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29/04/2014

Un Samsung 5 étoiles dans la Galaxy ?

la libre,momento,pixels,samsung,galaxy s5,test,verdictLe chaud brûlant Samsung Galaxy S5 vaut-il son coquet tarif ? Décorticage.

Test: Alexis Carantonis


ON AVAIT EU L’OPPORTUNITÉ de voir naître le bébé en direct, au Mobile World Congress de Barcelone. Quelques gazouillis et papouilles parachevèrent une très brève prise en main. Mais Samsung a à peine eu le temps d’envoyer les faire-part de naissance que son nouveau héros, le Galaxy S5, est déjà disponible sur un marché toujours porteur, mais de plus en plus saturé. Il s’échange contre la coquette somme de 679 €, et c’est Proximus qui a décroché l’exclusivité (temporaire) de sa vente.
 
Le S5 a-t-il les atouts pour tirer son épingle du jeu et tenir sa promesse intrinsèque de smartphone potentiel de l’année ? A-t-il suffisamment évolué pour justifier son achat, à partir d’un S3 ou d’un S4 ? Est-il la locomotive technologique et commerciale digne du rang Galaxy (déjà 200 millions de Galaxy S, S2, S3 et S4 écoulés) ?
 
Parce qu’on a récupéré l’enfant dans notre labo, engoncé dans son joli landau en carton recyclé, et qu’on a défoncé sa batterie (pourtant très combative) pour en explorer toutes les coutures, on peut aujourd’hui répondre…
 
 
Puissance, vitesse et autonomie
 
 
4G (jusqu’à 150 mbps), NFC, Wi-Fi ac, Bluetooth 4.0 Low Energy, sur le plan de la connectivité c’est évidemment all-in. Le S5 embarque même une technologie qui va tirer parti à la fois du réseau Wi-Fi et du réseau mobile pour booster encore plus la vitesse.
Côté hardware, même topo pour le processeur, le 801, dernier-né de chez Snapdragon qui roucoule à 2,5 Ghz. C’est la puce la plus puissante du moment, que le S5 partage avec le HTC One M8. Elle est épaulée par 2 Go de RAM bien nécessaires pour juguler Touchwiz, la surcouche graphique que Samsung applique à Android, qui tourne, bien entendu, dans sa dernière version (KitKat 4.4.2). Touchwiz, qui vient d’être refaite, s’améliore d’année en année.
Enfin, sachez que l’un des tout gros points forts du S5 est sa batterie. Survitaminée à 2800 mAh alors que Samsung est de plus en plus doué pour embarquer des écrans peu voraces, il en résulte un Galaxy S5 qui tient très aisément la journée entière, même à intensité élevée. Fini le 3 % de batterie affiché à 20 h 30 ! Et quand bien même le cas arriverait, Samsung a inventé le mode Ultra Économie d’énergie, qui vire les couleurs et les fonctions énergivores de connectivité. Bizarre de voir un smartphone à 700 € tourner en noir et blanc, mais salvateur si vous êtes à 2 % et attendez un appel urgent ! Chez nous, à 36 % de batterie, l’activation de ce mode dopait l’autonomie de notre S5 de test à… 4,5 jours !
Note : 10/10.
 
 
Cardiofréquencemètre
 
 
Il y a donc un capteur de fréquence cardiaque intégré au S5, juste en dessous du capteur photo arrière. Il est couplé avec la nouvelle app S Health, aussi bien pensée que complète. Pour surfer sur la mode du quantified self (le fait de mesurer ses performances et son état de santé via la technologie) et des wearables (objets technologiques qu’on peut porter sur soi, style montres et lunettes connectées), S Health va permettre de créer un compte avec vos date de naissance, taille, poids. Vous pourrez ensuite entrer vos objectifs, mesurer votre fréquence durant, avant et après l’effort, etc. Mais c’est surtout couplé aux montres Galaxy Gear et au bracelet Gear Fit que cet écosystème prend tout son sens. Pas mal, en tout cas. Même si le non-sportif ou même le sportif pas hyperpassionné n’en aura que faire.
Note : 7/10.
 
 
Lecteur d’empreintes
 
 
Fonctionnel, le lecteur d’empreintes digitales que Samsung a dissimulé dans le bouton central du S5 (en louchant très furieusement vers l’iPhone 5S) semble tout de même un peu moins fiable que celui de la Pomme, et pas seulement parce qu’il n’est pas protégé par un verre saphir. Il permet de déverrouiller le téléphone en passant son doigt, légèrement, de haut en bas. Ce qui, vu la largeur du terminal qui n’est pas des plus aisés à dompter à une main, est une opération un peu complexe… Dommage. D’autant plus qu’il ne reconnaît l’empreinte que dans une certaine position – alors que sur l’iPhone, la tolérance est bien plus grande – et ne permet pas (encore ?) de signer le paiement d’une appli payante.
Note : 5/10.
 
