi beaucoup d’industriels de la région lui confient leur jardin. Paul et son épouse Martine s’installent à Rhode-St-Genèse en 61, dans la maison qu’ils occupent encore aujourd’hui. L’entreprise de Paul Coquette se développe. Peu à peu, l’idée de vendre l’indispensable associé à quelques plantes germe. Martine Coquette porte la jardinerie sur les fonds baptismaux. À cette époque, l’offre dans les environs est assez restreinte. Les années passent et c’est au tour d’Yves Coquette de terminer ses études de paysagiste à Anderlecht. L’engouement pour le jardinage ne cesse de croître ainsi qu’un indéniable goût pour la nouveauté. Bouleverser l’assortiment classique n’est pas fait pour lui déplaire. Cette soif se marie opportunément au grand intérêt qu’il porte aux végétaux. Il sillonne l’Angleterre en quête d’inattendu et de trouvailles. Il hume l’air du temps, s’imprègne des tendances et des ambiances afin d’élargir le choix offert à la clientèle.
 
Quinzaine du Camellia
Du 21 mars au 6 avril 2014, vous pourrez découvrir toute la richesse des Camellia. Vous vous baladerez parmi la collection de Camellia rustiques. Le Camellia se plante au Nord-Ouest, en terre dite de bruyère car il n’apprécie pas le calcaire. L’arrosage est primordial ainsi que le paillage du sol, car la terre de bruyère a tendance à dessécher rapidement. Pas d’eau calcaire. Ne pas oublier les Camellia sasanqua qui fleurissent à l’automne. Ce sont des arbustes au feuillage persistant, ils se plaisent dans un sol frais à mi-ombre. Ils ont besoin d’un peu de soleil pour bien fleurir. L’Ouest est parfait. En revanche, ni les vents froids ni l’Est ne leur conviennent. Protéger les racines avec un paillage. En cas de fortes intempéries, la pose d’un voile horticole peut s’avérer utile.
Vous aimez les Camellia, rejoignez l’Association Internationale du Camellia (www.internationalcamellia.org).
 
Atypique
Souvenirs et expériences glanés outre-Manche aident M. Coquette à développer la jardinerie de façon à en faire un lieu différent de tous les autres. En toute logique, l’assortiment en végétaux est prépondérant puisque c’est chez lui une passion. Mais il n’y a pas que cela. Le conseil, l’échange, la disponibilité et l’accueil sont à ses yeux tout aussi fondamentaux. Il privilégie la relation à chacun. Il n’est pas rare de le voir entouré d’un aréopage de clients attentifs qui s’élargit au fil de ses recommandations. Chacun trouve réponse à ses questions grâce à une équipe motivée et compétente. Un lieu où l’on se sent bien, où l’aspect humain et artisanal si nécessaire au jardinier est sauvegardé. Une autre façon d’envisager les choses.
 
Newsletter
Le Garden Center Coquette édite depuis plus de dix ans des petits journaux pleins d’idées et de suggestions mis à la disposition de la clientèle. Les nouvelles technologies sont passées par là. Dorénavant, si vous le souhaitez, vous pouvez recevoir une newsletter par mail. Celle de février 2014 est à votre disposition. Voici un exemple parmi les nombreux conseils qu’elle dispense au lecteur en cet hiver bizarre : “Tenir à l’œil la végétation qui a pris de l’avance. Si de brusques changements de température sont annoncés, posez un voile d’hivernage sur les plantes les plus sensibles. Il protégera les boutons floraux un peu précoces et leur évitera d’être brûlés par le gel”.
 
Architecte de jardins
Jules Buyssens (1872-1958) est l’un des tout premiers architectes paysagistes belges. Après avoir été le principal collaborateur d’Edouard André à Paris, il s’installe en Belgique créant sa pépinière au Fort-Jaco, et réalise de nombreux jardins privés dont celui d’Alice et David Van Buuren, à Uccle. Il est nommé, en 1904, inspecteur des plantations de la ville de Bruxelles. L’apogée de sa carrière fut la création des jardins de l’exposition universelle de 1935 au Heysel. Il est le fondateur d’un important mouvement artistique de l’art des jardins, “Le Nouveau Jardin Pittoresque”, et de l’Association Belge des Architectes de Jardins.
 
 
Garden Center Coquette
Avenue de la Forêt de Soignes, 349-357 à 1640 Rhode-Saint-Genèse
Tél. 02 358 11 77, www.coquette.be
Ouvert du mercredi au samedi de 9 à 18h. Ouvert également le mardi de 9 à 16h et le dimanche de 10 à 13h de mars à fin juin et d’octobre à Noël.
 
 
Ph.: Y. Coquette

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