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20/05/2014

Amay a plus qu’une tour dans son sac

La Libre, Momento, Vie de château, donjon, AmayLa tour romane d’Amay est une des plus imposantes de la vallée de la Meuse. Affectée par des constructions du voisinage, elle garde sa fierté.
 
Philippe Farcy


L’ÉVOCATION LA SEMAINE PASSÉE du petit donjon d’Offus nous a donné envie d’aller regarder celui bien plus célèbre d’Amay. Jadis perdu dans la plaine alluviale de la Meuse, il est aujourd’hui enserré dans des maisons populaires, mais on lui a laissé un peu de place, au contraire du château des barons de Stockem situé à 800 mètres d’ici. La meilleure littérature concernant le donjon d’Amay se trouve dans le troisième volume des “Donjons médiévaux de Wallonie”, paru en 2003.
 
Le donjon était donc isolé et, jusqu’en 1928, il était accompagné de constructions utilitaires et d’un corps de logis des XVIe et XVIIe siècles. Ceci fut détruit sans raison apparente. On imagine que l’incurie fit encore son œuvre, d’autant que les bâtiments étaient en bon état. Il en reste une image disponible sur le site de l’Irpa (www.kik-irpa.be). Une pièce d’eau, plus décorative que défensive, entourait la bâtisse encore il y a cent ans. Cela explique le léger fossé et le pont de bois qui mène au deuxième niveau, laissant le rez inaccessible et à vocation de caves. Le donjon, qui a une emprise au sol de 81 m², offre une surface habitable par niveau de seulement 36 m². Cela donne une idée de l’épaisseur des murs. Elle va de 150 à 205 cm, ce qui est indispensable pour les escaliers de grès qui s’y trouvent. Le donjon monte sur 15,50 mètres. Peut-être était-il un peu plus haut jadis.
 
L’édifice est classé depuis le 5 novembre 1965. C’est mérité car, sauf quelques restaurations d’usage, il est à peu près dans son état d’origine. Il superpose quatre niveaux qui sont reliés par des escaliers intra-muros. Il y a quelques graffitis du début du XVe siècle au deuxième niveau.
 
 
Du point de vue historique, nous sommes en terres liégeoises et dans l’avouerie d’Amay. Le chapitre de Saint-Lambert détenait les droits juridiques à partir de 1310. Les Waroux de Warfusée en furent les bénéficiaires de manière héréditaire. Puis ce fut le tour des Rochelée, entrés ici à une date inconnue mais qui gardèrent la charge jusqu’au dernier voyage de Nicolas de Rochelée, en 1822. Les Rochelée furent encore propriétaires jusqu’en 1913. Ils vendirent alors la tour, et le bien passa en différentes mains. La commune a acheté le domaine en 1971. L’architecte B. Herbecq fut appelé pour des restaurations.
 
Visites possibles et souhaitées, mais aussi pour aller voir la collégiale et les bâtisses des chanoines qui la regardent.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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