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29/03/2014

Les couvre-sol, une nécessité

La Libre, Momento, Dehors, couvre-sol, jardin, plantesLe jardin sans peine a le vent en poupe. Entendez par là, le jardin à entretien minimum. L’usage des plantes couvre-sol fait partie de cette mouvance afin que désherbage ne rime plus inéluctablement avec jardinage.

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


BIEN AU-DELÀ D’UNE SIMPLE tendance, l’emploi de couvre-sol est un impératif dans la plupart des jardins. Le temps à consacrer au sarclage, binage se réduit comme peau de chagrin et, pour être honnête, l’envie aussi. Toute aide auxiliaire permettant d’échapper à ce pensum est donc bienvenue. Finie la terre nue. Le cœur du jardinier d’aujourd’hui est conquis par toutes les formes de couverture du sol, paillage compris. L’astuce est de trouver, pour chaque situation, la plante adéquate. Et éviter de la sorte toute dépense d’énergie inutile.
Dans l’ensemble, ces fameux couvre-sol sont des plantes aptes à remplir des tâches assez ingrates et à couvrir la terre au point de la faire oublier. Un peu “passe-partout”, voire “bonnes à tout faire”, elles peuvent à l’utile joindre l’agréable par de jolies floraisons et de beaux feuillages. On ne peut qu’être séduit.
 
 
Fiche d'identité
 
Qui range-t-on vraiment sous ce vocable ? Une foule de végétaux peuvent un jour rejoindre cette catégorie. Tout dépend de l’emploi qu’on en fait. Plantes rampantes, tapissantes, arbrisseaux nains, plantes vivaces, ligneuses ou herbacées, graminées, conifères, tels sont les végétaux qui peuvent être qualifiés de “couvre-sol”. Le choix est immense. Aucune liste exhaustive possible. En règle générale, l’imagination du jardinier est assez fertile en cette matière. Néanmoins, il est préférable de choisir des plantes accommodantes et d’écarter sans états d’âme les capricieuses. Sauf dans les espaces plus réduits où davantage d’attention et de soins peuvent leur être consacrés. Avoir bon caractère, voilà donc ce qu’on est en droit d’attendre d’elles. Pousser sans trop rechigner. Leur mission est de couvrir des surfaces plus ou moins importantes assez rapidement. Et, dans certains cas, c’est là tout le paradoxe, redoutable d’efficacité, leur exubérance devient débordement puis invasion…
 
Plantation
 
Ces plantes ne demandent pas de conditions particulières à la plantation. Le terrain doit avoir été nettoyé et ameubli, comme c’est toujours le cas. Chiendents, pissenlits, liserons auront été éradiqués. Sous peine de les voir réapparaître. Il est utopique de penser que vos nouvelles plantations les feront disparaître en les couvrant de leur ombre. Ce serait trop beau. Une fois le parterre terminé, ils seront encore plus difficiles à éliminer. Les végétaux sont le plus souvent livrés en pots ou en godets selon leur taille. Disposez-les en quinconce sur le terrain préparé en tenant compte de leur futur développement et de leur capacité d’étalement. Vous vous serez renseigné à ce sujet au préalable. Ensuite, plantez-les au fur à mesure. Faites un trou suffisant, ameublissez fond et parois, disposez votre plante, comblez avec un bon compost ou terreau, tassez bien, aménagez une cuvette autour du pied pour l’arrosage. Quand tout est fini, arrosez puis paillez l’ensemble afin d’éviter la levée des mauvaises herbes sur le sol fraîchement désherbé.
 
Multiplication
 
Deux moyens de multiplication, simples et sûrs, sont employés pour multiplier la plupart de ces plantes : la division des touffes et le marcottage.
La division des touffes consiste à séparer ou à éclater une touffe en plusieurs morceaux qui sont ensuite replantés. La division des plantes vivaces est conseillée au printemps et au début de l’automne (jamais en hiver). Les arbustes ne sont divisés que pendant le repos végétatif (mi-novembre, mi-mars).
Le marcottage, lui, consiste à mettre en contact avec le sol un ou plusieurs rameaux (marcottes) afin de leur faire produire des racines. Cette opération s’effectue de la fin de l’hiver au début de l’été. Après quelques mois, les marcottes auront produit des racines et pourront être séparées du pied mère pour être replantées. Lors du marcottage, le rameau est couché sur le sol en l’enterrant légèrement. Un petit crochet peut être employé pour le maintenir bien à plat.
 
