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03/05/2014

Avez-vous contracté le virus des séries  ?

La Libre, Momento, Derrière l'écran, séries, virus, peursParmi les 47 séries présentées au Festival Séries mania à Paris, une majorité déclinait le thème de la peur. Cinq d’entre elles abordent spécifiquement la question du virus (informatique ou viral) et trois se penchent sur la possible contamination humaine, dont “Cordon” et “Helix” visibles en Belgique. Alors, tous hypocondriaques ?

Karin Tshidimba, à Paris


PRÉDIRE L’AVENIR est un petit jeu auquel les séries aiment à s’adonner depuis qu’elles ont trouvé le chemin de “La Quatrième dimension”. La preuve avec toute la branche science-fiction et anticipation du genre. Un avenir qui ne nous réserve pas forcément le meilleur comme le démontrait encore récemment la britannique “Black Mirror” qui se fait l’écho de notre dépendance aux écrans et de la peur de la dérive potentielle des nouvelles technologies.
Jouer à se faire peur a toujours été l’un des ressorts essentiels de la fiction, qu’il s’agisse de romans, de cinéma ou de… séries. Jouer à se faire peur mais aussi s’interroger sur les dérives de nos sociétés, serait-on tenté d’ajouter. Ces questions, qui charrient souvent des parfums d’angoisse ou d’épouvante en quantité variable, ont été particulièrement présentes au cœur du récent Festival Séries Mania qui s’est achevé mercredi soir à Paris.
 
 
Peur de la fin de l’humanité avec “The Walking Dead”, peur des maladies avec “Cordon”, “Helix” ou “The End of the World”, peur des technologies devenues folles avec “Real Humans” ou “Black Mirror”, peur de la guerre avec “Résistance”, “The Crimson Field” et “Ceux de 14”. Sans oublier la plus importante et la plus fondamentale d’entre elles : la peur de la mort, qu’elle soit accidentelle ou le fait d’individus mal intentionnés (“Mafiosa”, “Gomorra”, “Mammon”, “True Detective” et toutes les intrigues policières en général).
 
 
La peur du virus inconnu et potentiellement fatal pour la race humaine est un thème classique du film d’horreur qu’un certain nombre de séries reprennent à leur compte et déclinent en fonction de leur public potentiel. C’est le cas de l’américaine “Helix”, de la belge “Cordon” et de la sud-coréenne “The End of the World”, toutes trois présentées à Séries Mania et dont les deux premières s’inscrivent en ce moment même sur nos petits écrans.
 
Cordon est diffusée le lundi soir sur VTM, tandis que Helix sera proposée en marathon dès ce dimanche de 13h35 à 22h55 sur Be Séries. Mais une telle prolifération n’est-elle pas inquiétante ?
 
 
Frédéric Lavigne, l’un des principaux programmateurs du Festival Séries Mania, sourit. “Nous avons évalué 250 séries environ pour faire notre sélection de cette année, confie-t-il. Et le comité de sélection (composé de quatre personnes) en a retenu 47. C’est un hasard si celles que nous préférions et que nous trouvions vraiment fortes, parlaient souvent de virus. Mais c’est indubitablement un reflet de notre réalité où il est question d’artefact, de viralité, de multimédia, de globalisation et d’épidémies aussi… Avec le sida, le SRAS, la grippe aviaire, Ebola, etc. Ce sont des questions qui sont dans l’air du temps et qui font écho aux préoccupations de nos sociétés. Nos séries se font l’écho du monde dans lequel nous vivons, c’est leur principale qualité. Et puis, la peur reste un formidable ressort scénaristique”, confirme-t-il.
 
Une peur des virus – qu’ils soient informatiques ou infectieux – qui, comme par hasard, provient souvent de l’étranger que l’on parle de lointains territoires ou de personnes migrantes (c’est le cas dans les trois dernières séries citées). Une donnée qui rajoute à l’univers de la série cette dimension de l’ailleurs inquiétant qui fait aussi écho à l’une de nos plus vieilles peurs.
 
 
Ph.: Wim Hendrix/Photo News - Cordon

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