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09/06/2014

Le Mondial, c’est (écran) géant !

La Libre, Momento, Derrière l'écran, Coupe du monde, écrans géants, réglementationLa RTBF a acquis, à prix d’or, les droits de retransmission en direct des 64 matches de la Coupe du monde de football pour le territoire de la Belgique francophone. Fière de son trésor, la chaîne publique a mis les bouchées doubles pour éviter que des privés n’en profitent, notamment lors des fameuses soirées avec écrans géants.

Pierre-François Lovens


DEPUIS QUE LA TÉLÉVISION existe en Belgique, la retransmission des matches de la Coupe du monde s’est toujours faite sur les écrans de la RTB(F). Ce sera encore le cas cette année et jusqu’en 2022, puisque Reyers a d’ores et déjà acquis les droits audiovisuels pour les deux prochaines Coupes du monde (Russie en 2018 et, si tout va “bien”, Qatar en 2022). La chaîne publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles est évidemment fière de ce mariage au long cours avec la Fédération internationale de foot (Fifa). On peut la comprendre quand on sait les audiences que draine un tel événement planétaire. Et qui dit grosses audiences, dit aussi grosses recettes publicitaires.
 
Mais l’équation comporte une composante sur laquelle la RTBF n’a pas de prise – ou de façon très marginale à travers le “pool” européen des chaînes publiques (UER)  : l’acquisition des droits de retransmission télévisée auprès du détenteur (Fifa, en l’occurrence). Sans oublier les coûts de production et autres frais logistiques engendrés pour la couverture d’un tel événement (surtout s’il a lieu à l’autre bout du monde).
 
 
Au fil des années, les droits TV en matière de sport – Coupe du monde et Jeux olympiques en tête – ont littéralement explosé. À tel point qu’il est aujourd’hui (quasi) impossible de connaître le montant déboursé par la RTBF pour avoir le droit de retransmettre, en direct, les 64 matches de cette Coupe du monde 2014. “Je ne vous le dirai pas !”, nous confiait Jean-Paul Philippot, patron de la RTBF, lors de la présentation du dispositif “Viva Brasil” le 8 mai dernier.
 
Pour amortir au mieux la lourde charge des droits de la Coupe du monde, la RTBF compte essentiellement sur la vente des espaces publicitaires (et tout indique que la RMB, régie publicitaire de la RTBF, va cartonner). Une autre source de revenus – bien moins lucrative – provient d’écrans géants installés en Wallonie et à Bruxelles. Si le principe général reste celui d’un accès “sur le plus grand nombre de plateformes possible de manière strictement gratuite”, la RTBF entend aussi protéger ses intérêts. “Il ne s’agit pas de gagner de l’argent en profitant du phénomène des écrans géants. Notre objectif est d’encadrer ce phénomène et d’éviter que des sociétés commerciales se fassent du blé sur notre dos”, explique-t-on au boulevard Reyers.
 
Cette volonté de protéger ses droits a conduit la RTBF à fixer un cadre assez strict pour toute personne souhaitant organiser, durant le mois de la Coupe du monde, des événements sur des places publiques ou dans des salles. “Il nous est apparu évident qu’il convenait de limiter, d’encadrer et de monétiser les initiatives à dimension commerciale liées à la diffusion en public des matches de la Coupe du monde”, peut-on lire sur le site de la RTBF.
 
Concrètement, l’entreprise publique a identifié quatre cas de figure.
Un : gratuité pour tout écran géant (ou grand écran) installé à l’intérieur d’un café, restaurant ou tout autre établissement de ce type.
Deux : gratuité pour ces mêmes écrans dans le cadre d’un événement existant, récurrent, planifié de longue date et qui se serait tenu même sans écran (festival, braderie, fancy fair…).
Trois : forfait de minimum 150 euros par jour pour écran géant (ou grand écran) dans le cadre d’un événement public développé spécialement autour de la Coupe du monde et accueillant moins de 300 personnes.
Quatre : forfait allant de 1 à 1,5€, par jour et par personne, pour tout écran géant (ou grand écran) dans le cadre d’un événement public développé spécialement autour de la Coupe du monde et accueillant plus de 300 personnes. Avec, dans ce quatrième cas de figure, le souhait de limiter ce type d’événement à un par commune…
 
Dans la pratique, tout organisateur doit prendre contact avec la RTBF pour obtenir une autorisation de reprendre le signal de l’opérateur public. À ce jour, la RTBF a conclu près de 150 partenariats avec des organisateurs d’événements avec écrans géants.
 
Et que se passera-t-il en cas d’infraction ? “Des amendes sont prévues, dit-on à la RTBF. Le contrôle ne sera pas assuré par nous mais par des agents de la Fifa.” À bon entendeur…
 
 
Ph.: JC Guillaume

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