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11/05/2014

Plantes pour situations difficiles

La Libre, Momento, Dehors, plantes, natures de sol, difficileDans un espace même restreint, le jardinier peut être confronté à des situations très diverses. Les conditions varient. À chacune d’elles, ses plantes adéquates.

De bon conseil: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


TOUS LES VÉGÉTAUX PUISENT dans la terre, les éléments essentiels à leur vie. Il existe plusieurs qualités de terre et les plantes les apprécient différemment. Ce n’est pas le seul point qui influence la réussite d’une plantation. La région, le climat et l’exposition. Soleil ou ombre, un peu des deux ? Autant de questions dont il convient de connaître la réponse. Souvent le jardinier déplore l’excès d’humidité, de sécheresse ou le manque de lumière dans son jardin.
Pourtant, dans le très vaste éventail des possibilités mises à notre disposition, il existe une plante pour chaque emplacement. Le tout est de prendre le temps de l’observation et de la réflexion pour trouver la variété adaptée. Les végétaux, confrontés à nos exigences, font souvent preuve d’une étonnante souplesse. En fait, derrière l’apparente difficulté de certaines conditions se cache souvent, après recherche appropriée, l’intense satisfaction de voir s’épanouir la plante “ad hoc”.
Voici quelques exemples de lieux compliqués et de plantes qui pourraient s’y plaire.
 
Caillouteux et calcaire
 
Parfois un vrai casse-tête, ce sol est très rapidement asséché et toute la difficulté est de maintenir un certain taux d’humidité dans cette terre trop bien drainée. Augmenter la capacité de rétention d’eau à la plantation en ajoutant un bon compost est la solution la plus simple. Les espèces méditerranéennes sont les championnes de ces conditions, elles poussent naturellement dans ces sols. Ce sont les températures hivernales ou le manque d’ensoleillement qui font la différence avec leur lieu d’origine. Les sols calcaires peu profonds sont impropres à la culture de toutes les plantes acidophiles. Quoi qu’il en soit, beaucoup de végétaux s’y trouveront parfaitement à l’aise comme les lilas, le cornus mas, les clématites, les iris barbus, le Ceratostigma plumpaginoides. Enrichir la terre au fil des années permettra de cultiver davantage de variétés, et les inconditionnels des plantes de terre acide devront les cultiver dans des “raised bed” comme les Anglais. Il s’agit d’emplacements surélevés remplis d’une terre appropriée au type de culture choisie.
 
Ombre sèche
 
Probablement le cas le plus désespérant pour bon nombre de jardiniers. L’ombre située sous les grands arbres, là où les vieilles racines s’approprient toute l’eau et la nourriture est la plus difficile à meubler. Impossible d’y établir des plantes qui ont besoin d’une terre riche. Seuls les couvre-sols pas trop regardants pourront s’y développer sans trop de problèmes. Ici aussi la solution passe par l’amendement du sol à la plantation et un arrosage régulier jusqu’au complet établissement des plants. Le paillage est bénéfique et primordial. Si l’on y inclut la chasse aux limaces. Une autre euphorbe apprécie ces endroits, Euphorbia amygdaloides var.robbiae. Le Tellima grandiflora, une fois installé, se ressème sans compter. Pensez aux Aucuba japonica ‘Rozannie’ ou à l’Aucuba japonica longifolia pour changer des classiques Aucuba à feuilles panachées jaune et vert. Un petit arbuste moins connu Ruscus aculeatus ressemble à un petit houx et est intéressant par ses baies rouges.
 
En plein vent
 
Certains sites nouvellement plantés sont parfois très exposés au vent. Ses effets peuvent être dévastateurs. Non seulement il dessèche les feuillages, mais il peut également casser les branches les plus fragiles, voire arracher les jeunes plants. L’essentiel est de parvenir à diminuer sa force et celle de ses rafales. Une haie ou une palissade à claire-voie le filtrent et l’atténuent. Ce qui est préférable à un mur qui crée des tourbillons. Le mieux est de protéger les jeunes plantations par des écrans provisoires ou des brise-vent végétaux. Surtout ne pas oublier d’arroser les premières années car le vent assoiffe. Plus les plantes ont de larges feuilles, moins elles résistent au vent. Les feuilles se fripent ou se déchirent. Les vents sont particulièrement redoutables lorsque les arbres ploient sous les fruits. Les vents très chauds ou très froids sont à craindre. Dessiccation, gelure sont les témoins de son passage. L’argousier, Hyppophae rhamnoides, à pousses épineuses est un grand arbuste un peu oublié. Il supporte les sols pauvres, la sécheresse et surtout le vent et les embruns. Ses feuilles sont gris vert et ses fleurs minuscules. Il est intéressant pour ses fruits orange vif persistant longtemps sur les plantes femelles. Le Tamarix, l’Eleagnus ebbingei ‘compacta’, le Ligustrum ovalifolium, le Laburnum watereri ‘Vossii’, l’Atriplex halimus, les Nepeta, et quelques graminées comme les fétuques supportent le vent. Leurs exigences quant au sol et aux températures minimales peuvent varier.
 
