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22/06/2014

Les séries, nouveau chapitre d’Amazon

la libre,momento,derrière l'écran,séries,amazon,the afterAprès les tablettes et avant les smartphones, Amazon s’est mis en tête de développer ses propres séries. Une stratégie qui doit lui permettre de concurrencer Netflix et d’accroître encore son “domaine culturel”.

Karin Tshidimba


AVEC LE LANCEMENT de son propre smartphone (ce mercredi 18 juin) et de son service de musique en streaming (le mercredi 11 juin), après la mise au point de sa liseuse “Kindle” et la mise en production de séries originales, la stratégie d’Amazon apparaît on ne peut plus claire…
Celui qui n’était jusqu’ici qu’un géant américain de la vente de produits culturels en ligne est en train de vivre une profonde révolution, afin d’être présent sur tous les fronts : à la fois fournisseur de matériel high-tech et fournisseur de contenus. La mise en vente des premiers visant à l’expansion des seconds. Smartphones, tablettes, livres, séries, films et musique en ligne : Amazon se positionne sur toutes les cibles pour asseoir son “empire culturel” et son emprise sur le consommateur.
 
Sur le front des séries, la stratégie d’Amazon s’est développée en deux temps : mise en production de séries propres dès 2013 (avec “Alpha House”, satire politique portée par John Goodman, et “Betas”, série comique qui ne connaîtra pas de suite) et, début 2014, signatures de contrats avec deux grands studios : la Fox et HBO.
Ainsi, le 21 avril dernier, on apprenait que l’intégralité de séries considérées comme des classiques d’HBO Les Sopranos, The Wire (“Sur écoute”) ou Six Feet Under (“Six pieds sous terre”), ainsi que les premières saisons d’œuvres plus récentes comme Boardwalk Empire ou True Blood seraient ajoutées au service “Prime” d’Amazon, qui donne accès, entre autres, à son service de vidéo en ligne à la demande. L’accord signé entre Amazon et HBO prévoit aussi l’ajout ultérieur de séries plus récentes comme Girls ou The Newsroom, avec un délai de trois ans suivant leur diffusion sur HBO.
 
Une application permettant d’accéder au service de streaming maison de HBO (“HBO GO”) pour ses tout derniers contenus sera d’ailleurs intégrée d’ici la fin de l’année au boîtier décodeur “Fire TV”, lancé début avril par Amazon, qui permet de regarder des vidéos en ligne sur son téléviseur.
 
Si on ajoute à cela les séries déjà en chantier et l’accord signé avec la Fox en avril dernier, qui porte sur l’intégralité de la série 24h chrono , on voit à quel point l’ogre Amazon se positionne sur le terrain du divertissement face au géant Netflix.
 
 
la libre,momento,derrière l'écran,séries,amazon,the after“Tourner aux États-Unis, c’est un rêve”
 
Y aurait-il une nouvelle mode des actrices françaises à Hollywood ? Coup sur coup, Amazon a fait appel à Louise Monot et Armelle Deutsch pour tourner les pilotes de deux nouvelles séries en développement : “The After” et “The Cosmopolitans”. Une façon d’internationaliser leurs castings et de rendre leurs nouveautés d’autant plus attrayantes pour le monde entier  ? Ou bien l’accent “frenchy” est-il ce petit “truc en plus” que se doit d’avoir une série aujourd’hui ?
Pour l’actrice Louise Monot, invitée du récent Festival de Monte-Carlo, difficile de répondre car les enjeux la dépassent largement. Mais elle se dit évidemment “ravie” de vivre cette aventure. Qui a démarré de façon assez impersonnelle à la rentrée dernière.
 
