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07/04/2014

Ou comment devenir meilleur amant après 50 ans

La Libre, Momento, Bien-être, sexualité, 50 ans, psychoDans son livre “Pour que l’amour et la sexualité ne meurent pas”, le psychologue-sexologue canadien Yvon Dallaire explique comment tirer parti des changements physiologiques graduels, inévitables et normaux liés à l’âge.
 
Rencontre: Laurence Dardenne


AVEC SON ACCENT CANADZZZIEN à couper au couteau, les cheveux blancs en pétard, le teint rougi et l’œil malicieux, Yvon Dallaire a le sens de la formule. Dans son livre “Pour que l’amour et la sexualité ne meurent pas”, guide pratique pour une sexualité épanouie après 50 ans (*), le psychologue-sexologue canadien ne lésine pas sur les bons mots. Lors de l’entretien, il remet le couvert, usant çà et là d’expressions et d’images bien choisies. Si le sujet peut paraître, comment dire…, délicat, sinon encore parfois tabou, lui – dont c’est le métier – en parle le plus naturellement du monde, appelant un chat… un chat.
 
Il faut dire qu’en trois décennies d’expertise en écoute de couple, ce psychologue et conférencier, spécialiste de la vie affective et sexuelle, en a sûrement entendu, des vertes et des pas mures.
 
Principal point commun des patients venus chez lui pour une psychothérapie sexuelle ? “L’ignorance des changements normaux dus à l’âge qui vont en principe automatiquement survenir. C’est la principale source d’anxiété. À moins de problèmes d’ordre organique, en eux-mêmes, ces changements ne peuvent pas être la source de dysfonctions sexuelles. C’est plutôt l’ignorance de ces modifications et la panique qui s’ensuit qui sont les principales causes des dysfonctions érectiles”, nous dit-il d’emblée.
 
Avant de rajouter: “Les hommes craignent d’être sur la pente descendante, alors qu’il est tout à fait normal de courir moins vite à 60 ans qu’à 30 ans”.
 
 
Et c’est ainsi qu’ils entrent dans le cercle vicieux : ignorants de ces inévitables mais pourtant tout naturels changements, ils paniquent à la survenue de la moindre modification de leur comportement sexuel habituel, rendant dès lors la “performance” moins facile.
 
Chaque échec augmente la peur de l’échec et, comme tous les psychologues le savent, cette anxiété de performance devient la principale cause des difficultés d’ordre sexuel”, affirme l’auteur dont l’ouvrage non seulement informe largement de ces changements physiologiques, progressifs, graduels et tout à fait normaux, propres à l’homme comme à la femme, mais en outre, il rassure, d’une certaine manière, ou sécurise, allant jusqu’à détailler comment devenir meilleur(e) amant(e) après 50 ans. “En courant moins vite, mais en apprenant à regarder le paysage”, par exemple.
 
Car l’objectif du livre, qui s’adresse aux hommes et aux femmes qui craignent de voir disparaître leur sexualité après 50, 60 ans ou plus, est sans ambiguïté. Il s’agit de “démontrer que l’homme et la femme vieillissants peuvent découvrir de nouveaux aspects de leur sexualité s’ils comprennent et acceptent les changements prévisibles, graduels et inévitables dus à l’âge et s’ils cessent de vouloir adhérer au credo de la performance sexuelle médiatisée".
 
(*) Pour que l’amour et la sexualité ne meurent pas, guide pratique pour une sexualité épanouie après 50 ans, Yvon Dallaire, Les Éditions Québec-Livres, 20,40 €.
 
Avec l’âge, la sexualité de l’homme se rapproche de celle de la femme
 
Elle devient moins génitale, plus sensuelle et sensorielle. Moment propice à une plus grande harmonie sexuelle. Remplacer la quantité par la qualité. passer du fast-food à la découverte de la gastronomie sexuelle.
 
Nous, les hommes, à 15 ans, ça nous est tombé dessus – pops ! – et ça ne nous a pas lâché depuis ce temps-là, même si dès 30 ans, il commence à y avoir une baisse de la testostérone, nous balance Yvon Dallaire. Alors qu’à cet âge-là (15 ans), la jeune fille, elle, est dans le fantasme, le rêve, le Prince charmant… Et c’est tranquillement ou souvent sous pression de la libido génitale du partenaire que la femme va découvrir – ou non – le chemin du plaisir sexuel qui, pour elle, n’est pas nécessaire à la reproduction. Contrairement à l’homme, pour lequel l’orgasme est indispensable à la reproduction.”
 
Il se fait qu’en vieillissant, la sexualité de l’homme se rapproche de celle de la femme, dans le sens où elle est moins génitale et devient plus sensuelle, pour autant qu’on l’accepte. “Pour l’homme de 45-50 ans, c’est un peu comme si l’orgasme était devenu moins tyrannique, poursuit le psychologue. Il va connaître à ce moment-là ce que les jeunes filles connaissent, c’est-à-dire des rapports intimes, chaleureux, sensuels… même s’il n’y a pas eu d’orgasme. Les femmes peuvent ‘magasiner’ sans acheter ! Lorsque, vers 45-50 ans, les deux partenaires comprennent ça, et lorsque la femme ne se traumatise pas trop parce que son corps vieillit et qu’elle n’interprète pas la diminution de la spontanéité érectile de son partenaire comme la conséquence d’une baisse de son sex-appeal, alors ils peuvent devenir de meilleurs amants. L’homme peut enfin faire l’amour comme sa partenaire l’a toujours désiré. Son corps l’oblige à ralentir et à découvrir sa sensualité.”
 
C’est le moment venu de remplacer la quantité par la qualité.
 
S’adressant aux hommes, Yvon Dallaire suggère : “Si vous avez toujours consommé votre vie sexuelle comme du fast food, les changements graduels, prévisibles et normaux du vieillissement pourraient peut-être vous faire découvrir la véritable gastronomie sexuelle. Surtout si votre partenaire est devenue sexophile avec le temps plutôt que sexophobe”.
 
 
Illustration: Gaëlle Grisard

Commentaires

"magasiner", cela veut-il dire faire du "lèche vitrine"?

Écrit par : pseudo | 17/04/2014

C'est bien cela, oui.

Écrit par : Momento | 18/04/2014

Les commentaires sont fermés.