Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

10/06/2014

Un petit palais pour les Orléans-Bragance

La Libre, Momento, Vie de château, palais, Grao Para, Petropolis, BrésilDans la ville impériale de Petropolis, on trouve deux très belles demeures princières, mais pas seulement.
 
Philippe Farcy


À SOIXANTE ET QUELQUES KILOMÈTRES de Rio de Janeiro, dans des montagnes moyennes et fort boisées, il faut aller visiter la cité de Petropolis, le Versailles des princes d’Orléans-Bragance qui montèrent sur le trône du Brésil au XIXe siècle.
 
On ne vous fera pas ici une étude généalogique de cette famille, même si les liens avec la Belgique sont nombreux, à travers nos princes de Ligne (deux mariages actuels) et avec la comtesse Everard de Limburg Stirum, dont la mère, Isabelle, comtesse de Paris, était la sœur du prince Pierre-Gaston, considéré comme le chef de la famille du Brésil jusqu’à son décès en 2007.
 
 
Petropolis est donc riche de souvenirs impériaux, mais pour les Belges qui iraient sur place pendant la Coupe du monde, il n’y a pas que les sites impériaux à voir sur place.
 
Petropolis fut la ville de Santos-Dumont (1873-1932), prénommé Alberto et qui fut un célèbre avionneur et constructeur de montgolfières. Il fit la majorité de sa carrière à Paris. Sa maison se visite à Petropolis, mais pas à Paris.
 
C’est aussi à Petropolis que Stefan Zweig (1881-1942) vint finir ses jours. Cet auteur autrichien avait fui les horreurs nazies avec sa seconde épouse, Lotte, en passant par New York. Ils se suicidèrent ensemble dans la ville brésilienne par désespoir face aux horreurs humaines et à une civilisation européenne anéantie et sans avenir selon lui. Leur maison se visite également.
 
 
Le palais impérial, peint comme celui de Grao Para dans un ton rouge brique mêlé de blanc, se situe de l’autre côté d’un petit parc et le tout est bordé d’immeubles qui sont soit de petits buildings soit des villas. Ce n’est pas très joyeux d’ailleurs.
 
L’ancien palais impérial sert de musée; jadis c’était la résidence d’été de la famille des Bragance. Ce palais est mieux isolé que son voisin d’en face, posé qu’il est sur une légère butte et il bénéficie d’un parc plus aéré.
 
 
Le palais de Grao Para ne profite gère d’une vraie indépendance visuelle. On peut même se poser la question de son intimité à l’intérieur de son domaine car il est dominé sur un flanc par un immeuble à appartements. On se croirait pour un peu au château de Rivieren, à Jette. De la voirie, on ne voit rien cependant grâce à de hauts murs et à une colline boisée en bout de territoire.
 
Cette grande maison, qui fait penser à l’édifice annexe du Palais des Académies de Bruxelles par son style néo-classique, servirait de résidence à l’aîné des fils du prince Pierre-Gaston (1913-2007), frère de la comtesse de Paris, le prince Pierre-Charles, né en 1945. Il y a ceci dit un petit conflit entre deux branches de la famille pour déterminer qui est l’héritier du trône.
 
 
La grande maison qui nous occupe n’était à l’origine qu’une annexe du palais impérial d’été. Cette demeure servait alors à abriter de hauts fonctionnaires de la cour. L’édification remonte aux années 1859-1861. Elle fut commandée à l’architecte allemand Théodore Marx qui intervenait en même temps sur le château ou palais de Saint-Christophe à Rio de Janeiro, construit par l’architecte français Pierre-Joseph Pezérat (1801-1872), de 1826 à 1831. Le jeune empire brésilien (il dura de 1822 à 1889) avait besoin d’architectes de talent et, souvent, ils furent étrangers. Un autre Français eut une grande influence par ici; il s’agit de Auguste-Henri Grandjean de Montigny (1766-1850).
 
L’architecte local Araujo Porto Alegre est également intervenu sur le chantier du Grao Para.
 
 
Ph.: Pierre-Gaston d'Orléans-Bragance dans le parc de sa demeure de Petropolis. Photo d'Astrid Beatriz

Les commentaires sont fermés.