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23/06/2014

Charmes infinis près d’Annevoie

la libre,momento,vie de château,rouillon,annevoieLe château de Rouillon est d’une réelle élégance, bien implanté, son parc regarde vers la Meuse.

Philippe Farcy


IL Y A DANS CETTE VALLÉE de la Haute-Meuse un fourmillement de patrimoine impressionnant. La région est réputée, certes, mais c’est à se demander si les pouvoirs régionaux et provinciaux en font assez, hors de nos frontières pour vanter tant de lieux intéressants, voire remarquables. Villages pittoresques, rivières sinueuses, châteaux, abbayes, églises, chapelles, paysages alternant zones boisées et champs onctueux en font une zone délicieuse à vivre sans doute. La perle entre Namur et Dinant, c’est évidemment Annevoie. Et c’est justement là que nous allons cette semaine, mais pas dans l’ancien château des Servais de Montpellier.
 
En quittant la Meuse et en montant vers Annevoie, on ne roulera que 800 mètres pour prendre la première rue à droite; elle mène à Arbre. Dès le virage négocié, on s’arrêtera. C’est là, à flanc de colline, que loge le château depuis plus de deux cents ans.
 
Rouillon apparaît en toute simplicité, cachant à peine un art de vivre daté de la fin du XVIIIe siècle et perpétué à travers de nombreuses familles jusqu’à nos jours. Une succession entraîne sa mise sur le marché. C’est donc une belle opportunité de profiter d’un cadre idyllique où seule la voirie placée en contrebas impose ses airs de modernité.
 
Le parc de deux hectares et demi est petit, mais il est bien distribué à travers quatre terrasses. L’une abrite une serre et s’appuie sur une grange en moellons de calcaire, à réaffecter. L’autre est celle du château; elle est large et superbement plantée d’un hêtre pourpre majestueux et d’un gingko trapu dont la circonférence du tronc, de près de cinq mètres, assure ses deux siècles d’âge. Il est aussi beau que celui de Huldenberg, chez les Limburg Stirum. Cet arbre figure parmi les plus remarquables de Wallonie, il est donc classé, et est repris par la Fondation Spoelberch. Dans le fond de la terrasse principale se trouve un petit pavillon à restaurer et à débroussailler. Il domine la vallée de la Meuse que l’on pourra revoir de la maison si on se donne la peine de couper quelques arbres sauvages et sans intérêt.
 
La bâtisse de style Louis XVI a été construite vers 1775 par ou pour André de Moreau de Bioul (1752-1825), maître de forges, qui n’aurait eu que 23 ans lors de son édification. Au décès d’André, sa veuve Ferdinande de Wilmet épousa en secondes noces le baron Edouard de Cuvelier de Warisoult. Les nouveaux époux prirent Rouillon officiellement en 1834. Puis Ferdinande décéda en 1858, sept ans après Edouard. La descendance vendit alors cette maison à Gustave de Montpellier d’Annevoie. Louis, son fils, en hérita à la mort de ses parents. Il avait épousé en 1894 Mlle Adèle de Sauvage. Louis rencontra des soucis financiers tels que le domaine fut mis en vente publique, ce dont profita le 13 juillet 1906 Alfred Foulon, candidat notaire à Berchem près d’Audenaerde. Celui-ci ne garda Rouillon que quelques mois car il vendit le bien le 14 août à Alfred Delebecque. Ce dernier semble n’être jamais venu ici car dès le 24 septembre 1907, il échangea le château contre une belle ferme de 14 ha à Ichtegem, près de Tourhout. Cet échange profita à Julie le Grand, membre d’une famille de gros propriétaires terriens gantois. Madame devint veuve du chevalier Émile de Sauvage et s’en alla au ciel à son tour le 19 octobre 1930. Leurs deux enfants Raoul et Geneviève héritèrent. Geneviève s’en alla à jamais en 1942 et son frère vendit Rouillon le 28 mars de cette année à la S.A. Mutuelle de Placements, dirigée par les consorts Paul van den Bosch d’Anvers. En 1969, il y eut encore une vente en faveur cette fois de Francis Bauchau et de son épouse Monique de Soignie. Les Bauchau étaient eux aussi des maîtres de forges.
 
Rouillon a donc beaucoup changé de propriétaires en un peu plus de deux siècles. Cela n’enlève rien à ses charmes et à son art de vivre demeuré intact ou presque quand on voit les décors de boiseries d’époque Louis XVI qui s’y trouvent toujours. Deux départs d’escaliers Louis XV participent à son élégance générale. La cour d’entrée est bordée de deux pavillons servant de remises et de résidences aux étages; l’un d’eux abrite la chapelle.
 
 
On visite si on est intéressé à l’achat via Paul de Sauvage, au mail : psv@actibel.be
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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