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17/05/2014

Effet médiatique

La Libre, Momento, Autoportrait, Liliane Balfroid, dictéeLiliane Balfroid est la fondatrice et organisatrice de la Dictée du Balfroid. Elle a reçu différentes décorations dont “Le mérite wallon”, les grades de chevalier et d’officier dans l’ordre des Palmes académiques, le prix Claude de Groulart et la Pléiade, l’ordre de la Francophonie et du dialogue des Cultures.


LILIANE BALFROID EN 6 DATES

21 juillet 1936 : ma naissance. Je suis née dans une famille rurale de la région de Saint-Hubert, à Awenne précisément.
 
1951 : mon entrée en internat à l’école Normale des Sœurs de la Doctrine chrétienne à Virton a auguré de mon avenir. C’était une école très stricte, mais à hautes valeurs pédagogiques où j’ai tout appris, spécialement mon savoir en français.
 
1956 : ma carrière d’institutrice a débuté à Heure-en-Famenne, petit village non loin de Marche. C’est là que l’inspecteur cantonal, au vu de ma façon d’enseigner, me promit une brillante carrière. Il ne croyait pas si bien dire…
 
1987 : je quitte l’école après avoir exercé ma profession d’institutrice primaire et aussi de directrice dans la région bruxelloise. Ce n’était pas fini. Mes collègues me demandent de ne pas arrêter, étant donné mon “talent” pour l’orthographe qu’il ne fallait pas laisser perdre.
 
1988 : c’est cette année que commence la Dictée du Balfroid sur un mode artisanal. Bruxelles la première année, suivie des régions wallonnes adhèrent au projet.
 
1996 : l’histoire continue avec le partenariat de “La Libre Belgique”. Nous voilà à la télévision, d’abord sur RTL puis sur la RTBF et enfin RTC Liège. En 2014, l’engouement ne se dément pas : 490 élèves s’affrontent en finale ce samedi à Liège.
 
 
UN EVENEMENT DE MA VIE
 
Je peux dire que ma dictée, qui avait déjà dix ans en 1997, a été redorée et rehaussée par la présence des médias en 1996.
En effet, c’est cette année-là que j’ai connu Guy Daloze, rédacteur à “La Libre Belgique”, et qui, par sa proposition à prendre le train en marche, a donné un coup d’accélérateur à la dictée qui désormais était connue à Bruxelles et dans toute la Francophonie.
Je n’ai jamais regretté cette alliance, car aujourd’hui encore, même si les moyens ont changé, la Dictée du Balfroid reste un grand événement.
Actuellement, la reprise du partenariat par “L’Avenir”, il y a six ans, fonctionne bien, et mon comité et moi-même ne pouvons que nous en féliciter.
 
 
UNE PHRASE
 
“J’ai vécu pour la foule, mais je veux mourir seul.”
Chateaubriand
Cette phrase semble assez bien convenir à mon état d’esprit. Aujourd’hui, je suis plus près de mourir que de vivre. J’ai été malade, mais je continue. Comme Molière, je mourrai en scène.
 
 
TROIS MOTS
 
Amour
Celui qui n’aime pas, ni lui ni personne, est un homme mort. Il n’a pas de raison d’exister. Son égocentrisme le coupe du monde, le réduit à une fleur qui se fane progressivement. L’amour considère les autres comme aimables et leur accorde un maximum de temps, d’attentions et de prévenances.
L’amour, c’est donner à l’autre, aux autres, mais aussi avoir l’humilité de recevoir. L’amour, c’est la vie de tous les jours, c’est la raison d’être des êtres humains que nous sommes, “l’amour ne passera jamais”.
 
 
Courage
C’est le deuxième mot qui m’interpelle. On n’arrive pas à un âge avancé sans avoir eu le courage de vivre, de vaincre, fût-ce la maladie qui ne m’a pas épargnée. Sans courage, on court à sa perte, à la perte de ses facultés, de ses possibilités.
Le courage va plus loin que la résignation; le courage veut avancer, veut progresser, le courage n’est pas là pour épater, mais pour vivre ou survivre, pour conquérir, pour aller plus loin.
 
 
Persévérance
Voilà qui manque le plus à celui qui est en échec; s’il n’a pas cette vertu, il s’enfoncera toujours plus. Quoi qu’il arrive, il faut avoir des projets, il faut persévérer dans une tâche que l’on a prise à cœur, il faut mener le combat jusqu’au bout, sans jamais se lasser. C’est ce que je fais, continuant depuis 27 ans à motiver élèves et enseignants pour faire gagner l’orthographe et tout le plaisir qu’apporte sa réalisation.
 
 
TROIS ARBRES
 
J’aime tout spécialement la nature dont presque toutes mes dictées sont imprégnées. C’est mon Ardenne natale, mes fibres profondes qui s’y retrouvent.
 
 
Le cerisier
J’en ai un dans mon jardin à Wezembeek-Oppem. Quand nous avons construit, j’ai voulu un arbre. La cerise étant mon fruit préféré, j’ai choisi un cerisier. Je ne mange cependant pas les fruits du mien, je les laisse aux oiseaux. J’adore observer cet arbre qui a la particularité d’avoir des fleurs avant d’avoir des feuilles.
 
 
Le prunier
Celui-là est dans mon jardin à la campagne. Il me donne les fruits que je traite en exquises confitures. La première chose que je fais quand je retourne là-bas est de vérifier si cet arbre me donnera des prunes cette année. Il vieillit mais je ne veux pas qu’on y touche.
 
 
Le groseillier
Il est vieilli, mais reste le témoin des jeux de mes enfants. Il n’a d’ailleurs rien à envier à ses deux prédécesseurs. Même s’il semble s’éteindre, je ne le sacrifierais pour rien au monde. Les quelques grappes de groseilles rouges qu’il donne encore suffisent à me réjouir.
 
 
TROIS ANIMAUX
 
La vache
Toujours en référence à la vie de mes parents et de mes grands-parents, j’adore les vaches. Je les trouve placides, toujours égales à elles-mêmes, les pieds sur terre à nous regarder passer depuis les grandes prairies où elles paissent parmi les pissenlits. Lorsque j’en vois dans leur pré, j’ai envie de m’arrêter et de les compter.
 
 
Le chien, mon chien
Nous avons un chien bâtard, mais on ne peut plus gentil. Le compagnon rêvé de Lilou, notre arrière-petite-fille de bientôt deux ans. Il nous avait fait pitié, gémissant dans la cage du refuge qui l’avait recueilli. Depuis près de dix ans, il nous accompagne et accueille les visiteurs par des jappements joyeux. C’est le type de l’ami que l’on voudrait avoir, muet, mais comme à l’écoute de tous nos soucis autant que de nos joies.
 
 
Le rouge-gorge
Il y en a un qui vient sur ma terrasse, c’est le seul. Quand nous ne le voyons pas, nous nous demandons ce qu’il est devenu, mais il revient régulièrement. Nous le nourrissons en lui déposant des miettes. C’est un habitué de nos petits-déjeuners.
 
 
UNE DATE
 
1944
Une date ou plutôt 18 jours ont marqué ma très jeune existence. C’est la bataille des Ardennes; pendant cette période douloureuse, j’ai passé 18 jours dans une cave voûtée à Awenne, accompagnée uniquement de femmes, les hommes étant réquisitionnés pour dégager les routes enneigées. Les Allemands devaient passer par là et… grand bonheur, exultation générale, ce furent les chars américains qui nous délivraient enfin de nos peurs et de nos angoisses. Le monde était sauvé, le monde retrouvait la liberté.
 
 
Ph.: Johanna de Tessières

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