 
Design et prise en main
 
 
Le Galaxy S5 est l’héritier d’un design “feignasse”. À l’œil, la distinction entre un S4 de face et un S5 est extrêmement minime. Les lignes et l’allure générale, on le sait, ne se modifient que par prudentes touchettes, surtout lorsqu’on a réussi à établir un label (le label Galaxy). Mais là, la lassitude est vraiment toute proche… Ce qui ne veut évidemment pas dire que le S5 est laid, que du contraire. Sa coque arrière, qui se drape d’un plastique simili-cuir perforé, est audacieuse mais réussie, tant au niveau de la prise en main que du toucher de l’œil. Disponible en bleu électrique, blanc, noir et brun-doré, elle permet d’ajouter une petite diversité dans l’immense communauté Galaxy. La qualité de l’assemblage est bien entendu au rendez-vous pour un terminal haut de gamme de cette trempe, mais on reste sur du haut de gamme Samsung, et donc du plastique. Du bon plastique, mais du plastique quand même. Les itérations concurrentes, qu’elles soient “pommées” (iPhone 5S) ou non (HTC One M8, Sony Xperia Z2,...), optent plus souvent pour le métal, le plexi et l’alu poli, et il est bien dommage que Samsung ne suive pas le mouvement.
Côté dimensions, il faut savoir que ce S5 est un chouïa plus long et large mais aussi légèrement plus lourd que son devancier (15 g). Ce qui est plus une prouesse qu’une honte, puisque le S5 embarque un écran plus grand, mais aussi un lecteur d’empreintes digitales et un cardiofréquencemètre (situé juste en dessous de l’appareil photo) que son grand frère n’avait pas…
Globalement, le S5 tient bien en main, on apprécie le grip de sa coque arrière, mais l’augmentation de ses dimensions perturbe un peu le compromis idéal que représentait le Galaxy S4.
Note : 5/10.
 
 
Photos et vidéos
 
 
Vu son rang, le S5 mise énormément sur ses qualités photographiques. De 5 mégapixels sur le premier Galaxy S, puis 8 sur les deux générations qui ont suivi et enfin 13 sur le S4, le petit cinquième mise sur 16 mégapixels. Mais avant d’attaquer sur le capteur principal, à l’arrière, un mot sur la caméra frontale… Sa qualité n’est pas époustouflante, mais suffira au plus fervent amateur de selfies. Le problème, c’est son positionnement : trop excentrée sur le côté droit !
Heureusement, le volumineux capteur principal est, lui, centré. C’est donc un 16 Mp qui shoote en 16:9 natif, et qui parvient à faire d’encore plus jolis clichés que le S4, grâce à un autofocus du tonnerre de Dieu, hyper-réactif, qui va vous permettre de saisir le moment dans l’instant. Super, donc ? Oui, super… tant qu’il y a de la lumière ! À luminosité décente, le S5 accouche d’images bien définies, avec de la texture, et une juste restitution colorimétrique. Rien à redire. En revanche, à basse luminosité, on déchante. Le focus se fait plus flou, ça grouille de bruit et on est très loin des compétences nocturnes des capteurs PureView montés sur les derniers Nokia Lumia…
Notons enfin que, comme le Galaxy Note 3 avant lui, le S5 peut filmer en 4K, la nouvelle résolution qui relèvera un jour l’actuel Full HD de ses fonctions.
Note : 7/10.
 
 
Écran
 
 
C’est sur 5,1 pouces, un fifrelin plus que sur le S4, que la dalle du S5 s’étire. Soyons clairs : c’est grand. Mais appréciable dans certains usages ! Alors que son grand frère était le champion de sa catégorie, le S5 embarque sans doute le meilleur écran monté sur un smartphone que nous ayons pu tester. En orfèvre de la technologie OLED, Samsung parvient à monter sa densité de pixels à 432 par pouce, le tout avec une luminosité à tomber par terre.
Le contraste est, par nature sur l’OLED, infini, et pour le rendu des couleurs, histoire de pouvoir atténuer le côté très vif de l’OLED, Samsung s’inspire des téléviseurs qu’il pond et offre plusieurs modes : Dynamique, Cinéma (notre chouchou, comme sur les télés, d’ailleurs) mais aussi Adapt Display, qui ajuste les teintes en fonction de la luminosité et de la couleur de la lumière ambiante. Une bête d’écran, tout simplement.
Note : 10/10.
 
 
Étanchéité et résistance
 
 
Le Galaxy S5 est certifié IP67, c’est-à-dire qu’il est protégé contre la poussière, et résistant à l’immersion jusqu’à 1 mètre, durant 30 minutes maximum. C’est moins que le Xperia Z2 de Sony, certifié IP68, pouvant être immergé à plus d’un mètre de profondeur pendant 30 minutes. Mais ça suffit largement et c’est plutôt pratique ! Merci à Sony, champion de l’étanchéité, de tendre à populariser cette fonction antiaccidents et immersive. Bonus spécial à la coque arrière du S5, qui réagit très bien une fois hors de l’eau et sèche vite.
Note : 8/10.
 
 
Verdict: le meilleur...pour l'instant
 
Le S5, c’est simple : vous prenez ce que Samsung a fait de mieux l’an dernier, et vous l’améliorez. Vous ajoutez des petits trous et des couleurs dans la coque pour bien rendre dans les folders, et vous mixez tout ce que les concurrents ont sorti entre-temps dans leurs téléphones : l’étanchéité chère à Sony, le lecteur biométrique d’Apple… Servez bien chaud, avant vos rivaux, à grand renfort de marketing.
Bien qu’il s’encroûte quelque peu dans un design redondant et en retrait par rapport à sa concurrence directe, malgré qu’il s’entête à se parer de plastiques bien assemblés mais peu chics, bien qu’il se loupe en photo la nuit (et qu’il rechigne toujours à intégrer un stabilisateur optique), bien que les nouveaux capteurs (de battements cardiaques et d’empreintes) flirtent un peu avec le gadget, le S5 reste indubitablement un excellent smartphone. Le meilleur de 2014 pour l’instant, notamment grâce à une légèreté (145 g) très maîtrisée, un écran absolument splendide, une qualité photo (en plein jour) qui tue n’importe quel compact de moins de 200 € les doigts dans le nez, une batterie à la hauteur et une intelligence de gestion des réseaux utile. Mais 2014 est encore jeune !
Le HTC One M8, qui attend qu’on le triture, lui aussi, dans son carton, fera-t-il mieux ? Rendez-vous la semaine prochaine. Et en septembre aussi : date de sortie du rival ancestral, alias l’iPhone (6).
 
 
Ph.: Samsung

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