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04/05/2014

Garde-manger pour oiseaux

La Libre, Momento, Dehors, jardin, oiseaux, nourriture, nichoirsDisperser quelques miettes sur une table à l’intention des oiseaux est un geste que nous avons tous fait un jour. Ce nourrissage peut devenir bien plus profitable encore en rendant le jardin attractif.

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur

 

AUJOURD’HUI, DES RAYONS entiers des grandes surfaces sont consacrés aux mélanges de graines en sachet, boules de graisse et mangeoires pour oiseaux. Les allées et venues autour de ces restos improvisés ne doivent pas faire oublier que leur première source de nourriture se trouve dans la nature. Et par voie de conséquence, dans un jardin où elle a encore sa place. Quand il s’agit de créer des lieux de refuge, l’espace occupé par les jardins des particuliers mérite d’être pris au sérieux. Même s’ils ne résoudront jamais à eux seuls tous les problèmes. Leur habitat n’est pas propice à tous les oiseaux. Cependant, ils peuvent puissamment contribuer au bien-être d’une multitude d’espèces ainsi qu’offrir à leur propriétaire la joie de déambuler dans un lieu peuplé de vie et de chants. La clé du “jardin animé” se trouve donc dans la façon dont il est géré. Les amateurs du “bird watching”, si cher aux Britanniques, y seront au comble du bonheur.
 
 
Qu’ils soient minuscules, moyens ou carrément plus grands, mangeurs de graines, consommateurs d’insectes ou chasseurs de campagnols, habitués de la lumière ou au contraire de la nuit, confiants ou farouches, taciturnes ou sociables, maints oiseaux peuvent être observés quotidiennement dans notre environnement. Au printemps, ils relâchent un peu leur vigilance, occupés aux parades amoureuses. C’est à cette époque qu’on entend le mieux les chanteurs, brillants ou modestes. L’hiver venu, ceux qui passent la mauvaise saison chez nous recherchent la compagnie de leurs congénères et même d’espèces voisines. N’ayant plus à protéger leur nichée, ils seront d’autant plus faciles à contempler près de la maison qu’ils y trouveront en abondance et quotidiennement une nourriture disposée en plusieurs endroits pour éviter les querelles.
 
Une mosaïque de gîtes et de nourritures différentes avantage la diversité de vos hôtes. Chaque espèce a son milieu privilégié. Pour les convaincre de nicher dans votre jardin, offrez-leur des sites adéquats. La réalité est bien loin de l’imagerie enfantine qui donne à voir les nids au milieu d’une branche d’un grand arbre. En effet, rien ne leur convient mieux que les arbustes denses et les ronciers. Les haies défensives ont également toute leur faveur (ils y sont à l’abri des chats). Ce qu’ils apprécient par-dessus tout, c’est la tranquillité. Perturbez le moins possible leurs lieux de vie. Pas de grand ménage. Réservez-leur un endroit où vous jardinez relax.
 
 
Organisez vos plantations en étages successifs. Outre le fait que cela permet de cultiver davantage de plantes dans un espace donné, ce qui ne laisse aucun jardinier indifférent, cela augmente la diversité des espèces accueillies. Chaque oiseau opère à un niveau qui lui est propre. La grive musicienne, le pigeon ramier et la mésange à longue queue se cantonnent généralement à la cime des arbres. Le pinson et le rouge-gorge apprécient les arbustes tandis que les troglodytes, les accenteurs mouchets ainsi que le merle passent la majeure partie de leur temps sur la litière de feuilles et dans la végétation au ras du sol.
 
Plantez arbres et buissons. Les végétaux à baies sont les plus incontournables car ils nourrissent toute une gamme d’invités. Certains d’entre eux forment d’excellents abris, comme l’épine-vinette ou Berbéris. Ce qui ne gâche rien, c’est qu’ils peuvent aussi être très esthétiques et même attirer d’autres membres de notre faune.
 
 
Superbe, l’aubépine est un arbre ou un arbuste à multiples usages. Ses branches épineuses offrent un site de nidification sûr aux oiseaux. Ses feuilles attirent de nombreuses chenilles et ses fruits abondants en automne nourrissent les grives et bien d’autres.
 
Si la place le permet, sorbiers et bouleaux méritent d’être plantés. Les chatons des bouleaux femelles mûrissent à la fin de l’été et, en automne, chardonnerets, tarins des aulnes et diverses mésanges se précipitent sur leurs graines. Le sureau (faute de place, on peut cueillir ses fruits dans la nature et les suspendre à la mangeoire), le fusain, le lierre, et pourquoi pas un groseillier rien que pour eux seront de formidables garde-manger. Les nombreux insectes qu’ils abritent compléteront le menu… Les amateurs de plantes plus “exotiques”, planteront le Stranvaesia davidiana ou Photinia davidiana assez bon dans ce rôle pour peu qu’on ne le taille pas. Abeilles et bourdons ne peuvent résister à ses inflorescences en mai et ses fruits rouge cireux attirent beaucoup d’oiseaux l’hiver.
 
 
Nichoirs et mangeoires
 
 
Un livre vient de paraître aux éditions Weyrich rempli d’astuces et de conseils pour accueillir les oiseaux au jardin. Il permet d’améliorer l’observation quotidienne de ceux qui vivent à notre porte.
Il passe en revue les possibilités pour les attirer le plus efficacement possible. Haie sauvage, mare, verger, potager, compost, tas de bois, vieux murs sont autant d’opportunités pour leur offrir gîtes et couverts variés. Les auteurs souhaitent donner un coup de pouce à la nature à travers ces lignes. Une partie du livre est consacré à “La vie secrète des mésanges”. Une minuscule caméra placée à l’intérieur d’un nid de mésanges a permis la réalisation de ce reportage passionnant. À découvrir absolument.
 
Nichoirs et mangeoires, Marc Fasol, Damien Hubaut, Philippe Dieu. Weyrich Edition 2014. ISBN 978-2-87489-265-3. www.weyrich-edition.be
 
 
Ph.: JJ van der Meersch

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