 
Quelques suggestions
 
Les gazonnantes. Vivaces ou annuelles, elles forment de ravissants tapis. Les Ajuga ont des petites feuilles arrondies, certaines variétés ont un feuillage multicolore et leur floraison est abondante. Ils acceptent les sols les plus pauvres et poussent au soleil ou à mi-ombre. Les limaces adorent. Pour les situations ombragées, choisissez plutôt parmi les Lamium. L’aspérule odorante est une incontournable ; elle fleurit en mai, juin en un coussin de petites fleurs blanches. Elle tolère l’ombre légère. Grand classique des rocailles, les aubriètes sont spectaculaires au printemps. Ils se plaisent particulièrement sur les murets et les talus. Frileux, l’Erigeron karvinkianus se ressème dans les terres drainées mais peut repartir de la touffe après un hiver doux. La plante se couvre de petites pâquerettes roses et blanches durant toute la saison. La Primula veris peut coloniser sous-bois et prés. Symphitum ibericum s’accommode de bien des situations et s’étend sans trop de soucis. Et puis, il y a la très classique pervenche en version haute ou basse, Vinca major ou minor.

Les moyennes tapissantes. Pour éviter la monotonie des aplats, mélangez les tailles.
Un conifère rampant, pas très connu, le Microbiota, s’étale nonchalamment avec des pousses vert clair ressemblant au feuillage du Thuya.
Les Epimedium sont d’excellents couvre-sol pour les situations les plus ingrates. Leur feuillage est très décoratif, semi-persistant à persistant selon le climat, et leur floraison ravissante. Ils connaissent depuis quelques années une vogue bien méritée et de très belles nouvelles variétés sont désormais sur le marché. On ne présente plus l’alchemille à la jolie floraison jaune verdâtre et au feuillage persistant, voilà vraiment une plante à tout faire. L’Alchemilla alpina est beaucoup plus petite et a un feuillage au revers argenté absolument charmant.
Parmi les géraniums vivaces, le choix est vaste. À l’ombre claire, le Geranium nodosum dont le ravissant ‘Clos du Coudray’. Le Geranium phaeum est formidable en sous-bois. Le Geranium maccrorhizum est également un excellent sujet. Du reste, chaque situation a son géranium.
Les fougères, elles aussi, peuvent être traçantes et former des tapis de toute beauté. Leur principal atout est de s’associer sans difficulté avec quasi toutes les plantes. Le Bergenia se reconnaît facilement à ses grosses feuilles arrondies persistantes et ses grandes fleurs rose lilas au printemps. Il existe aujourd’hui un grand nombre d’hybrides intéressants. Une fois installés, laissez-les tranquilles, ils ont horreur d’être déplacés. Une plante moins connue est le Tellima, cousin des Tiarella. Il est intéressant pour son feuillage hivernal qui se pare de pourpre. Il existe une variété Tellima atropurpurea chez qui cette particularité est encore plus marquée.
L’Iberis sempervirens, appelé corbeille d’argent, est un arbrisseau aux feuilles persistantes utilisé depuis toujours dans les jardins. Une taille sévère après la floraison régénère la touffe.
Beaucoup d’arbustes peuvent également s’utiliser en couvre-sol. Tels le Cotoneaster dammeri et le Stephanandra incisa ‘Crispa’. Le bambou nain Sasa pumila, aux cannes portant des feuilles persistantes, forme des touffes qui peuvent devenir envahissantes. Il craint la sécheresse. La Rubus tricolor, une ronce décorative, a un feuillage persistant à revers blanc feutré. Les rameaux rampants s’enracinent facilement. Cornus sericea ‘Kelseyi’ est un arbuste ramifié qui se développe en largeur. Les feuilles virent au bronze en automne. Un petit cerisier nain, le Prunus pumila var. depressa a un petit tronc qui émet des branches appliquées au sol. Les fleurs apparaissent en même temps que les feuilles. Belles couleurs d’automne.
Bien d’autres végétaux encore peuvent être utilisés de cette manière…
 
 
Ph.: MNC & MPV - Aubrieta en mélange

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