Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

14/04/2014

Au plus près des Diables

La Libre, Momento, Derrière l'écran, Les Diables au coeur, documentaire, Diables rouges, Coupe du monde, BrésilÀ dater du 18 avril, La deux diffusera chaque vendredi à 20h25 une série documentaire en 8 volets consacrée à la campagne qualificative des troupes de Marc Wilmots. Les auteurs ont vécu dans l’intimité des héros de tout un peuple mais n’ont pas oublié pour autant d’aller à la rencontre de leurs fervents supporters. Une réussite.
 
Jean-Claude Matgen


DANS DEUX MOIS, PLACE À LA FÊTE, place au Brésil, place à la Coupe du monde. Histoire de faire monter la pression, La deux va diffuser, à partir du vendredi 18 avril, à 20h25, une série de huit épisodes d’un documentaire intitulé, sous forme de clin d’œil à Raymond Radiguet, Les Diables au cœur**. Une série réalisée par la société Bonka Circus, en collaboration avec la RTBF et l’Union belge.
 
Il s’agit d’une plongée dans l’intimité des internationaux belges de football tout au long de leur superbe campagne qualificative. Le téléspectateur est invité à entrer dans les coulisses de leur existence de sportifs par le biais d’une caméra qui a été autorisée à les suivre partout et dont ils ont, apparemment, très vite oublié l’existence, ce qui plaide en faveur des auteurs de la série.
 
Certes des extraits des matches livrés par Kompany et compagnie nous sont régulièrement proposés mais l’essentiel est ailleurs. Par petites touches, on découvre comment Marc Wilmots et son staff gèrent et motivent un groupe d’hommes dont certains, malgré leur statut de star, sont restés de grands enfants.
 
On en apprend davantage sur la personnalité de la plupart de ceux qui, par la qualité de leur jeu et leur fraîcheur, ont fait rêver tout un pays ces derniers mois et, espérons-le, continueront à le faire en juin.
On prend la mesure de ce qu’est la vie de footballeur professionnel, entre entraînements et séances de massage, séjour à l’hôtel, moments de délassement sur un terrain de golf ou autour d’une table de tennis de table ou d’un écran de jeu vidéo.
 
La série souffre de certaines longueurs, on déplorera un brin de monotonie dans la démonstration, mais elle montre bien l’importance d’un bon esprit de groupe pour forger de brillants résultats sportifs.
 
Le portrait en pointillé de Marc Wilmots est de ce point de vue révélateur. Le sélectionneur national se pose en père de famille d’une ribambelle d’enfants (c’est littéralement comme cela qu’il les appelle) auxquels il entend inculquer le sens du devoir, la discipline, la solidarité, l’esprit de groupe.
 
Celui qui n’entrerait pas dans cette logique un rien militaire n’a qu’à bien se tenir. Une petite incartade, comme une arrivée tardive au rendez-vous – la spécialité d’Eden Hazard, semble-t-il –, passe encore. Une tournée de champagne et c’est oublié.
 
Mais qui prendrait le groupe par-dessus la jambe se ferait virer dans la seconde. Le cuisinier des Diables, Wim Casteleyn, que l’on voit plusieurs fois à l’écran, l’a appris à ses dépens pas plus tard que cette semaine.
 
Rien n’est laissé de côté par les auteurs, ni les blagues de potache auxquelles se livrent joyeusement la plupart des Diables, Romelu Lukaku en tête, ni le bizutage en chanson des nouveaux venus, ni les moments plus intimistes ou certains se laissent aller à des confidences qui montrent que ce sont avant tout des hommes, avec leurs doutes et leurs rêves. La caméra est vraiment allée au plus près de la réalité.
 
On n’est jamais loin, non plus, du chœur des supporters des Diables, avec des incursions dans les vestiaires d’un club de provinciale dont les joueurs se prendraient volontiers pour Courtois ou pour Witsel; une visite à un café de Binche, où se réunissent les “Belgium Ultras”, fidèles parmi les fidèles, pour qui le football et le métier de fan sont, bien plus qu’un loisir, une véritable raison de vivre; des reportages privilégiant l’humain et montrant le lien fort qui s’est construit entre l’équipe nationale et ses innombrables supporters des deux sexes, au nord et au sud du pays.
 
L’engouement est réellement partout et dépasse parfois le raisonnable. Certains témoignages, qui frôlent l’idôlatrie, en disent long sur le pouvoir de fascination du sport le plus populaire du monde.
Bref, sous les réserves exprimées plus haut, qui portent sur une certaine lenteur de l’exercice et pourraient éloigner les plus tièdes du petit écran, cette série devrait ravir l’amateur, en lui faisant revivre de délicieux moments et en levant le voile sur l’envers du décor.
 
