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28/04/2014

Devenir jardinier sans se planter

La Libre, Momento, Dehors, bon sens, jardinageQuelle mouche a donc bien piqué la rédaction ce week-end ? Ne cherchons pas midi à quatorze heures et suivons l’exemple de la nature, elle qui se débrouille toute seule.

Apprentissage: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


QUE VOUS SOYEZ NUL, ou plus aimablement novice, et même expert, voici quelques bons plans à prendre ou à laisser. Selon l’humeur du temps. Inutile de vous noyer sous des tas d’encyclopédies louant les diverses manières de tailler ou de lutter contre les limaces. Dans ces lignes, simplement un peu de bon sens et quelques idées mêlant savoir-faire et gestes basiques nécessaires à la réussite d’un jardin. Pour qu’en toutes saisons, il enchante votre cœur, vous apporte paix et sérénité.
 
La nature
 
En réalité, le jardinage commence là où l’homme décide de domestiquer la nature. Différentes manières d’agir s’offrent à lui. Une lutte perpétuelle arrosée d’un filet de chimie, ou un laisser-faire sans laisser-aller. Tirons parti de la générosité de la nature en l’observant attentivement. Avec un soupçon de bienveillance, agissons comme elle et de concert avec elle. Prenons en compte ce qui existe déjà autour de nous et acceptons comme un bienfait le climat et le sol de notre espace de verdure. Un gage de réussite.
Un bon plan. Copions la forêt. Les feuilles tombées chaque automne constituent le meilleur des paillages. Tirées par les lombrics, broyées par toute une faune, elles se décomposent, nourrissent au passage les racines des arbres tout en maintenant la souplesse du sol propice à la croissance des végétaux. Ne laissons jamais la terre nue. Recouvrons-la d’un paillis avec les déchets verts du jardin. Des tontes de gazon bien sèches, des broyats et des feuilles mortes.
 
 
Le lieu
 
C’est en fait de lui que tout dépendra. La première chose à considérer est l’orientation du jardin. Cela permet de passer à côté d’un grand nombre de désillusions. Certains végétaux poussent au soleil, d’autres à l’ombre ou mi-ombre. Connaître l’exposition et le nombre d’heures d’ensoleillement est capital. Même si souvent le jardinier préfère ne pas le savoir, sans soleil les plantes ne croissent pas. Qui n’a pas, un jour, essayé de faire pousser un rosier au Nord ?
Bien entendu, il y a soleil et soleil, ombre et ombre. Une question d’intensité. Quoi de plus subjectif. L’ombre causée par un arbre, une haie ou un mur est bien différente. À cela, il faut considérer aussi les courants d’air chaud ou froid, les zones sèches ou humides. Des microclimats en quelque sorte. Les arbres ont des racines qui puisent l’eau en permanence, ce qui rend la terre sèche à leur pied. Les haies font dévier le vent. Les murs au Nord conservent une zone d’humidité. Choisissez les plantes adéquates en fonction de ces observations.
Un bon plan. Il n’est pas toujours nécessaire d’éliminer l’existant pour créer du neuf. Au contraire. Il peut être très intéressant de garder et de sauver quelques éléments. D’abord pour donner à l’ensemble un peu de vécu et, enfin, pour la santé du portefeuille.
 
 
La plante
 
N’achetons que des plantes saines. Ce n’est pas une boutade. Résistons aux offres alléchantes pour cause de liquidation. Aux bulbes qui ont déjà germé dans leur paquet. Aux végétaux souffreteux en promotion dont les autres n’ont pas voulu. Leur espérance de vie est souvent maigre. Évitons les conteneurs dans lesquels les plantes sont à l’étroit, les racines en chignons ou celles tout juste rempotées dont la terre dégringole dès que vous soulevez la tige. Exigeons de belles plantes, nous le valons bien…
 
 
Le sol
 
Les jardiniers ne paraissent jamais contents de leur sol. Pour la plupart, c’est trop ou pas assez. Trop argileux, pas assez d’humus, trop humide, jamais assez drainé. Il est vrai que, selon la région, le sol a des aspects très différents. Qu’on le veuille ou non, certaines plantes l’apprécieront, d’autres pas. À chaque type de sol, sa végétation spécifique. Est-ce bien raisonnable, même après avoir changé la terre dans le trou de plantation, d’installer des rhododendrons en sol calcaire ? Restons raisonnables, un jour leurs racines atteindront inévitablement la terre d’origine et la plante en pâtira. Cherchons plutôt à l’améliorer avec des amendements et des engrais naturels nourrissants et enrichissants. Par exemple, le compost préparé avec les déchets du jardin.
Le sol est capital pour les végétaux. Source de vie, garde-manger et foyer d’une faune et d’une flore microscopiques nécessaires à la vie des plantes. Il est temps de faire sa connaissance. Plus ou moins profond, élastique, souple, facilement pénétrable, ou tout au contraire lourd, humide, collant. Soit de l’argile, du limon ou du sable. En général un mélange des trois. Lorsqu’il y a un bon équilibre, on parle de terre franche, la plus intéressante du point de vue horticole. Les racines y pénètrent sans peine alors que les sols argileux et sablonneux, moins avantageux, doivent être progressivement travaillés pour lui ressembler.
Un bon plan. Pour diagnostiquer notre terre, prenons une poignée alors qu’elle est humide. Roulons-la entre les mains, faisons un petit boudin. Puis essayons de le tordre légèrement. Si nous le plions sans le casser, c’est plus que probablement de l’argile. S’il se désagrège quand nous le tordons, c’est de la terre franche. Et si nous ne parvenons pas à en faire un boudin, du sable ou un mélange de gravats, de poussières de briques et de terre de remblai.
Un autre bon plan. Regardons ce qui pousse sur notre sol, nous en saurons déjà un brin sur son état de santé. Quelques orties indiquent un sol fertile et riche en azote. Parfois même une fertilisation excessive. Une invasion de mouron est le signe d’une teneur élevée en éléments nutritifs. Pas de doute, votre sol est fertile. La campanule et la carotte sauvage préfèrent, elles, un sol calcaire et sec. La prêle des champs aime les sols humides et peu aérés, alors que liseron et pissenlit sont les signes d’un sol lourd.
 
 
Le climat
 
Le climat est une des premières contraintes du jardinier. Même après cet hiver excessivement clément, prenons quand même conscience des conséquences néfastes du gel sur les plantes fragiles. Restons prudents et ne tirons pas trop vite l’une ou l’autre conclusion hâtive. Un hiver n’est pas l’autre et nous ne sommes jamais à l’abri d’une saison plus fraîche. Le réchauffement de la température est indéniable mais il reste lent et ne nous permet pas encore d’installer en pleine terre un olivier ou un palmier. Ceux qui l’ont fait il y a quelques années s’en mordent encore les doigts aujourd’hui. Gardons à l’esprit le rôle des plantes indigènes plus faciles à vivre, et acclimatons avec sagesse et circonspection les plantes plus exotiques. C’est tout un art. Ceci dit, attention également aux périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes.
Un bon plan. Renseignons-nous sur le pays d’origine du végétal que l’on veut introduire au jardin. Pour éviter les déconvenues.
 
 
Illustration: Gaëlle Grisard

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