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29/04/2014

Dictionnaire castral

La Libre, Momento, Vie de château, dictionnaire, vocabulaire, lexique, architecture, châteauPour décrire un château, il existe un vocabulaire large, pas toujours accessible à tous. Voici de quoi y voir plus clair.

Le mot juste: Philippe Farcy


LES CHÂTEAUX SONT DES BÂTISSES souvent complexes et d’autant plus remarquables que, si l’on dépasse l’observation de leur taille qui les rend rares, ils ont toujours offert une modernité exemplaire. Rois, princes, grands et puissants seigneurs ont toujours recherché la créativité, la nouveauté, le coup de génie qui allait faire en sorte que leur maison serait plus belle que celle du voisin, plus ingénieuse, mieux adaptée aux besoins du moment.
 
Cela impliqua l’usage d’éléments que l’on ne retrouve pas partout dans le monde civil ou religieux, bien sûr. Ces éléments participent à la rareté de ces bâtisses qui sont hors normes. Voici donc des éléments de ces demeures qui valent la peine d’une petite explication pour les nuls qui n’en savent pas plus sur un degré d’escalier que sur une descente d’eau. C’est aussi terrible que de leur demander qui est l’arrière-arrière-grand-père de notre roi.
 
Notre mini-lexique est tiré des “Éditions Imprimerie nationale”, à Paris, et intitulé “Architecture, méthode et vocabulaire”. C’est la troisième édition, datée de l’an 2000. La première avait été lancée sous Malraux.
 
 
Lexique
 
Arc déprimé : arc surbaissé dont le lien entre les deux courbures est une droite.
Arc en anse de panier : arc simplement surbaissé.
Arc en plein cintre : de forme circulaire.
Arc mitré : arc tracé suivant deux droites rampantes formant un angle au faîte. La mitre est dite émoussée si l’angle est remplacé par un segment de cercle.
Attique : couronnement horizontal formé d’un corps rectangulaire plus large que haut, que l’on trouve sur les arcs de triomphe par exemple. Un étage en attique est un étage dont l’élévation en façade sous la corniche vaut un carré; le plus célèbre étant l’attique-Chimay au château de Versailles.
Baie : ce sont des fenêtres ou des jours. Elles sont simples, jumelées ou en triplet. Une baie est dite “serlienne”, en évocation de l’architecte des XVe et XVIe siècles Sebastiano Serlio (Bologne, 1475 – Fontainebleau, 1554), quand le triplet est formé d’une baie centrale couverte d’un arc en plein cintre et de deux baies latérales couvertes d’un linteau ou d’une plate-bande.
Bretèche : logette recatangulaire en surplomb, souvent posée au-dessus d’une porte. Son sol est percé de trous pour le tir fichant (tir vertical vers la bas). On est prié de ne pas confondre la bretèche avec la latrine, même si cette dernière peut, par son usage, causer des soucis aux assaillants !
Brisis : partie inférieure en pente raide d’un versant de toit brisé.
Chaînage : système de pierre ou de bois ou en métal, noyé dans la maçonnerie pour éviter sa dislocation. On le trouve aux arêtes des façades ou des baies.
Chasse-roue : en pierre et souvent cerclés de fer, ils sont placés de chaque côté des portes cochères pour empêcher les roues d’abîmer les piédroits (montant vertical).
Château-fort : lieu de résidence fortifié d’un seigneur.
Chéneau : canal en pierre ou en bois recouvert de métal, placé à la base d’un versant pour recevoir les eaux de pluies et les évacuer.
Coussiège : banc ménagé dans l’embrasure d’une fenêtre.
Coyau : petite pièce oblique d’un versant de toit, portant sur le bas des chevrons et adoucissant la pente du versant dans sa partie basse.
Croisillon : traverse formant une croix avec un meneau.
Échauguette : petit ouvrage en surplomb, de plan massé, contenant une petite pièce et ne comptant qu’un niveau. Elle se place à l’angle, contrairement à la logette. La bretèche aura le même aspect que la logette mais elle a le sol percé pour le tir plongeant vers l’ennemi qui se trouve en dessous. L’oriel est généralement plus large et peut monter sur deux ou trois niveaux. Il peut être inscrit en pleine façade comme à un angle. Il est vitré (percé de jours ou de baies) et posé en surplomb, ce qui permet d’observer ce qui se passe le long des façades.
Embrasure : espace ménagé dans l’épaisseur du mur pour le percement de la baie.
Faîtage : pièce maîtresse de charpente posée sous l’arête supérieure d’un toit.
Forteresse : lieu à vocation strictement militaire.
Guette : tourelle souvent élancée, construite au sommet de la plus haute tour et destinée à recevoir le guetteur.
Larmier : membre horizontal en saillie sur le nu (surface plane) du mur, destiné à écarter les eaux de pluie. S’il affiche une pente en biseau, on parlera d’un bandeau chanfreiné.
Meneau : élément vertical d’un remplage de fenêtre.
Petit-bois et petit-fer : élément de bois ou de fer subdivisant un châssis vitré et portant une vitre.
Remplage : ensemble des parties fixes, dans le même matériau que l’embrasure, rapportées dans celle-ci pour en réduire ou diviser l’ouverture.
Ressaut : c’est la rupture de l’alignement de la façade ou d’un mur, formant deux arêtes, l’une rentrante, l’autre saillante.
Soubassement : partie massive d’un bâtiment, construite au sol et ayant pour fonction réelle ou apparente de surélever les parties supérieures.
Toiture en bâtière : toit à deux versants et à pignons découverts, couvrant un corps de plan massé.
Toiture en pavillon : toiture de quatre côtés couvrant un corps de bâtiment carré ou quasiment carré. Parfois elle est sommée d’une terrasse faîtière, comme au Louvre, par exemple, où l’on trouve également des dômes carrés sous terrasse faîtière.
Traverse : élément horizontal d’un remplage de fenêtre.
Trou de boulin : c’est un trou laissé dans la maçonnerie, en général sous la corniche, après la dépose des boulins (les boulins sont des pièces de bois utilisées jadis pour monter et fixer les échafaudages).
 
 
Ph.: Imprimerie nationale, Paris

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