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17/05/2014

Spa-Classic d’entre les classiques…

La Libre, Momento, Routes, Spa-Classic, Spa-Francorchamps, légendes, vente, autoCe week-end, le circuit de Spa-Francorchamps vibre à nouveau au son de bolides qui ont fait sa riche histoire moderne, des GT des années 60 aux prototypes du Groupe C à l’aube des années 90. Un festival, un musée roulant, un spectacle total.

Dominique Simonet


EN DÉBARQUANT À SPA EN 2011, Peter Auto, qui organise également Le Mans Classic, s’était donné trois ans pour imposer son concept en Belgique. Il faut croire qu’il a réussi, puisqu’il revient pour une quatrième édition de Spa-Classic, malgré un millésime 2013 en demi-teinte, perturbé par un temps quasi hivernal qu’affrontèrent quelque 13 000 authentiques passionnés.
 
Le principe est toujours le même : une ambiance festive dans les paddocks, au contact direct avec bolides, pilotes et mécanos, et un spectacle fantastique tout autour du circuit, réputé le plus du monde. Les courses, par catégories et époques, mettent en scène des voitures taillées pour les longues épreuves d’endurance. Les plus anciennes datent des années cinquante, les plus récentes remontent au Groupe C, prototypes de catégorie 24 heures du Mans dans la première moitié des années 80 jusqu’au tout début des 90.
 
C’est un véritable musée roulant, fumant et pétaradant qui, depuis le virage de la Source, plonge vers l’Eau rouge avant d’escalader un Raidillon dont la réputation dépasse largement les collines stavelotaines. Les deux catégories reines, Classic Endurance Racing (1966-1979) et Sixties Endurance (avant 1966) présentent les plus beaux plateaux. Dans la première, s’affrontent Ford GT40, Alfa Romeo T33, Lola T70, Chevron B8 à moteur BMW, Porsche 906 (Carrera 6) et 908 mais aussi une ribambelle de 911. Puis d’autres Lola, Chevron, Porsche 935 ainsi qu’une BMW M1, une Rondeau de 1978, une De Tomaso Pantera.
 
Présentant le plateau toujours le plus étoffé, avec 75 voitures, le Sixties Endurance est aussi le plus sympathique par le style des bolides et leur sonorité expressive. La catégorie est dominée par les Jaguar Type E (15), suivies par les 911 (10) et les Ford Shelby AC Cobra (0). Avec lesquelles rivaliseront des MG B, Austin Healey 100M ou 3000, Alfa 1600 GTA, quelques Lotus Elan et Elite… C’est la catégorie bénéficiant de la course la plus longue, deux heures d’affrontement le couteau entre les dents.
 
Toujours avant 1966, les belles italiennes et quelques invitées de marque enluminent le Trofeo Nastro Rosso, qui aligne quelques véhicules d’exception. Donc de prix. Il faudra faire gaffe aux carrosseries. On y verra notamment, sur une Ferrari 250 GT, Jackie Oliver, qui fut le partenaire de Jacky Ickx lors de leur légendaire victoire au Mans, en 1969, sur Ford GT40 Gulf !
 
Déjà populaires à leur époque, les prototypes racés du Groupe C, on ne s’en lasse pas. Notamment parce qu’on y verra des Porsche 956 que Jacky Ickx emmena pour la première fois à la victoire au Mans en 1981, et qui triomphèrent aux 1000 Km de Spa en 1982 et 1983 avec Ickx-Mass, et encore l’année suivante. Elles aussi victorieuses dans la Sarthe les 962 sont aussi heureuses de retrouver Spa, où elles remportèrent les 1000 Km édition 1986. Tenteront de damer le pion à cette armada de plus du tiers du plateau, Mercedes C11, Jaguar XJR16, Aston Martin AMR1, Nissan R90, Spice, voire Cheetah, Intrepid, Tiga…
 
Les monoplaces ne sont pas en vedette au Spa Classic. Les Formule 2 sauvent l’honneur, qui animèrent le Championnat d’Europe entre 1967 et 1978. March, Brabham, Lola, Chevron, Lotus 69 sont à la fête.
Après les essais libres et premières qualifications vendredi, les dernières qualifs et les courses commencent le samedi 17 mai de 9h à 0h15 du matin le 18, et le dimanche 18 de 9h30 à 17h55.
 
www.spa-classic.com
 
 
Quelques joyaux sous le marteau de la maison Bonhams
 
Comme les grandes manifestations telles que le Goodwood Festival of Speed, Spa Classic a sa vente aux enchères. Depuis l’an dernier, la maison britannique Bonhams disperse une septantaine de lots, sous la direction de Philip Kantor, responsable pour l’Europe.
 
Cette année, en couverture du catalogue, pas de belle auto, mais le design moderniste du compteur de pression turbo d’un des deux clous de la vente, une Porsche 911 Turbo Coupé à carrosserie de 935, une pièce unique commandée par Mansour Ojjeh, homme d’affaires passionné de F1 qui détient la structure d’investissements TAG et des parts dans McLaren. Cette voiture de 1983, dont la puissance a été augmentée à 375 ch, est estimée entre 300 et 400 000 euros.
 
Mais l’estimation la plus haute est détenue par une Ferrari, bien sûr, une 308 GTB Groupe B produite par le préparateur Michelotto. Voiture de rallye au joli pedigree, victorieuse du Championnat d’Espagne et vice-championne d’Italie, cette 308 GTB caracole entre 550 000 et 750 000 euros.
 
Une autre vedette est la Ferrari 365 GTB/4 Daytona Berlinetta de 1973 estimée entre 300 et 400 000 euros, mais l’intérêt de la vente réside aussi en une collection très britannique de 32 lots, sans prix de réserve et réservant donc, peut-être, de bonnes affaires. On admirera l’Alfa Romeo 2600 Spider 1964 rouge carrossée par Touring Superleggera (65-75 000 euros) ou, toujours par le même carrossier, la Lancia Flaminia 3C Cabriolet blanche de 1963 (95-125 000 euros). L’on voit aussi que les belles Austin Healey 100M sont très prisées (130-160 000 euros), et certaines Mercedes-Benz 230 SL un peu trop (85-100 000 euros). Trois curiosités pour terminer : une Hommel Vaillante “Grand Défi” de 1999 (60-80 000), un moteur Alfa Romeo 1600 GTA de 240 ch fabriqué par Autodelta en 1966-67 (75-100 000 euros), et trois Jaguar Type E “Series 1” débarquées des États-Unis dans un drôle état, à retaper donc.
 
Vente Bonhams dans les paddocks du circuit, dimanche 18 mai à 14h.
 
 
Ph.: photoclassicracing.com

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