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04/03/2014

Et si on allait trabouler à Lyon…

La Libre, Momento, Escapade, Lyon, fête des lumièresIl y a bien sûr la gastronomie qui vaut le voyage à elle seule. Mais la ville entre Saône et Rhône, avec ses vieilles ruelles, se découvre à pied été comme hiver.
 
Jean-Paul Duchâteau


ON N’EN CONNAÎT GÉNÉRALEMENT que les bouchons sur la route des vacances, pour passer dans le maudit “tunnel sous Fourvière”, du nom de la colline qu’il traverse, alors qu’à son sommet trône une magnifique basilique dédiée à Marie, ainsi qu’un saisissant point de vue sur la ville. Lyon, troisième agglomération de France après Paris et Marseille, vaut en fait beaucoup mieux que cela. On l’a découverte en décembre dernier, à l’occasion de la traditionnelle “fête des lumières” (voir ci-contre). Et on a tout de suite été sous le charme, se promettant d’y retourner en famille une fois le printemps venu.
 
D’abord, il y a l’ambiance. Lyon n’est pas du Nord, et pas encore tout à fait du Sud. Elle a la particularité de s’être développée d’Est en Ouest, sans effacer les traces de son passé. C’est ainsi que sont encore visibles tous les styles architecturaux apparus de l’époque carolingienne à la fin du XVIIIe siècle. Aussi, il ne faut pas hésiter à quitter le centre, dans la presqu’île située entre le Rhône et la Saône jusqu’à ce qu’ils se rejoignent dans le quartier de la Confluence, récemment développé. Par exemple, c’est en montant, par un demi-millier d’escaliers (mais aussi en voiture ou par les transports en commun !) sur une des deux collines de la ville, celle de Fourvière, qu’on y découvrira le meilleur panorama, avec une préférence pour le matin, quand la lumière est si belle, et pour le début de soirée, quand la ville s’illumine peu à peu, tout l’éclairage public étant de couleur rouge.
 
 
Mais Lyon, c’est aussi – par définition – la gastronomie. On peut évidemment s’en passer, si on n’aime pas cela, mais ce serait fort dommage. La ville regorge de restaurants, mais il faut se concentrer sur ceux qui proposent des spécialités régionales. Incontournable, le porc dans tous ses états (“tout est bon dans le cochon”), des joues aux pieds, en passant par les charcuteries et par les plus nobles morceaux, mais aussi par les entrailles. C’est de là qu’arrivent les fameuses andouillettes, meilleures au goût qu’à l’odeur, affirment ceux qui en ont goûté.
 
À ce propos, on doit évidemment parler des “bouchons”, à l’origine des cantines que fréquentaient les ouvriers de la soie (canuts), les chevillards et les imprimeurs. On en croise des dizaines, au fil des pérégrinations (“déambulations”, disent les Lyonnais). Mais la plupart se sont attribué le titre sans en respecter la tradition. Depuis peu, l’Office du tourisme peut fournir une liste d’une vingtaine de bouchons qui ont reçu un label agréé et qui délivrent de vrais plats lyonnais accompagnés de “pots” (46 cl) et de “fillettes” (22 cl) issus du Beaujolais voisin, ou des Côtes-du-Rhône.
 
Et puis, évidemment, il y a Paul Bocuse, le chef qui a fait la réputation gastronomique de Lyon mais aussi celle, internationale, de la France. Son auberge, le Pont de Collonges, est située sur le Mont d’Or. Dès 1932, il a reçu trois étoiles au Michelin, qui ne l’ont pas quitté depuis. Octogénaire aujourd’hui, il n’est évidemment plus aux fourneaux, mais il accueille ses clients dans le restaurant. Parmi les nombreux plats qu’il a inventés et qui sont aujourd’hui servis dans tous les coins du monde, les amateurs plébiscitent la “volaille demi-deuil”, un poulet de la Bresse voisine truffé entre la peau et la chair. Pour permettre à tous de goûter du “Bocuse”, il a créé quatre brasseries aux points cardinaux de la ville, mais aussi un lycée où sont formées de jeunes recrues. Sa stratégie culinaire ? “Il faut laisser aux choses le goût qu’elles ont.” Une profession de foi partagée par de nombreux Lyonnais, mais aussi par les visiteurs.
 
 
Les lumières à la fête
 
Chaque année, autour du 8 décembre, et pendant quatre jours, la municipalité de Lyon et plusieurs sponsors organisent les “fêtes des lumières”. Dans toute la ville, mais aussi dans ses faubourgs, on peut assister à des dizaines de scénographies, basées bien sûr sur la lumière, qui illuminent les bâtiments officiels ainsi que les “murs peints”, nombreux dans la cité entre Rhône et Saône. L’édition 2013, à laquelle nous avons assisté, s’est révélée impressionnante et innovante. La tradition est née en 1852. Les autorités veulent alors célébrer Marie pour honorer un vœu fait en 1643, pour avoir épargné la ville de la peste. L’inauguration d’une statue de la vierge, située à côté de la basilique, sur la colline de Fourvière, doit avoir lieu le 8 décembre mais le mauvais temps fait annuler la cérémonie, pour la deuxième fois. Mais, miracle, l’orage s’éloigne et les Lyonnais, tout heureux, remercient le ciel en allumant des feux de Bengale et des lumignons (verres garnis d’une bougie) à leurs fenêtres. Depuis, la tradition s’est perpétuée et amplifiée, même si certains Lyonnais boudent désormais la fête qui serait devenue à leurs yeux trop commerciale.
En effet, ce sont plus de trois millions de personnes, du cru mais aussi de l’Europe tout entière, qui ont déambulé dans les rues ces jours-là. Il est donc préférable de visiter les premier et dernier jours, moins fréquentés. Si on veut assister à l’édition 2014, il faut réserver son hôtel avant avril.
 
 
Ph.: Tristan Deschamps/Lyon Tourisme et Congrès

Commentaires

Lyon est en effet une ville pleine de charmes, dans laquelle j'ai eu la chance de faire un stage pendant plusieurs mois : un des meilleurs moments de ma vie étudiante.
C'est très dynamique, tout en ayant moins d'inconvénients que la vie Parisienne, bien trop bruyante et stressante à mon goût (après, il faut aussi choisir les bons coins, comme dans toutes les villes !).

Écrit par : Martin | 28/04/2014

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