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23/03/2014

Retour au potager  !

La Libre, Momento, Derrière l'écran, émission, télé, jardinage, Jardins & Loisirs, Silence ça pousse!Depuis 17 ans, Luc Noël présente le dimanche sur La une, désormais vers 17 h 30, l’émission “Jardins & Loisirs”, qui continue de séduire. Il porte un regard d’expert sur l’explosion du jardinage dans le grand public…

Entretien: Hubert Heyrendt


DIX-SEPT ANS QUE "Jardins & Loisirs" passionne les téléspectateurs de la RTBF. Jardinant chez lui, Luc Noël s’est tout simplement dit un beau jour que ce serait intéressant d’avoir un cameraman et un preneur de son ! Il propose l’idée à la RTBF fin 1996 pour combler un trou dans la grille. En février 1997, son magazine est à l’antenne  ! Aujourd’hui, “Jardins & Loisirs” est un succès, avec “entre 130 000 et 180 000 téléspectateurs tous les dimanches”, explique fièrement son présentateur. Soit environ 15  % de parts de marché. “L’émission n’est nullement menacée  ! L’équipe se renforce même, avec un nouveau réalisateur, un nouveau générique pour la rentrée… Mon équipe et moi avons toujours autant de projets et d’enthousiasme à partager notre passion des plantes.”
 
Luc Noël se félicite bien entendu de cette longévité à l’antenne; il avoue l’avoir souhaitée. “Dès le début, on voulait que l’émission dure le plus longtemps possible, que ce ne soit pas un effet de mode. Le jardinage est devenu un loisir de premier plan car il s’agit d’un antidote contre une vie pleine de stress. C’est un contrepoint important, cela rend un contact avec la nature. Au jardin, comme en cuisine, on vit au rythme des saisons, le temps y passe sans urgence. On doit se vider l’esprit pour se concentrer sur ce qu’on fait, on élimine la tension. Et on est créatif, ce qui est de moins en moins autorisé dans la vie courante…”
 
 
Depuis près de 20 ans, beaucoup de choses ont changé. Comme la cuisine, le jardinage s’est imposé comme un loisir très grand public. Une tendance que l’on observe un peu partout en Europe, avec le développement d’émissions de jardinage de la Flandre à la Grande-Bretagne en passant par l’Italie ou la France (cf. ci-contre). “Au niveau des évolutions, on a d’abord vu l’apparition des pièces d’eau au jardin, puis celui-ci est devenu une pièce supplémentaire de la maison. On part même en vacances dans son jardin, avec des cabanes habitables par exemple. On y installe un bureau, on y fait de la musique, de la peinture, de la couture…”
 
Mais la grande évolution des dernières années accompagne la vogue de la cuisine  : c’est le retour du potager ! “On cultive des légumes au jardin mais aussi sur les terrasses et les balcons en ville. Si on fait son potager, c’est parce qu’on veut du bio et de la fraîcheur. Et puis, on veut sortir des sentiers battus, planter d’autres variétés que celles qu’on trouve dans les supermarchés : des tomates qui ont du goût, des laitues asiatiques, des piments… On remarque aussi un grand intérêt pour les variétés locales, régionales, comme les pois serpette de Malines, le poireau gros vert de Huy, la mâche de Comines…”
 
 
Ce qui plaît à Luc Noël dans ce retour au potager, c’est qu’il est porté par d’autres valeurs. “Avec le jardin ornemental, on était dans le repli sur soi, on cherchait un espace de quiétude. Le potager, c’est un tout autre esprit, plus coopératif, convivial, avec des potagers communautaires par exemple. Cela devient un lieu d’entraide, d’échanges.”
 
Pour coller à cette tendance forte, l’émission accueillera d’ailleurs prochainement une nouvelle chroniqueuse, Anne Warnotte, maraîchère. “On redécouvre une vraie diversité. C’est phénoménal  !, s’enthousiasme Luc Noël. Et puis ce qui est formidable, c’est qu’il y a aujourd’hui un nouveau public, sans aucun a priori. Tout le savoir-faire classique a été oublié par une ou deux générations. Aujourd’hui, on a donc de nouvelles tendances, de nouveaux courants, comme les potagers en carrés ou en bacs, sans sol, sur les toits d’immeubles. On a aussi les jardins-lasagnes, où l’on composte en couches, où l’on fait déjà pousser des légumes. Ou encore la permaculture, qui consiste à planter directement dans la nature…”
 
 
À l’antenne, “Jardins & Loisirs” nous emmènera ce dimanche à l’arboretum provincial d’Eecklo pour un sujet sur la floraison printanière. La semaine prochaine, place aux fleurs à bulbes au château de Grand-Bigard. Luc Noël annonce également des tournages, cet été (pendant la période de rediffusions), dans de prestigieux jardins anglais du Dorset et du Somerset. Tandis que l’équipe proposera également, comme l’année dernière, une série de huit émissions consacrées au “city jardinage”. On suivra ainsi la transformation du toit d’un immeuble en un jardin, avec un espace potager, un autre pour les plantes vivaces… Bourré d’enthousiasme, Luc Noël est en tout cas prêt à re-signer pour 17 ans  !
 
