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22/03/2014

Se mettre au vert… en vert et contre tout

La Libre, Momento, Dehors, jardin, vertAuriez-vous la main verte, les doigts ou même les cheveux verts comme Patrick Blanc – c’est un comble –, le créateur des murs végétalisés ?

Au vert: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


VOUS L’AUREZ COMPRIS, le fil rouge de ce samedi est bien… vert. Le symbole des acteurs de l’écologie, la couleur dominante du règne végétal, de la planète jardin. Sa toile de fond. Disséminées çà et là, autour et parmi elle, les autres couleurs sont plus dynamiques. Le vert les isole, les lie, les harmonise et les unifie. Intermédiaire entre le bleu et le jaune, il évite toute discordance. Personne ne peut nier son importance. Ses pigments végétaux plus doux que les artificiels s’intègrent parfaitement à l’environnement et font de la nature un lieu calme et reposant.
 
Les feuillages sont la base de la couleur verte. Leur fonction est vitale. Et leur intérêt imbattable, surtout lorsque le végétal ne fleurit pas. Par exemple, la fougère. Mais attention, celui qui fleurit reste tout de même vert la majeure partie du temps. Le jardinier se trompe lorsqu’il se focalise uniquement sur les seules floraisons, beaucoup plus éphémères. À méditer. Au jardin, les harmonies entre les feuillages se mettent en place presqu’automatiquement. Ils sont en majorité dans le même nuancier. Seule l’intensité des tons varie selon les plantes. Certains feuillages comme celui du laurier restent vert vif et reflètent la lumière alors que d’autres, plus sombres, semblent l’absorber tel celui du marronnier.
 
Le vert est un des premiers éléments structurants du tableau paysager. Il adoucit les lignes strictes et assure la transition, le trait d’union, entre béton et nature. Il met en valeur les massifs, équilibre leurs masses, tout en créant une atmosphère de sérénité. La respiration du jardin. À l’inverse d’un peintre qui dispose d’un choix illimité, ici on est obligé de travailler à partir de cette couleur. Déclinée en tapis, haie ou bordure, elle représente la teinte la plus facile à gérer.
 
Les verts
 
Jouez sur les différents tons de vert. Vert amande, émeraude, jade, olive, tilleul, vert-de-gris soit à identifier sur les étiquettes aerugineus, vert vif ou laetevirens, cru, acide, vert d’eau ou glaucescens, vert bouteille. Autant de nuances variant, s’estompant avec le gris ou s’illuminant avec le blanc. Le vert et le blanc se marient précisément de façon particulièrement agréable dans les lieux ombragés. Ensemble, ils leur donnent un peu de peps. Les floraisons blanches – un manque de pigmentation – ne sont jamais immaculées, elles se teintent toujours d’un brin de vert. En revanche, le vert paraît plus sombre en compagnie de fleurs violettes ou bleu foncé telles que géraniums vivaces, Nepeta et iris. En réalité, la gamme reste toujours au service des autres couleurs. La brillance et l’intensité des feuillages tentent à les renforcer ou les adoucir.
 
Le vert sur le vert
 
Ou le comble de la sophistication ! C’est peut-être l’art du bouquet qui a donné aux fleurs vertes bien trop discrètes leurs lettres de noblesse. Au jardin, les hellébores, Helleborus corsicus et foetidus, et les euphorbes dont l’admirable Euphorbia characias, vert-jaune, formant au printemps de véritables petits buissons. L’un ou l’autre perce-neige à la tenue presque entièrement verte, l’Aquilegia viridiflora, l’Astrantia ‘Shaggy’ ou le tabac ‘Lime Green’. Et l’étonnant rosier Rosa ‘Viridiflora’, une fantaisie de la nature due à une mutation naturelle d’un rosier de Chine. La seule rose verte de l’univers ! Cette particularité s’explique par l’atrophie des pétales, en fait des sépales comme des écailles vertes parfois striées de bronze et de rose.
 
Les persistants
 
Les feuillages sempervirens contribuent à former l’ossature du jardin, surtout en hiver. Ils ponctuent l’ensemble même s’ils se font parfois oublier le printemps venu. La diversité de leurs formes et de leurs textures écarte toute monotonie. En première ligne, les buis et ifs très classiques mais également les houx, conifères, fusains, chèvrefeuilles, lauriers, camélias et j’en passe. Le laurier-palme, sans doute désuet, peut se moderniser moyennant une coupe nouvelle vague, toute ondulante. Le laurier-tin, Viburnum tinus, plus élégant, doit être protégé des vents froids; celui du Portugal, Prunus lusitanica est bien résistant malgré son nom. L’aucuba, malgré sa mauvaise réputation – tout est affaire de goût –, peut se révéler assez convaincant et, tacheté de jaune, il devient même lumineux. Il ne dérange personne dans un coin à l’ombre et fait souvent l’affaire comme base des grands bouquets. Sans oublier le lierre, une valeur sûre. Bouche-trou irréprochable.
 
Les gazons
 
Qui dit vert au jardin pense sans hésiter au gazon. À sa simple évocation, vient l’idée d’un tapis de verdure impeccable, avec ses bandes rectilignes, véritables œuvres d’art que seuls les Anglais savent mettre en musique. D’autres en revanche, moins poétiques, ne songent qu’aux rugissements disgracieux de la tondeuse troublant l’heure de la sieste. Toujours est-il que cela fait des siècles qu’on ne peut plus se passer d’une pelouse, une vraie source de plaisir pour les enfants. Qu’on le veuille ou non, la pelouse restera dans un jardin l’aménagement number one de base. Vive les tondeuses “tortues”, ces petits robots qui se débrouillent seuls sans faire de bruit. Vive l’odeur de l’herbe coupée.
 
Les engrais verts
 
Verts, les engrais ? À ne pas confondre avec le compost. Il s’agit ici d’une culture que l’on décide de faire pousser sur un terrain nu avant de l’enfouir pour enrichir la terre en matières organiques. Son rôle consiste à protéger le sol contre les intempéries et le soleil, augmenter sa quantité en humus, réactiver les éléments nutritifs entraînés en profondeur, enrayer le développement des mauvaises herbes et drainer la terre en améliorant sa structure. Les engrais cherchent à favoriser l’activité biologique et la présence des vers de terre. Que du bonus. À la différence des engrais chimiques dont l’action est passagère, les engrais verts agissent à long terme en apportant une bonne dose d’humus, clef de fertilité du sol. S’il est acide, le sarrasin ; s’il est basique, la vesce. Quant à la phacélie, elle favorisera la présence des papillons, et la moutarde, championne en rapidité de croissance, se mettra à toutes les sauces.
 
 
Ph.: MNC & MPV

16:02 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, jardin, vert | |

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