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24/05/2014

Varsovie, la renaissante…

La Libre, Momento, Escapade, Pologne, Varsovie… et insolite, ajouterait-on. Rasée à plus de 80 % pendant la Seconde Guerre mondiale, la capitale a été, depuis, laborieusement reconstruite. Résultat ? Un kaléidoscope architectural où les anciens quartiers pittoresques se sont offert une nouvelle vie, nez à nez avec d’austères blocs staliniens, sinon des tours futuristes qui sortent de terre comme des champignons.

Cap à l'Est: Alice Siniscalchi


Les façades pastel de la “ville-phénix”
Ce fut un exploit sans précédent. Ressurgie de ses cendres grâce au travail infatigable de l’ensemble de la société polonaise, la Vieille Ville fut rebâtie à l’identique au lendemain de la guerre, pierre par pierre, notamment en s’inspirant des panoramas de Varsovie peints par le neveu de Canaletto dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Loin d’être prioritaire pour les autorités communistes d’après-guerre, la reconstruction du château royal, où sont conservées la plupart desdites toiles, dut, elle, patienter jusqu’à 1984 pour être achevée. Depuis, le Stare Miasto (Vieille Ville) a retrouvé tout son charme d’antan, que l’on découvre en prenant son temps, immanquablement à pied – car il est entièrement piétonnier. De la place du marché (Rynek) au château royal, en passant par les remparts de Varsovie, on promène aussi volontiers son appétit d’un café à l’autre, où les bonnes pâtisseries traditionnelles abondent.
 
L’omniprésente architecture soviétique
Certes, Varsovie a dû beaucoup changer depuis que le duo Bowie-Eno, dans les années 70, en fit un portrait musical de désolation quasi lugubre, “Warszawa”. Quoi qu’il en soit, si la réputation de laideur de la capitale traduit un rejet de son passé communiste, l’architecture soviétique qui l’a profondément marquée n’est pas tout à fait dépourvue d’allure et, au bout du compte, fait partie intégrante de son âme. Le palais de la Culture et de la Science, menacé d’être détruit à la chute du régime communiste, mais finalement devenu le symbole même de la ville, a été longtemps décrié par les Varsoviens. Ceux-ci, à en croire une anecdote populaire, blaguaient sur le fait que seul le concierge de l’édifice jouissait d’une belle vue sur la ville car lui-même ne le voyait pas. Cet imposant colosse, commandité par Staline, est encore aujourd’hui – du haut de ses 237 m – l’une des plus hautes tours d’Europe et abrite des théâtres, des musées, des salles de congrès et de concerts, des bars, un multiplexe cinématographique. Le bon plan qui joint l’utile à l’agréable ? Une soirée ciné pour découvrir ses intérieurs grandioses – les films sont en langue originale, rassurez-vous, et le public polonais étonnamment silencieux pendant la projection…
 
Témoignages d’une ville martyre
Si on devait vous conseiller la visite d’un musée pour comprendre l’esprit de Varsovie, ce serait, sans hésitation, le musée de l’Insurrection. Quoique nous lui reprochions une certaine cacophonie de supports différents (sons, photos, vidéos, documents, panneaux explicatifs), qui le rendent un peu alambiqué pour un profane de l’histoire polonaise, il a le mérite de retracer jour par jour l’épisode crucial et douloureux de l’insurrection de Varsovie contre les troupes nazies, du 1er août au 2 octobre 1944. L’analyse portée sur le positionnement des Varsoviens pendant la guerre, non seulement par rapport aux Nazis, mais aussi aux Soviétiques et aux Occidentaux, y est vraiment complète et éclairante. Le film “Miasto Ruin” est une surprenante reconstruction en 3D, à vol d’oiseau, de la ville de Varsovie telle qu’elle devait apparaître à la fin de la Seconde Guerre mondiale : en un mot, anéantie. Le 1er septembre 1939, Varsovie comptait 1 300 000 habitants; lorsque les insurgés de Varsovie tombèrent définitivement, pas plus de 1000 personnes survivaient parmi les décombres. Aujourd’hui, la ville a recouvré pleinement son rôle de capitale politique, économique et culturelle de la Pologne.
 
Quand les Varsoviens se mettent au vert…
…ils n’ont décidément pas besoin d’aller très loin ! Varsovie est réputée pour ses splendides parcs. Au pied du monument dédié au compositeur et pianiste polonais Chopin, le parc Lazienki (photo) héberge, de mai à septembre, des concerts de musique classique tous les week-ends. Son aura romantique atteint des sommets lorsque l’on approche du néoclassique palais sur l’Île, ou palais Lazienki, dessiné pour Stanislas II Auguste Poniatowski, dernier roi de Pologne jusqu’en 1795. Face à cette résidence d’été, un amphithéâtre se reflète dans l’eau, peuplé – surprise ! – de paons.
Une tout autre mais non moins typique ambiance se respire au bord de la Vistule, lieu de rencontre des jeunes au soleil couchant, en toute spontanéité, autour d’une bière et d’un feu de bois.
Enfin, les voies cyclables sont légion et bien sécurisées, ce qui permet de sillonner la ville d’un bout à l’autre, en longeant les espaces verts, à son gré.
 
 
Ph.: A.S.

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