 
 
La Libre, Momento, Derrière l'écran, émission, télé, jardinage, Jardins & Loisirs, Silence ça pousse!“Le végétal rend le monde possible”
 
Depuis 1998, “Silence, ça pousse !” imaginé par le décorateur de théâtre Stéphane Marie a étendu son champ d’action. France 5, mercredi, à 21 h 40.
 
Stéphane Marie est décorateur de théâtre lorsqu’en 1998 la maison de production CBTV fait appel à lui pour élaborer un pilote de “Silence, ça pousse !”. Le passionné de jardinage y trouve un terreau fertile. La première version, de 13 minutes, compile en voix off de courts sujets. “J’ai écrit 700 sujets en 4 ans. Un magnifique apprentissage. J’ai découvert les livres et les encyclopédies, et j’ai pu croiser les expériences dans les potagers”, confie le rédacteur en chef.
 
En 2002, France 5 arrête les programmes courts. Stéphane Marie propose un 26 minutes, qu’il anime avec Noëlle Bréham. Le duo fonctionne toujours dans une présentation enjouée et fantasque. En 2010, le format de 45 minutes va leur permettre d’aborder “davantage de sujets, d’avoir une ouverture sur les différents champs du végétal, et sur la place, symbolique et réelle, qu’il peut prendre dans la société. Ou comment le végétal rend le monde possible”, philosophe le jardinier. Paradoxe. Alors que le monde s’urbanise de façon effrayante, c’est incroyable la place que l’on donne aux plantes, dans des lieux improbables, sur des toits d’immeubles, avec de l’agronomie urbaine On se pose aujourd’hui des questions qu’on ne se posait pas il y a dix ans. Tout juste se battait-on pour interdire la coupe des arbres.”
 
Le développement durable est au cœur de ce magazine qui s’étale aujourd’hui sur 50 minutes, rassemblant en moyenne 525 000 téléspectateurs le mercredi soir (pour une part d’audience de 2  %), plus 326 000 curieux en rediffusion le samedi à 10h20, et 214 000 le dimanche à 7h50. “Les plantes, c’est la seule chose renouvelable. Et pourtant, on n’aurait jamais pu vendre une émission qui parle d’écologie. On accompagne les gens avec des conseils pratiques dans mon jardin de Normandie où on aime bien rigoler, on va voir des passionnés, on visite des jardins en France, en Europe ou ailleurs, et on fait du relooking.”
 
Le relooking de jardins existe depuis 20 ans sur la BBC. Le jardinier, qui excelle dans les croquis de bordures et platebandes, soumet l’idée à France 5 en 2002, et obtient le feu vert en 2007. Sur les 40 000 demandes de particuliers, seules 33 sont acceptées chaque saison, en fonction du lieu, de la surface, de l’intérêt et de la faisabilité, puisque nous n’avons qu’une journée pour réaliser le projet ”. Budget par jardin : entre 1000 et 1500 euros pour les plantes et les accessoires. On ne fait pas des trucs énormes, on ne dépossède pas les gens de leur jardin comme d’autres les dépossèdent de leur maison…
 
Stéphane Marie accueille l’émission dans la vieille ferme familiale où il a grandi.Il y a beaucoup de terrain, avec des endroits très différents, certains n’étant plantés que d’arbres, d’autres étant tondus deux fois par an ou entretenus toutes les semaines. Au départ, mon jardin était très plat. Depuis, les haies et les arbres ont poussé…L’amoureux des camélias, des rhododendrons et des magnolias rappelle que la première des vertus est la constance. Avec les plantes, il ne faut pas lâcher, sinon elles meurent, sans appeler au secours. Il faut savoir les écouter, les regarder, les comprendre”. Et s’autoriser la fantaisie.
 
Le 16 avril prochain, “Silence, ça pousse !” célébrera le printemps avec une spéciale consacrée au réaménagement d’un parc en salon de lecture extérieur, aux abords de la bibliothèque de Champagne-sur-Oise, au nord de Paris. Une entreprise collective qui a donné envie à Stéphane Marie de s’aventurer sur d’autres terrains, sans toutefois toucher à “Silence, ça pousse !”.
Caroline Gourdin
 
 
Ph.: RTBF et France 5

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