Chaud et sec
 
Rien de plus frustrant que de voir ses plantations courber la tête sous la chaleur et prendre une mine assoiffée. La plupart des plantes qui apprécient les situations ensoleillées prospèrent mal dans les terres très sèches. Aussi paradoxal que cela puisse paraître. La nature a pourvu un grand nombre d’entre elles de systèmes D qui les aident à s’adapter à ces circonstances. Feuillages épais ou veloutés qui évitent la déshydratation et retiennent l’humidité. Se cantonner à des plantes pouvant supporter de longues périodes sans arrosage est prudent. Il est possible d’atténuer la difficulté en ajoutant au printemps un excellent compost, de réduire la perte d’humidité du sol par une couverture de fin gravier ou de lave, d’incorporer à la plantation de la matière organique ce qui aide les végétaux nouvellement plantés à traverser le premier été. Après, leurs racines auront eu le temps de s’enfoncer vers plus de fraîcheur. Les euphorbes, précisément les Euphorbia characias, se plaisent dans cette situation. Très spectaculaires, elles structurent le jardin par leur feuillage persistant. Les sedums s’y complaisent aussi. La texture charnue de leurs feuilles signe leur appartenance à la famille des succulentes et témoigne de leur résistance au manque d’eau. Mariez-les aux graminées et aux plantes à feuillage gris qui ont souvent les mêmes exigences. Le plus connu est le Sedum spectabile. Ses fleurs attirent les papillons et se teintent de rouge en automne. L’orpin, ou sedum acre, s’installe sur les murets et les toits dans les conditions les plus extrêmes. Les Stachys byzantinum, dits oreilles de lapin, y font d’excellents couvre-sols. Les valérianes, Centranthus ruber, les hélianthèmes, l’arbuste aux papillons, Buddleia alternifolia, l’arbre de Judée, Cercis siliquastrum, seront eux aussi ravis de cette chaleur.
 
La terre lourde et argileuse
 
Il semblerait que ce soit le lot commun à beaucoup de jardins. Ce type de sol glaiseux est froid, collant et humide en hiver ; sec et impénétrable en été. Cette terre ne se réchauffe que lentement au printemps. L’avantage principal de l’argile est d’être fertile. Elle a la propriété de très bien retenir les éléments fertilisants du sol pour ensuite les restituer aux plantes. L’important étant de la rendre plus drainante pour éviter l’humidité stagnante en hiver. Incorporer de la matière organique, du gravier ou de la lave permet aux racines des plantes de s’y développer plus facilement. Lorsqu’on amende le sol, il arrive qu’on ajoute de la chaux à la terre argileuse ce qui l’empêche de former une pâte onctueuse et la rend plus perméable. Mais tout chaulage doit être suivi d’un apport de fumure pour faire mentir le dicton : la chaux enrichit le père et ruine le fils. Travailler pareille terre peut être difficile après de fortes pluies. Mieux vaut attendre.
Un nombre surprenant de végétaux s’y plaisent et y poussent bien volontiers. Les rosiers adorent. Les cornouillers, Cornus alba sibirica, les pommiers décoratifs, les viornes, les anémones du Japon, les aconits, les Lythrum, les Veronicastrum. La liste est longue. On oublie trop souvent les Rodgersia qui sont parmi les plantes les plus majestueuses du jardin. Ils demandent un peu de patience lors de leur installation mais le jeu en vaut la chandelle. Ils aiment les sols frais et y développent un feuillage imposant. Magnifiques en sous-bois, ils font merveille en compagnie des astilbes et des fougères.
 
 
Ph.: MNC & MPV - Le Buddleia alternifolia argenté pour les terres pauvres en plein soleil.

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