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31/03/2014

Frasnes, le fief récent des Dobbeleer

La Libre, Momento, Vie de château, Frasnes-lez-GosseliesCe château de 1852 est devenu une maison de repos et sera bientôt vide. On déménage et on vend, avec six hectares.

Philippe Farcy


QUEL VA DONC ÊTRE L’AVENIR de ce beau domaine situé en bordure de la nationale menant de Waterloo à Charleroi ? Depuis plus de 40 ans, cette demeure de qualité abrite une maison de retraite. Mais pour des questions de confort et d’agrandissement, les propriétaires font construire un nouvel édifice vers le centre du village et le château sera à vendre, s’il ne l’est déjà. Il est inscrit dans un parc de six hectares, en partie murés, où quelques arbres remarquables attendent un peu de soins. Il devait y avoir là de belles allées mais c’est la savane et rien n’est entretenu.
 
Nous sommes à Frasnes-lez-Gosselies (entité de Les-Bons-Villers), un hameau qui a pris des tournures ouvrières dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il conserve toutefois de beaux souvenirs de l’ancien régime, à commencer par la très intéressante porte échevinale (classée en 1991) en la rue de l’Encloître où se trouve également le château (non classé) qui nous occupe et qui fut semble-t-il érigé par les Dobbeleer. La date de 1852 est inscrite sur un cartouche en façade. Voilà qui signalait une réussite industrielle.
 
 
Des façades chargées de décors floraux situés sous la corniche, sur des carreaux de faïence qui courent sur l’ensemble de l’élévation. Les ancres de fer forgé ne manquent pas non plus d’intérêt. La demeure est montée en briques et pierre sableuse pour les décors de chaînages et les frontons des baies, mais aussi pour les lucarnes qui sont proches du style Louis XV. Elle aligne sept travées terminées par une tour à huit pans engagée, sommée d’une toiture pyramidale piquée d’un bulbe. La corniche compte trois frontons aveugles et est surmontée par un garde-corps ajouré à balustres et piquée de vases fleuris.
 
Du côté de l’accès, on remarquera la travée centrale bordée de pilastres à refends. Ils encadrent un superbe balcon sculpté posant sur quatre consoles. La même travée vers le parc est piquée d’une fine tour carrée à toiture en pavillon close par des ferronneries un peu alambiquées mais gracieuses. L’ajout d’une aile basse il y a 25 ans n’a pas amélioré le site; mais elle s’imposait.
 
Le château ne bénéficie d’aucune recherche semble-t-il. À une bibliographie nulle correspond une présence sur le Net limitée à quelques images. Frasnes subit, comme tant d’autres châteaux construits à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, un mépris incroyable. Ils sont considérés comme de mauvais goût et impurs puisque se référant à plusieurs périodes de la création architecturale en même temps. Ici, c’est la renaissance flamande qui sert de vecteur esthétique. Rien de bien spécial à cela. Depuis la création de notre royaume, les responsables politiques pensèrent qu’il fallait créer une identité nationale forte en s’appuyant sur les exemples les plus frappants de notre histoire. L’art flamand devint la règle, d’Arlon à Ostende, de Frasnes à Verviers. Rubens et Van Dyck furent érigés au niveau des génies, mais qui pensent encore à leurs contemporains Gérard Douffet et à Bertholet Flémal?
 
Le château appartenait encore aux de Dobbeleer en 1951 quand y mourut Raoul le 7 septembre, à l’âge de 90 ans.
 
Jadis et jusqu’à la fin de l’ancien régime, Frasnes était une seigneurie détenue par les Nassau-Corroy puis par les marquis de Trazegnies. Lequel marquis nous fit savoir : “Frasnes-lez-Gosselies, quoique distant de Corroy, fut toujours associé au destin de celui-ci. C’était une des nouvelles villes franches des ducs de Brabant. De 1540 à 1809, son destin fut indissociable de celui de Corroy”.
 
La commune compte encore la chapelle Notre-Dame du Roux au titre des bâtiments classés, et ce depuis 1942. On ne visite pas mais la maison se voit parfaitement de la rue.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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