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24/05/2014

Les nouveaux italiens

La Libre, Momento, Papilles, restaurants italiens, BruxellesIl est loin le temps des restos italiens vieillots, qui proposaient une cuisine transalpine désincarnée, résumée à quelques plats clichés toujours identiques. Aujourd’hui, quantité de petites adresses jouent la carte de l’osteria, petite adresse où l’on mange un bout autour d’un verre de vin. Soit autant de bistrots ou comptoirs gourmands polymorphes – on mêle souvent l’aspect resto, café et épicerie – qui offrent un ancrage de plus en plus fort sur les cuisines régionales de la Péninsule…

Mise en bouche: Laura Centrella & Hubert Heyrendt


Osteria Bolognese: les vraies pâtes à la bolognaise
“L’osteria bolognese” est l’un des restos bruxellois les plus courus sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’on se sentirait presque à Bologne dans cette osteria sans chichis, à la déco bric-à-brac et à la formule efficace. On glisse les pieds sous la table et l’on reçoit un petit verre de prosecco à siroter avec l’antipasto (8 €/pers.), composé d’excellentes charcuteries (notamment la mortadelle et le salame rosa) et d’un cornet de crescentine fritte (petits pains frits) à se damner. Reste à attendre les pâtes fraîches. Basta !
Pas de carte ici. Le patron, Giacomo, énumère les spécialités avec gouaille, rappelant que “les spaghetti bolognaise, ça n’existe pas” (sinon dans une version au thon !). Que la vraie recette, ce sont les tagliatelle al ragù (12 €), préparées ici comme en Emilie-Romagne, dans une version beaucoup plus axée sur la viande que sur la tomate. Les maccheroni al torchio (13 €) à la crème de pois chiche, pancetta et parmesan, et la gramigna à la saucisse blanche de Bologne (13 €) sont sur la même ligne. Et pour parfaire ce voyage à Bologne, on boira bon et pas cher, un Naigartèn (24 €), à base de negrettino, un cépage autochtone. Le tout dans une ambiance follement sympathique  !
49 rue de la Paix ,1050 Bruxelles. Fermé samedi midi et dimanche. Rens. : 0488.80.46.03.

Via Balbi: comptoir ligure
Ancien ingénieur chez Toyota, Davide Ferrari a décidé de changer de vie. Il a choisi depuis un peu plus d’un mois de faire découvrir sa région aux Bruxellois : la Ligurie. Au “Via Balbi” (du nom d’une grande artère de Gênes), comptoir moderne, on vient boire un café avec une pâtisserie, luncher ou prendre l’apéro, mais aussi pour se fournir en spécialités locales. À commencer par le pesto genovese bien sûr. On trouve ici l’excellent pesto frais Pestone (6,50 €/10,50 € le petit et le grand bocal), préparé comme il se doit à base de basilic de Pra’. On peut également y goûter sur place (10,50 €) avec les pâtes ligures traditionnelles (trofiette ou trenette) additionnées, comme à Gênes, de pommes de terre et de haricots verts.
Farinata (tarte à la farine de pois chiches), foccacia au fromage de type Recco (3,50 €/part)… On voyage presque sur la côte ligure au “Via Balbi”… Et on apprécie de retrouver les somptueuses Cinque Terre, avec le vino bianco (7€/verre) ou le sciachetrà (75 €/bouteille), vin liquoreux d’exception de la région à la fois DOC et Presidio Slow Food. Voilà qui donne envie de remettre le cap sur Riomaggiore ou Monterosso al Mare  !
80 rue de Namur, 1000 Bruxelles. Ouvert du mardi au vendredi de 8h30 à 20h30 et le samedi de 11h30 à 20h30.
Rens. : www.facebook.com/viabalbi ou 0485.52.15.95.

Piccola Store: sobriété napolitaine
Rosalba Astore et sa sœur Gioconda avaient œuvré au renouveau de la cuisine italienne à Bruxelles dans leur “Convivio”, place du Châtelain, en proposant une cuisine napolitaine simple et savoureuse. Après sa fermeture, fin 2012, Rosalba a décidé de poursuivre l’aventure en solo au “Piccola Store”, un traiteur où il fait bon luncher (15 €), voire dîner certains soirs.
C’est donc au rythme d’une cuisine du sud de l’Italie que l’on se régale ici depuis septembre dernier. En piochant par exemple dans la carte traiteur ou les suggestions du jour un sauté de calamars à la chicoria rossa (14 €) ou des orecchiette alle cime di rapa (12 €). Le constat est le même : la cuisson est parfaite et l’assaisonnement authentique. Dommage que l’osso-buco soit servi sans gremolata. Mais rien à redire du dessert, une efficace torta caprese (6 €), ou des flacons choisis par Rosalba.
Bref, de bons produits et un bon rapport qualité-prix pour cette cantine italienne de poche où il faudra absolument réserver !
48 rue Lesbroussart, 1050 Bruxelles. Ouvert de 12 h à 15 h (de 10 h à 18 h 30 pour le service traiteur et le bar à vins) et jeudi et vendredi soir (jusqu’au 26/9). Fermé le dimanche. Rens. : 0498.88.87.86 ou www.piccolastore.be.

