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18/05/2014

La folie food truck

La Libre, Momento, Papilles, street food, food truck, BruxellesLe week-end dernier, le Brussels Food Truck Festival a régalé quelque 22 000 personnes. Retour sur un phénomène en pleine expansion.

Entretien: Laura Centrella


PRÉSIDENT DE LA BELGIAN FOOD TRUCK Association, Fabrice Willot (à la tête du “Mobile Bar”, food truck spécialisé dans les cocktails) est l’une des chevilles ouvrières du 1er Brussels Food Truck Festival, qui s’est déroulé du 9 au 11 mai derniers aux pieds de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. Durant trois jours, Bruxellois et touristes ont pris goût à la gastronomie mobile, une mode qui nous vient des États-Unis et qui a le vent en poupe en Europe depuis quelques années.
 
Quel bilan tirez-vous de ce premier Food Truck Festival ?
C’est un vrai succès. On ne pourra pas dire que c’est à cause du temps (pluvieux et venteux tout le week-end, NdlR) que 22 000 visiteurs sont venus ! Quelque 35 000 portions ont été vendues et certains food trucks étaient en rupture de stock dès le premier jour ! Je souhaitais ce festival parce que beaucoup de personnes ne savent pas encore ce qu’est un food truck. Nous parlons d’ailleurs désormais de “gourmet street food”. Ce n’est pas non plus seulement des croque-monsieur mais du libanais, des insectes, de l’industriel, de l’artisanal… Il y a de la variété et de la qualité. Il fallait que nous puissions convaincre le public, les politiques et les journalistes. C’était aussi une manière de se retrouver et de faire la fête !
 
Qui se cache derrière la Belgian Food Truck Association et pourquoi a-t-elle été créée ?
Nous sommes une association de professionnels, de “food truckers”, qui s’est créée en janvier 2014. En même pas 5 mois nous avons déjà 89 membres. Nous jouons notamment un rôle d’intermédiaire entre les clients souhaitant organiser un événement et nos membres. Nous allons aussi éditer un “livre blanc” pour répondre aux questions des gens qui souhaitent se lancer dans l’aventure du food truck. Une association européenne est en cours de développement pour partager les expériences, développer des outils communs, comme des applications mobiles…
 
Que représentent les food trucks en Belgique aujourd’hui ?
La tendance vient des États-Unis mais les food trucks existent depuis plus de 10 ans en Belgique et certains sont encore là. Il y a 20 ans, il y avait déjà des camions-pizzas en France… Aujourd’hui, en Belgique, on compte environ 240 camions de nourriture : 38 % en Wallonie, 32 % à Bruxelles et 30 % en Flandre. Les food trucks ont permis la création de 60 emplois en 12 mois. Beaucoup de jeunes qui sortent d’une formation horeca n’ont pas les moyens d’ouvrir un restaurant, tandis que beaucoup d’autres y voient une belle reconversion. En Belgique, cela représente aussi 43 % de femmes. Sans doute parce que c’est un job multitâches, avec de la cuisine, de la décoration, de la comptabilité…
 
Durant le festival, le hamburger semblait omniprésent…
Beaucoup de food trucks proposaient effectivement des burgers et moins d’ethnique. C’est représentatif de ce qu’on trouve en Belgique… Mais nous allons bientôt avoir un food truck argentin par exemple.
 
Quelle est la législation en Belgique pour les food trucks. Existe-t-il une rivalité avec les restaurateurs ?
En Belgique, les food trucks n’ont pas de statut officiel. Nous sommes des entrepreneurs et quand l’Afsca nous contrôle, on est parfois considéré comme des traiteurs, des ambulants… en fonction du type de produit que l’on propose ou de l’équipement. Ce sera sans doute légiféré un jour mais on ne pousse pas à cela car nous avons peur des règles drastiques qui pourraient nous être imposées. Mais nous poussons nos membres à respecter les règles sanitaires, fiscales… Nous ne faisons pas de concurrence déloyale aux restaurants car nous ne vendons pas la même chose, nous n’offrons pas le même confort. Il nous faut une autorisation des communes pour s’installer sur la voie publique, parfois jusqu’à 7500 € par an. C’est beaucoup quand certains ont du mal à boucler leur fin de mois. Deux communes bruxelloises ont décidé d’interdire les food trucks, sans doute parce qu’elles ont entendu que la Ville de Paris avait décidé de les interdire. La France est en train de louper le coche. Au contraire, la Ville de Bruxelles est en train de mettre en place un parcours food trucks autour d’une vingtaine de camions qui bénéficieront d’une réglementation spécifique, d’emplacements précis (Porte de Namur, Porte de Hal, place de la Monnaie…), d’horaires définis…
 
Que nous réserve le festival en 2015 ?
Cette année, nous avons reçu beaucoup de demandes de camions étrangers et il est logique qu’à Bruxelles, capitale de l’Europe, le festival prenne une connotation européenne. Nous essayerons d’avoir encore plus de food trucks (passer de 36 à 60), d’apporter plus de variétés en termes de look et de nourriture, avec notamment plus de cuisines belge et ethniques. Mais deux autres villes belges, une en Wallonie, l’autre en Flandre, nous ont déjà contactés…
 
Plus d’infos sur www.belgianfoodtruckassociation.org.
 
 
Ph.: H.H.

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