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03/03/2014

Saksen, le grand retour

La Libre, Momento, Vie de château, Saksen, BeverenAbandonné pendant près de 25 ans, ce petit château a été restauré entre 2002 et 2005 par les pouvoirs publics. Beveren-Waes gère trois domaines. Voici le premier.
 
Philippe Farcy


POUR LES ANVERSOIS DU SUD-OUEST, Beveren et le pays de Waes sont des zones de grand air, moins boisées que les étendues immenses qui filent depuis le canal Albert jusqu’à la frontière néerlandaise, au Nord et à l’Est. Mais Beveren ce n’est pas Anvers et sa province mais bien celle de la Flandre orientale. Ici, nous sommes sur Haasdonck, une partie de Beveren.
 
Beveren, l’une des nombreuses seigneuries des princes d’Arenberg qui possédaient les trois quarts des zones marécageuses du pays de Waes, est une commune riche de trois châteaux. Ils sont tous les trois dans les mains de l’entité qui les a restaurés dernièrement avec l’aide de la Région flamande. Celui-ci a été remis en état il y a très peu de temps et a retrouvé ses formes altières alors qu’il tombait totalement en ruine. Le deuxième autre, c’est le château de Cortewalle qui sert de siège au cercle historique local et de lieu culturel divers et varié. Le troisième est celui de “Ter Welle”.
 
 
Le Hof ter Saksen jouit d’un parc de 13,5 hectares, d’une histoire longue et dense (mais sans qu’il s’y soit passé des faits bien remarquables), et d’un entretien parfait. Sa restauration a coûté près d’un million et demi d’euros, parc compris. On y prend garde désormais. L’orangerie a été restaurée entre 2010 et 2011 pour un peu plus de quatre cent vingt mille euros. Les dépendances furent restaurées un peu avant pour un montant de trois cent mille euros. La firme de Jan Frateur était aux commandes des restaurations.
 
En 1989, Paul Arren avait tracé le portrait du château de Saksen sur de nombreuses pages généalogiques qui en disaient long sur l’intérêt esthétique et historique du lieu.
 
À Beveren, le château principal dit “Beverenbroeck” n’est plus de ce monde. Il était d’époque médiévale et n’est connu que par une gravure. Il en imposait par sa taille et ses tours engagées, le tout en briques. Domaine des comtes de Flandres, résidence d’Alexandre Farnèse, duc de Parme en 1584, le château fut détruit en 1652, semble-t-il, après avoir trop souffert des guerres de religions.
 
 
Au Hof ter Saksen, rien de tout cela. On est dans un monde qui cultive la grâce et le raffinement, hérité du XVIIIe siècle dont les formes opposent une certaine rigueur de façades à un jeu de toitures qui frôle l’extravagance. On n’ose imaginer ce que devaient être les décors intérieurs anciens. Il ne reste pas grand-chose de tout cela du fait de l’incroyable abandon dont le château fut l’objet.
 
Le château est de plan massé, posé au cœur du parc, loin de la voirie mais bien visible depuis celle-ci. Il monte sur deux niveaux et demi, installés sur un soubassement épais de caves et de services, sous une toiture en pavillon posée en retrait des corniches pour en alléger l’apparence. On remarquera les oculis circulaires ceinturés de guirlandes. Les façades enduites et peintes possèdent du côté de leurs accès aménagés de beaux perrons, des avant-corps importants. L’un comme l’autre permettent à leur travée centrale de soutenir deux clochetons arrondis. Le plus simple est formé d’un seul bulbe. L’autre grimpe vers le ciel sur quatre niveaux. Leurs bases sont ouvertes par des œils-de-bœuf ovales. On voit donc que, malgré un état catastrophique, il est possible, quand on le veut, de sauver un patrimoine affecté par l’abandon, les disputes juridiques en l’espèce, ou le je-m’en-foutisme comme en d’autres cas célèbres.
 
 
Paul Arren signale que le site était jadis occupé par une ferme dite “Het Schaak” dont l’écriture a évolué avec le temps pour devenir ce que l’on sait. Les lieux furent occupés dès 1447 par Jan Vydt et sa femme, Agnete van Voorhoute. En 1590, on y trouvait Gilles van Wolfswinkel. Gregorio del Plano suivit alors; il était surintendant chargé de la surveillance des digues. En 1660, ses héritiers vendirent le bien à Pierre-François Piers, qui le céda en 1699 à Matthias van der Burcht. En 1782, le bien passa aux Versmessen, dont Jean-Baptiste était échevin du pays de Waes. C’est sous son temps que l’on érigea le nouveau château que l’on revoit avec bonheur; il date des années 1804-1805. Après les Versmessen arrivèrent ici les Schoutheete de Tervarent qui vendront le château en 1961 au dernier propriétaire privé, à savoir A. Meert, industriel. Le domaine est classé depuis 1980 (ce qui n’a pas empêché l’effondrement presque total de l’édifice). Visites possibles.
 
 
Ph.: Sir Andro

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