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25/03/2014

Un brin de fraîcheur ludique

La Libre, Momento, Ludo, Cannes 2014, As d'or, Riff RaffLe printemps des jeux passe par Cannes, avec des palmes évidemment.

Maître du jeu: Yves Cavalier, à Cannes


LE FESTIVAL INTERNATIONAL du jeu s’est déroulé à Cannes au tout début du mois de mars. Après Essen et Nuremberg en Allemagne, Cannes s’impose désormais comme la troisième capitale européenne du jeu de société. D’autant que ce Festival, devenu incontournable, attribue lui aussi ses palmes aux meilleurs jeux du moment. De quoi attirer une foule inhabituelle dans les coursives d’un espace qui, quelques jours plus tard, accueillait le salon de l’Immobilier (Mipim) et dont les marches au tapis rouge ont plus l’habitude d’accueillir les stars du 7e art que la phalange très colorée de Playmobil géant qui avait envahi les lieux.
 
Le Festival international du jeu de Cannes, c’est en quelque sorte le printemps ludique. Avec lui, on découvre peu de grandes nouveautés. Elles ont été révélées à Essen en novembre ou à Nuremberg en février. On se retrouve ici dans un univers plus éloigné des “gamers” mais plus proche du grand public. D’où le vent de fraîcheur qui souffle sur la Croisette pendant ce long week-end, car il met en valeur des jeux qui sont souvent plus accessibles, plus familiaux.
 
La preuve en est le Palmarès 2014. On ne parle pas de Palmes ici mais bien d’As d’Or. Trois grandes catégories de prix sont attribuées : l’As d’Or “grand public”, celui de la catégorie “enfant” et enfin le trophée des “experts”. À cela s’ajoute encore un prix spécial pour le coup de cœur du jury. Ce dernier a été accordé cette année à “Bâtisseurs Moyen Âge” (de Frédéric Henry chez Bombyx), un jeu de cartes plein de subtilités sur lequel on aura l’occasion de revenir.
 
Mais on a surtout remarqué que le trophée “grand public” a été décerné à “Concept”, un jeu signé Alain Rivollet et Gaëtan Beaujannot et (cocorico) édité par les Belges de Repos Production qui ont décidément le nez fin. Ils avaient déjà été primés en 2010 à Essen et à Cannes en 2011 avec “7 Wonders” d’Antoine Bauza. Autant dire que voilà une affaire qui tourne : “Concept” est désormais traduit en 8 langues et plus de 50 000 exemplaires sont partis dans le monde, jusqu’aux États-Unis ou en Corée du Sud. On a déjà évoqué ce jeu ici : il s’agit de faire deviner un mot, une expression à ses partenaires en utilisant des symboles, des logos, des concepts. C’est universel et ça fonctionne en famille et entre amis.
 
Et un cocorico encore pour le prix des “experts” puisque, ici, c’est un autre jeu créé en Belgique qui a décroché la palme : “Bruxelles 1893” a effectivement séduit par la qualité de ses graphismes et la subtilité de sa mécanique. Le jeu d’Étienne Espremann édité par le Tournaisien Pearl Games simule une compétition entre architectes au temps d’Horta et de la splendeur de l’Art nouveau. Un jeu tactique mais exigeant et qui occupera facilement trois heures d’une après-midi pluvieuse comme Bruxelles peut les proposer…
 
 
Riff Raff sur l’océan. C’est pourtant gai !
Imaginez un grand bateau de bois avec un mât puissant qui s’efforce de pointer vers le ciel. Et ce n’est pas facile car la mer est démontée et le bateau tangue de tribord à bâbord et de poupe en proue, comme s’il était prêt à disparaître sous les flots, non sans avoir auparavant perdu sa précieuse cargaison. Et vous dans tout ça ? Vous essayez de charger toujours plus ce navire en perdition au risque de perdre la cargaison et la partie…
Voilà donc le jeu qui a remporté le prix de la catégorie “enfant” à Cannes 2014. Et c’est largement mérité. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer le regard émerveillé de ces petits mousses qui prennent la mer l’espace d’une partie. C’est drôle, c’est subtil, c’est tendu et ça débouche toujours sur des éclats de rire.
Le superbe matériel en bois de grande taille renforce encore l’immersion dans l’univers marin où les plus petits ont autant de chances que les plus grands de remporter la victoire.
La procédure est simple. Chacun dispose d’une série de cartes numérotées de 1 à 10. On désigne un capitaine et chaque joueur choisit une de ses cartes simultanément. En cas d’égalité, le capitaine tranche et c’est le chiffre le plus élevé qui pose sa marchandise en premier. Mais le chiffre le plus élevé correspond aussi à la partie la plus élevée, et donc la plus sensible du bateau posé en équilibre. Alors, vaut-il mieux miser gros et jouer en premier, ou miser plus bas au risque de voir les bonnes places occupées ? Un jeu superbe de Christoff Cantzler (Zoch/Gigamic). Env. 40 €.
 
 
 
As d’Or Jeu de l’année “grand public”
2014: Concept. Le principe du jeu, sa simplicité de mise en route et son caractère universel expliquent certainement le coup de cœur du jury pour Concept, un jeu d’ambiance qui favorise le débat et la communication.
2013: Andor. On est cette fois dans un univers de conquêtes médiévales et de fantaisie. Des chevaliers, des orcs et même un dragon. L’originalité : on joue en même temps qu’on découvre les règles. Ce qui le rend aisément accessible.
2012: Takenoko. Un jeu fait sur mesure pour Pairi Daiza puisqu’il relate les aventures d’un panda glouton dans des forêts de bambous.
 
As d’Or Grand prix “Experts”
2014: Bruxelles 1893. On n’a pas fini d’en parler de ce Bruxelles dédié à l’art nouveau. Le succès était déjà au rendez-vous bien avant Cannes. Mais certains ont été déçus : ils s’attendaient à un jeu familial sur la découverte des bâtiments de Victor Horta et de ses élèves. En réalité, il s’agit d’un jeu de haute stratégie pour joueurs avertis.
2013: Myrmès. Un jeu de simulation qui oblige le joueur à se mettre dans la peau d’une fourmi et de gérer sa survie. Fascinant et élégant.
2012: Olympos. Philippe Keyaerts, le Belge de Vinci et de Small World notamment, est l’auteur de ce jeu de gestion très stratégique.
 
As d’Or Jeu de l’année “Enfant”
2014: Riff Raff. Voilà le genre de jeu qui est fait pour réunir les plus jeunes et leurs parents autour d’une même table. Le matériel est beau, mais le jeu est plus subtil qu’il y paraît car il faut apprendre à doser le risque. Une véritable réussite qui renouvelle le genre du jeu d’adresse.
2013: Top Tipini. Grande marque du jeu de société, Ravensburger a tapé dans le mille avec ce combat entre une souris et des chèvres dévoreuses de racines. Défaut ? Tous contre un.
2012: Rik le géant. Un jeu Haba, garantie de qualité. Des nains se hissent sur les épaules d’un géant pour atteindre plus vite le trésor.
 
Ph.: ART-Amie

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