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25/05/2014

La troisième dimension du jardin

La Libre, Momento, Dehors, jardin, hauteurLe jardin, c’est d’abord la terre, et le jardinier la trouve souvent bien basse. Mais c’est aussi le ciel que l’on peut vouloir habiller en créant une troisième dimension.

Têtes en l'air: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


UTILISER LES RESSOURCES de la verticalité pour disposer d’aires de plantations nouvelles est une manière d’ajouter de l’espace à nos jardins tout en gagnant de la hauteur. Les murs végétaux en sont une des plus récentes illustrations et ont enrichi la panoplie des solutions mises à notre disposition.
 
Notre vision se fait plus facilement latéralement que de bas en haut. Il convient donc de trouver des moyens de nous faire quitter le sol du regard. Sur un terrain plat, complanter des végétaux de tailles différentes, dont des arbres, incite le promeneur à progressivement lever les yeux vers le ciel. Ce simple geste change notre perception du lieu et de ses dimensions. Il nous paraît alors plus grand. À défaut d’arbres, les pergolas, arceaux, arcades, obélisques, tonnelles, treillages sont des supports aux formes simples ou élaborées qui, par leurs présences, ajoutent un peu d’“altitude” au jardin. La plus petite surface peut les accueillir et prend alors ampleur et volume. Ces supports masquent une vue indésirable, escamotent un mur inesthétique, garnissent une façade, couvrent un grillage ou une clôture, dessinent une promenade sous une voûte fleurie. Ils créent une échappée ou un point de mire. Lorsqu’ils servent de passage, créant une perspective et invitant le visiteur à l’emprunter, leur impact est plus grand encore. Ils marquent les limites et séparent des parties distinctes du jardin. Les réalisations les plus imposantes, comme les tonnelles et les pergolas, revêtues de végétaux, invitent à la découverte et suggèrent un certain mystère.
 
Prétextes à de multiples plantations, ces supports donnent un charme supplémentaire au jardin. Leur emplacement se choisit avec soin. Quand ils s’intègrent parfaitement, ils deviennent un élément de la structure même du lieu.
 
 
Toutes sortes de matériaux peuvent être utilisés pour jardiner la tête en l’air. Imagination et créativité sont les maîtres-mots de ces constructions. Même modestes, même de bric et de broc, elles sont déjà belles à peine terminées. L’âge les embellit. Le bois se patine, la peinture s’écaille leur donnant un charme désuet, les escaladeuses s’y prélassent.
 
Plusieurs matériaux se prêtent à leur édification, surtout si vous pratiquez l’art de la récupération et que vous êtes un tantinet bricoleur : métal, fer forgé, fers à béton, bois de charpente, perches de châtaignier écorchés, pierres, béton. Des claustras et treillages préfabriqués disponibles dans le commerce permettent des montages rapides.
 
Des structures métalliques disponibles dans les jardineries ou lors des fêtes des plantes présentent l’avantage de la légèreté, de la durabilité et de la facilité d’emploi. Plusieurs arceaux en enfilade et voilà que naît une promenade.
 
La maçonnerie est une option franchement plus délicate et mieux vaut avoir une solide expérience. Si ce n’est pas le cas, faites appel à des pros car, tant du point de vue de la sécurité que de l’esthétique, ce genre de travail ne supporte pas l’à peu près.
 
Le bois s’intègre facilement au jardin. Il y est chez lui. Certes, exposé en plein air, sa durée de vie n’est pas la même pour tous. Ne l’oublions pas, beaucoup de nos bois n’ont rien à envier aux bois exotiques.
 
 
D’autre part, des arbres peuvent être conduits de façon à former des arches ou des passages architecturés. Nul besoin d’être un as du jardinage pour tailler et palisser des hêtres, des charmes ou des ifs pour les faire se rejoindre en une jolie arcade qui renforcera la structure du jardin. Avant de vous lancer dans la plantation, observez les conditions de vie qui seront celles de vos futurs pensionnaires, c’est le gage de la réussite. Exposition, terre, ensoleillement.
 
 
Quelques escaladeuses
 
Au printemps. Les clématites : Clematis alpina, avec des fleurs bleues, blanches ou roses. Dans les lieux pas trop exposés aux vents froids, Clematis armandii, fleurs blanches et feuillage persistant. La Clematis cirrhosa ‘Wisley Cream’ est une adorable à réserver aux endroits protégés; son feuillage est lui aussi persistant. Les clématites montana sont plus vigoureuses avec des fleurs blanches ou roses.
Les glycines, Wisteria. Le choix est vaste, qu’elles soient japonaises ou chinoises. Ces dernières présentent l’avantage d’une légère remontée parmi le feuillage en été. Il existe des variétés aux fleurs plus parfumées que d’autres. Renseignez-vous. Les teintes vont du blanc au rose, du bleu au mauve. Ce sont des plantes très vigoureuses.
Les chèvrefeuilles, Lonicera, à la floraison blanc crème à rose orangé en passant par le jaune ou le rose fort. Beaucoup de variétés sont parfumées. Certains ont des feuillages persistants. Ils apprécient une terre légère et fraîche à la mi-ombre.
 
En été. Les rosiers sont sans conteste les rois de ce type de support dès le début de juin. Alternez ceux à floraison unique et très spectaculaire avec des rosiers dits remontants. C’est-à-dire qu’après la première floraison, ils prennent un temps de repos pour refleurir à la fin de l’été. D’autres sont à floraison perpétuelle, ceux-là produisent tout au long de la saison quelques fleurs. Le choix tant en couleurs qu’en genre de roses est immense. Cantonnez-vous à ceux qui ont fait leur preuve et sont exempts de maladies.
Les clématites ne sont pas absentes en été. Quelques-unes comme les viticella et texensis fleurissent à ce moment et sont très faciles à cultiver et à tailler. On trouve actuellement sur le marché les clématites de Raymond Evison aux fleurs étonnantes et à longue floraison (voir sur le site www.clematis.be).
Le jasmin officinal, Jasminum officinale, et le Trachelospermum jasminoides sont plus délicats et nos régions ne leur portent pas toujours chance. Tout dépend de l’endroit.
 
En automne. Les bignones, Campsis, offrent de brillantes fleurs orange ou jaune pâle, selon les variétés jusqu’à fin septembre.
Plusieurs clématites ont des floraisons tardives, Clematis tangutica avec ses dizaines de petites boules jaunes, Clematis paniculata à minuscules fleurs blanches légèrement parfumées, ainsi que la Clematis ‘Paul Farges’.
C’est à cette saison que l’on profite de la remontance des rosiers qui peut être magnifique selon les variétés et l’exposition.
Les Parthenocissus, vignes d’ornement, prennent de magnifiques teintes en automne, ne les oublions pas. Le Parthenocissus henryana a la particularité d’avoir les feuilles veinées de blanc durant l’été ce qui ajoute à son charme.
 
En hiver. Quelques plantes grimpantes ont des feuillages qui persistent l’hiver. Les clématites armandii et cirrhose, et certains chèvrefeuilles. Mais la structure dépouillée des glycines, bignones, clématites et des arbres palissés sur les tonnelles est en elle-même splendide en hiver.
 
 
Ph.: MNC & MPV

10:15 Publié dans Dehors | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, dehors, jardin, hauteur | |

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