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12/05/2014

La Lahn inférieure, vallée de châteaux

La Libre, Momento, Escapade, La Lahn, Vallée, Allemagne, Braunfels, DiezBraunfels, Limburg, Diez, Nassau sont les fiefs les plus importants qui surmontent la belle rivière de la Lahn, longue de 245 km. Nous verrons la partie inférieure, avant qu’elle ne se jette dans le Rhin.

En balade: Philippe Farcy


UNE RIVIÈRE NOUS SERT ici de fil conducteur sur un parcours qui ne fera pas la moitié d’un flux presque aussi long que la Belgique et qui se tortille entre les roches avec des airs amusés. La Lahn, tel est son nom, prend sa source bien haut, à 625 mètres d’altitude, dans des collines couvertes de forêts immenses et denses, plantées de feuillus. L’eau apparaît modestement juste à l’est de Siegen où nos armées étaient cantonnées jadis. On reviendra peut-être un jour sur Marburg, Giessen et Wetzlar que la Lahn désaltère.
 
Tout ceci se trouve à deux heures de Liège, c’est dire si on voisine avec des lieux fameux comme vous le verrez ensuite. En prenant Bad Ems comme lieu de repos, inutile de dire que les agréments ne manquèrent pas (les nouveaux thermes sont superbes), d’autant qu’en poussant une pointe au restaurant-hôtel “Zum Weissen Schwann” (Le Cygne blanc), à Braubach, on couronna les visites dans une ambiance chaleureuse et familiale grâce à Gerhild et Erich Kunz et leur fille Karolin; à ne pas manquer donc.
 
 
Braunfels fut la première étape d’un petit périple riche en surprises.
 
Fin novembre. Déjà, les jours sont courts. Partir de Namur à 16h était un peu limite. Alors, comme pour rattraper le soleil, après avoir roulé à plein gaz sur les autoroutes germaniques, nous nous retrouvâmes sur des routes sinueuses, montant sans cesse vers le vieux bourg de Braunfels, atteint dans une pénombre et dans une brume glaçante qui ajoutèrent à la monumentalité du site. Les “Fées” de Wagner (on les donne au Gewandhaus de Leipzig début juin) ne devaient pas être loin.
 
La cité est sommée d’un château fort, élancé par sept tours, comme on en voit rarement chez nous, mais souvent dans les anciennes principautés allemandes. Pour arriver au château, il faut d’abord passer sous un châtelet d’entrée, inscrit entre les maisons à colombages. La pente est raide, les escaliers fins sont glissants et cabossés. Puis il faut passer sous un long tunnel six fois centenaire. Il compte dans son flanc droit un portail latéral menant à l’antique prison, creusée dans la roche... Confort garanti. On arrive ensuite dans la cour d’honneur où on découvre une pierre sombre, massive. Elles nous enserrent comme les vents froids de l’hiver naissant. Ambiance.
 
 
Nous sommes chez des princes et comtes, selon les branches, issus de la lignée des Solms, unis à toutes les cours du nord de l’Europe en des temps anciens. Mais les Solms d’ici se sont éteints en 1970, et ce sont les petits-enfants du dernier prince, comtes Oppersdorf, qui reprirent le flambeau. Un jeune couple de moins de quarante ans y vit dans des murs de pierres mal équarries, continuant la lignée sur des crénelages et des échauguettes dont on nous jura que la vue sur les domaines circonvoisins était sublime. On y a cru.
 
Le château se visite et il vaut la peine pour la richesse de ses collections de tableaux anciens, flamands et hollandais, ses centaines de portraits, sans oublier les panoplies d’armes et les souvenirs de chasses aux sangliers. Une salle couverte de toiles peintes dans la première moitié du siècle passé, sur le seul sujet de ces cochons sauvages, est digne des plus grandes mains.
 
 
Dans une des maisons de la cité, qui n’est au fond qu’un gros village, est né Friedrich-Ludwig Mallet (1792-1856), grand prédicateur luthérien, ayant vécu à Brême. On trouve par ailleurs plusieurs salons de thé dont celui de J.-J. Darboven, maître pâtissier célèbre dans la région. Il façonne des “Braunfelser Marzipanstollen” “à se rouler dedans”.
 
Infos : http://allemagneofficedutourisme.be/fr.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, La Lahn, Vallée, Allemagne, Braunfels, DiezDiez, fief royal
 
Deux châteaux, un village et une même famille, illustre s’il en est, à savoir les princes d’Orange. Ils sont issus de Nassau et, depuis des siècles, les ramifications en Allemagne sont devenues immenses jusqu’à pousser en Brabant, au château de Corroy. Des photos sont exposées avec fierté au château de Diez, qui montrent les visites des princes néerlandais au cours du XXe siècle. On n’oublie pas d’où l’on vient et cela tisse des liens.
 
Les deux Diez sont diamétralement différents. Celui qui trône sur le village vaut celui de Braunfels, en plus puissant, ancien, impressionnant, avec l’avantage d’être blanc. Mais, ici, point de princes ni de comtes. Par contre, on y fait les comptes chaque matin pour les visiteurs nocturnes venus y loger. C’est une auberge de jeunesse, ce qui ne doit pas trop plaire à la princesse Amalie qui sommeille dans son magistral mausolée de marbre blanc et noir, flamboyant de décors baroques, dans un bas-côté de la petite église du village.
 
Le Diez jeune, c’est le contraire; on l’appellerait volontiers le “Clair Diez”. Il n’est pas au cœur du village. Il est isolé, loin des populations, posé sur un contrefort de la rivière, à la lisière d’un parc immense qui termine en forêt. Dans ses ailes successives, peintes de jaune et de blanc, il chante la joie de vivre même s’il est aux mains des forces armées. Tout est rocaille ici, à commencer par l’escalier dont on voudrait être prisonnier de la cage. Les salles d’apparat, les chambres, la salle de bal, surtout, et son parquet sublime sont des enchantements pour l’art des stucateurs. Puis il y a la chapelle où, s’il fallait prier, ce serait pour demander au “suisse” de nous laisser en paix à admirer le maître-autel ou mieux encore l’orgue, même s’il est dix fois plus petit que celui de Saint-Aubain. Les décors intérieurs remontent au temps de Johan-Willem-Friso, prince de Nassau-Diez et époux de Marie-Louise de Hesse-Cassel, vers 1730-1745. Mais l’édification de ce château moderne est de la génération précédente, et c’est la princesse Henriette-Amalie d’Anhalt-Dessau, mère de Friso, qui est partout mise en avant. Diez est une caserne et ne se visite pas.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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