“Mon agent anglais avait entendu parler du projet, et m’a demandé de participer aux auditions en envoyant une vidéo. Parce qu’on ne va pas chaque fois à Londres ou à Los Angeles pour les castings, si non cela reviendrait très cher. J’ai donc fait une self tape. J’avais reçu le texte de trois scènes. Du coup, c’est toute une organisation, mais je me suis équipée : j’ai une petite caméra, un pied, un fond blanc. Et il faut trouver quelqu’un pour vous donner la réplique. Certains studios US se sont spécialisés mais moi je l’ai fait chez moi, tout simplement. Le côté positif, c’est que vous pouvez faire autant de prises que vous le souhaitez, mais il faut se juger aussi car vous ne pouvez pas envoyer dix prises.”
 
Après, tout est question de patience et de disponibilité, deux incontournables du métier.
“Après deux ou trois jours, j’ai eu rendez-vous sur Skype. On m’avait dit que j’allais devoir rejouer la scène. Du coup, j’avais assez peur car il suffit que vos voisins fassent un boucan pas possible ou que n’importe quoi vienne vous perturber… Parce qu’il y a des scènes pas évidentes à jouer dans son salon. Mais finalement, j’ai seulement discuté avec Chris Carter, sa directrice de casting et un des producteurs. Ensuite, j’ai dû me filmer sur d’autres scènes et puis je suis partie les rencontrer là-bas. Je n’étais pas encore officiellement choisie mais disons que, s’ils vous font venir, c’est que c’est bon signe (rire). C’est à ce moment-là que j’ai eu les infos sur le scénario global. C’était vraiment une aventure pleine de surprises, où on avançait au jour le jour. En partant, je ne savais pas si j’allais rester un mois ou dix jours. Si je n’avais pas été prise, je serais rentrée tout de suite. J’ai encore repassé des essais sur place car j’imagine qu’ils veulent vérifier que vous êtes capable d’enchaîner; personne ne sait combien de fois vous vous êtes filmée chez vous pour obtenir le bon résultat.”
Face à Chris Carter, créateur à la réputation internationale (“X-Files”), la jeune femme n’a pas tremblé. “Les choses se sont passées très simplement. Il est accueillant, bienveillant, gentil, il m’a mise à l’aise. Il a un tempérament très calme et rassurant même si tout était un peu une surprise pour moi. D’autant que je n’avais pas encore mon visa de travail et que le tournage commençait une semaine après. Une fois que j’ai été choisie, je suis repartie au Canada chercher mon visa. Je n’ai donc pas eu le temps de stresser.”
 
En revanche, la phase du vote des internautes était une grande première. “Les pilotes étaient mis en compétition, donc j’ai vu les autres séries. Et ça c’était un peu stressant. Et puis, on se sentait très impliqués car ils nous ont demandé de communiquer un peu sur le sujet sur Facebook, etc. Je me sentais plus investie que d’habitude quand on fait seulement la promo et qu’après les choses t’échappent. Je trouvais cela excitant mais je ne suis pas sûre que les votes français comptaient vraiment…”
En revanche, les commentaires faits pas les internautes étaient utiles. “J’ai lu les critiques des spectateurs, il y avait des choses très constructives et argumentées et ce n’était pas de la critique facile. J’imagine qu’ils vont en tenir compte, mais je ne sais pas vraiment car je suis loin de l’équipe, là…”
Au-delà même de son rôle ou du style de la série – “un mélange des genres avec des choses très drôles, un humour noir sous-jacent qui est très présent” –, c’est le défi qui l’a séduite. “Rien que le fait de participer à cette aventure, j’étais comme une dingue ! D’aller tourner aux États-Unis avec Chris Carter, c’était super ! Gigi est une fille moderne, de mon âge, qui va vivre plein d’aventures donc tout m’a plu même si je ne sais pas comment les choses vont évoluer pour elle. Ni si le fait que c’est une actrice va être fort développé dans la suite de la série.”
Le tournage des 7 épisodes suivants est prévu vers novembre 2014. “Je partirai alors sans doute pour 5 ou 6 mois”, conclut-elle dans un grand sourire.
 
 
Ph.: Amazon/Sony Pictures et Valery Hache/AFP

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