 
La RTBF va marquer les joueurs “à la culotte”
 
Michel Lecomte dévoile la stratégie de la chaîne publique pour le Brésil. Au-delà même des 64 matches retransmis et commentés sur les antennes de la RTBF.
 
SUR LE PIED DE GUERRE. Détentrice des droits de transmission de l’ensemble des matches de la Coupe du monde de football au Brésil, la RTBF a décidé de ne “rien rater” de l’événement.
Cela fait douze ans que nous attendions que les Diables rouges se qualifient pour une Coupe du monde, explique Michel Lecomte, le chef des Sports à la RTBF. Il y a une soif chez les supporters, mais aussi chez les journalistes. C’est tellement plus motivant de partir avec une équipe dont beaucoup disent qu’elle pourrait créer la surprise”.
 
Le patron des Sports sera lui-même du voyage en compagnie de cinq commentateurs (Rodrigo Beenkens, Gaëtan Vigneron “qui reprend un peu de service”, Frank Peterkenne, Pierre-Yves Deprez, Hervé Gilbert) et cinq journalistes (deux pour la TV, deux pour la radio et un pour le web) qui suivront les Diables depuis leur centre d’entraînement dans la banlieue de Sao Paulo.
  
“C’est sur la RTBF qu’on aura le maximum d’informations”, sourit Michel Lecomte. “La clé, ce sera de coller au plus près des joueurs belges, en respectant certaines limites : nous ne sommes pas des paparazzis, ni des chiens enragés qui ne les lâcheront pas une seconde.”  Les journalistes de la chaîne publique auraient déjà eu toutes les assurances de la part de l’entraîneur Marc Wilmots et de la Fédération belge de pouvoir faire “plus que correctement leur travail”.  “Donner un maximum d’infos sur les Diables dans leur retraite de Sao Paulo, avant et après les matches, mais aussi durant les jours d’attente. Ce sera essentiel. Capital, même.” Les équipes de la RTBF vont donc assurer un “marquage à la culotte” poli des Diables.
 
Michel Lecomte commentera quatre matches, tous joués à Rio de Janeiro. “Mais je travaillerai surtout depuis le centre international de production de Rio pour alimenter en séquences spéciales les émissions en studio à Bruxelles.” La RTBF pourra ainsi disposer d’un nombre impressionnant d’images achetées à la Fifa.
 
“On va travailler en collaboration avec les Suisses ou les Algériens, par exemple. Toutes les images passent par ce centre, c’est une mine d’or.” Après le premier match des Diables rouges, la chaîne publique va, par exemple, diffuser une séquence “Eden Hazard” au travers d’une caméra personnalisée qui suivra la star belge pendant tout le match.
 
La RTBF va retransmettre l’ensemble des 64 matches de la Coupe du monde, mais compte tenu des “distances et des coûts de production”, tous ne seront pas commentés sur place. “Grégory Bayet va réaliser certains commentaires en direct depuis Bruxelles.”
 
Bruxelles où la Coupe du monde se vivra aussi intensément via des émissions quotidiennes animées par Benjamin Deceuninck, entouré de plusieurs consultants. “Nous sommes en train de peaufiner la liste. Il y aura des consultants de la Tribune et on espère avoir une belle surprise pour certains matches”, dévoile “Monsieur Sports” de la RTBF. “Mais il est encore trop tôt pour pouvoir l’annoncer.”
 
Au programme, il y aura aussi plusieurs reportages sur les supporters en Belgique, ou d’autres qui sortiront quelque peu du monde du football. Bref, la RTBF a mis les petits plats dans les grands durant ce mois de folie footballistique qui débute le 12 juin prochain. “Nous n’avons jamais raté une Coupe du monde et nous aurons encore les droits de diffusion pour les deux prochaines”, se réjouit Michel Lecomte. Des droits dont le montant reste confidentiel. “Mais ce n’est rien comparé aux sommes du marché anglais ou français.”
 
Quant à la performance des Belges au Brésil, Michel Lecomte se montre prudent. “Il y a énormément d’attente et il faudra faire attention à la désillusion. Si on n’est pas en huitième de finale, on sera extrêmement déçu. Ici, on se dit tous qu’avec cette équipe-là, on doit être en quart. Au minimum.”
 
Raphaël Meulders
 
 
Ph.: RTBF

Les commentaires sont fermés.