Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

20/04/2014

Un terroir d’exception

La Libre, Momento, Papilles, gastronomie, France, Sud-Ouest, Toulouse, GersToulouse et le Gers sont des destinations de choix pour goûter aux plaisirs de la gastronomie, entre produits de tradition et chefs de haut vol.

Reportage dans le Sud-Ouest: Laura Centrella

ON NE PEUT ÉVOQUER TOULOUSE, cité occitane par excellence, sans évoquer les briques et les tuiles qui lui ont donné son surnom de “ville rose”. On les retrouve dans les monuments importants de la ville, comme l’impressionnant Capitole, hôtel de ville terminé au XVIIIe siècle et siège des capitouls, qui géraient la ville à partir du XIIe siècle. Ou encore dans la superbe église Saint-Sernin, bâtie au XIe siècle, la plus grande basilique romane de France toujours intacte, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco et l’une des étapes obligées des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
 
 
Toulouse, 4e ville de France, est aussi un repaire de fines gueules. Une promenade à travers ses ruelles historiques jusqu’aux bords de la Garonne à la découverte de nombreuses échoppes gourmandes permet de s’en convaincre. Premier passage obligé par le marché couvert Victor Hugo, où l’on ne vient pas pour l’architecture… Il fête cette année son 121e anniversaire mais la structure Eiffel d’origine a été détruite pour laisser place à un parking dans les années 50. Qu’importe, la centaine d’exposants de bouche présents font la réputation nationale du marché. Parmi eux, le glacier Octave, la Maison Samaran, réputée pour son foie gras, ou encore la Maison Garcia, qui vend notamment de beaux jambons ibériques et la “véritable saucisse de Toulouse de fabrication artisanale”, label déposé en 2001 par les charcutiers de Haute-Garonne.
 
Si l’ambiance est déjà conviviale autour d’un verre chez le caviste “Vincent”, rien de tel que de finir la matinée attablé au “Louchebem”, un des cinq restaurants du premier étage du marché couvert pour déguster un cassoulet au confit de canard. À moins que l’on ne préfère sa variante montalbanaise servie au “Bibent”. La superbe brasserie datant de 1882, située sur la place du Capitole, mélangeant habilement baroque et Art nouveau, a été reprise par le “Top chef” Christian Constant en 2010. On ne vient pas ici seulement pour admirer les dorures et “bien boire” (“bibent” en argot) mais surtout pour déguster une excellente cuisine de brasserie raffinée mettant en scène les produits du terroir du Sud-Ouest.
 
En poursuivant la promenade à travers les rues toulousaines, on ne manquera pas de passer chez le fromager “ Xavier”, dont le responsable a reçu le prestigieux titre de MOF en 2011 pour faire le plein de découvertes régionales. Tandis qu’en poussant vers le Canal du Midi, on découvrira sur une péniche “La maison de la violette”, qui fait la part belle à l’emblème de Toulouse, la violette. Dans ce paradis mauve et poudré, Hélène Vié transmet sa passion pour cette fleur délicatement parfumée, qui comptait 600 producteurs dans la première moitié du XXe siècle, contre une dizaine aujourd’hui.
 
À quatre-vingt kilomètres de Toulouse, le Gers, un des huit départements de la Région Midi-Pyrénées, est un autre haut lieu de la gastronomie du Sud-Ouest, particulièrement riche en produits du terroir. C’est ici en effet que la production de foie gras d’oie est la plus importante de France. Dans le Gers – et c’est une particularité locale –, on gave les oies et les canards au maïs blanc. À Samatan, l’un des plus importants marchés au gras du département, les gourmets se donnent rendez-vous tous les lundis pour acheter les plus belles pièces dans une ambiance électrique.
 
Premier producteur français de chapons et d’ail – le délicat ail blanc de Lomagne –, le Gers est aussi, avec la Haute-Garonne et surtout les Hautes-Pyrénées, une des zones où l’on élève le meilleur porc hexagonal  : le porc noir de Bigorre. Le consortium créé autour du produit compte aujourd’hui une cinquantaine de producteurs, qui se battent pour obtenir l’AOC. Un porc depuis longtemps Sentinelle Slow Food . On fera, par exemple, un tour du côté de l’élevage Grau à Mongausy pour déguster d’excellentes charcuteries, en particulier le jambon, fondant à souhait, et l’excellent boudin noir !
 
Côté sucré, en saison, on se régalera du melon de Lectoure. Mais le dessert qui fait l’unanimité est la croustade (ou pastis dans le Quercy), un gâteau à la pâte fine et croustillante fourré de pommes sucrées arrosées d’armagnac... Rien d’étonnant puisque l’armagnac est l’eau-de-vie privilégiée en Gascogne ! La région compte trois zones de production  : Bas-Armagnac, Ténarèze et Haut-Armagnac. Tandis que, d’octobre à janvier, la célébration hivernale de la “flamme de l’armagnac” attire de nombreux visiteurs dans la région pour fêter la fin des vendanges et le début de la distillation dans les divers chais, avec l’arrivée de l’alambic. On met en fait le feu à l’eau-de-vie, qui sort de l’alambic à 58 degrés, puis on y ajoute un sirop de sucre aux épices et aux zestes d’orange. Et tout le monde déguste! Une tradition vieille de 700 ans, depuis qu’on distille dans la région !
 
 
Ph.: Comité régional de tourisme Midi-Pyrénées

Les commentaires sont fermés.