Bottega 3: bistro sarde
Niché à Saint-Gilles, dans la même rue que sa maison-mère, l’excellente pizzéria “La bottega della pizza”, cette “Bottega 3” a tout pour séduire une clientèle jeune et urbaine. Déco de bistro basique (petits carrelages blancs, petites nappes à carreaux, verres dépareillés…), service punk et sympa, DJ sessions le jeudi soir… La bonne impression se confirme lorsque l’on jette un œil à la carte, qui met en avant les produits sardes, comme les bières artisanales de la jeune brasserie Barley, pas données mais très intéressantes et qui témoignent du renouveau de la bière en Italie.
Dans ce resto de quartier, on vient entre copains déguster une cuisine italienne ménagère en buvant un bon Lamoresca 2009 de Sicile (39 €) par exemple. Si les entrées, basées sur le produit, sont bien faites – comme une excellente salade de puntarelle à la mozzarella di bufala et anchois (15 €) –, les pâtes manquent de finesse. Que ce soit les scialatielli au homard (21 €), les tagliolini neri aux vongole et pesto (18 €) ou les gnocchi aux puntarelle et à la bottarga (18 €). Dommage car le service est avenant et le lieu franchement accueillant.
3 av. Ducpétiaux, 1060 Saint-Gilles. Fermé dimanche et lundi. Rens. : 0483.11.01.81.

La Gazzetta: osteria branchée
“La Gazzetta”, c’est la petite soeur du “Caffè Al Dente”, italien réputé à Uccle. Les ingrédients du succès sont les mêmes : des produits d’excellente qualité et une cuisine italienne franche, comme là-bas. Originaire des Pouilles, Fabio est aux commandes de cette petite osteria qui fonctionne à toute heure pour nous servir, tantôt d’excellentes pâtes sèches cuites al dente et assaisonnées avec beaucoup de fraîcheur, tantôt des pâtes fraîches encore plus divines.
Ce soir-là, les roulades à la viande ou, en version végé, aux aubergines et à la scamorza (12,50 €) étaient à tomber par terre ! En primo, les charcuteries sont toujours au top (8,80 € le plateau mixte) et la sélection de vin est irréprochable. À l’image de ce Semplicemente Vino de chez Bellotti ou du Boncie 5 de chez Giovanna Morganti. Et depuis son ouverture, l’adresse a bien évolué : on a enfin droit à un contorno (accompagnement) du jour (3,50 €) avec le steak de Simmental (13,90 €).
La déco sobre et branchée et l’exceptionnel rapport qualité-prix (4,90 € le dessert) font de cette “Gazzetta” un incontournable à Bruxelles.
12 rue de la Longue Haie, 1050 Bruxelles. Du lundi au samedi de 8 h 30 à 23 h, dimanche de 11 h à 17 h. Rens.  : 02.513.92.13.

Osteria Agricola Toscana: table de ferme
Une vraie table de ferme toscane, on en rêvait ! Installée à San Miniato, une Città Slow située entre Pise et Florence, la ferme bio Podere Del Grillo produit toutes sortes de légumes et huiles d’olives, que l’on retrouve, en circuit court, dans les cuisines de la pimpante “Osteria agricola toscana”, qui s’est installée en plein quartier européen fin avril.
Sur papier, voilà une idée qui ouvre déjà l’appétit. Sauf que quand débarque la “caissette agricole” (22 €), on déchante. Autant de petites dégustations travaillées (en verrines) mais sans intérêt : salade de fraises au pecorino et caramel de balsamique, crème de petits pois betterave menthe, cocktail de légumes crus, friture de légumes, purée de pommes de terre, etc. On aurait préféré une dégustation des produits de la ferme…
Pour suivre, la “grande salade de fenouil” aux oranges (16 €) est une salade basique, à peine assaisonnée. Les pâtes aux asperges vertes (18 €) ne sont guère plus intéressantes. Dommage, car le rôti de porc de race cinta senese (18 €) à l’ail grillé et aux pois chiches remplissait, lui, son contrat. On sort de cette osteria maniérée aux prix exagérés sur une autre déception, un affogato au chocolat très moyen (8 €), et sans avoir eu l’impression de voyager en Italie tant le concept a pris le pas sur la saveur et la générosité.
20 rue Livingstone, 1000 Bruxelles. Fermé samedi midi et dimanche. Rens. : www.osteriaagricola.eu ou 02.231.64.07.


Illustration: Gaëlle Grisard

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