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21/07/2014

Papillonnons autour des Buddleja

momento; la libre belgique; la libre; buddleja ; dehors; jardin;Ces arbustes de l’été se débrouillent tout seuls. Longue floraison, parfum, légèreté et couleur les caractérisent. À adopter pour votre plaisir et celui des papillons.

Au jardin avec Marie Pascale Vasseur
et Marie Noëlle Cruysmans


BUDDLEIA OU BUDDLEJA ? À vous de choisir, la différence est minime. Scientifiquement, depuis Linné (le célèbre taxonomiste suédois), on lui préfère le “j”. Appartenant à un genre qui compte une centaine d’espèces –provenant presque toutes des régions chaudes d’Afrique, Asie et Amérique–, il est nommé en l’honneur du Révérend Adam Buddle, botaniste averti herborisant à la fin du XVIIe siècle. Devenu très populaire dans nos jardins, il y met de la gaieté lorsque les roses ont décidé de se reposer. Mais
cela ne date pas de si longtemps. Les premiers Buddleja n’apparaissent en Europe qu’au XIXe siècle, lorsque différents explorateurs, découvreurs de plantes, les repèrent in situ et les rapatrient par
monts et par vaux. Robert Fortune, en 1843, dans l’ouest de la Chine, puis le docteur Henry et l’abbé
Soulié. Tous trois tombent sous le charme du Buddleia davidii dédié à un autre missionnaire vivant en Chine, le Père Armand David. Les premières graines traversent bientôt les océans et sontmises en culture par les pépinières Vilmorin en France et les pépinières anglaises. Depuis, intrépide, il pousse spontanément chez nous, parfois dans les pires conditions, sur les terrains vagues, le long des voies de chemin de fer ou dans les maisons abandonnées…

Tout terrain
Cet arbuste de deux à cinq mètres de hauteur, aux tiges anguleuses et veloutées, a une croissance  rapide mais une durée de vie assez courte. Les feuilles semi-persistantes, vertes ou grisâtres, de dix à trente centimètres de long, ont un revers duveteux et les petites fleurs tubulaires agréablement parfumées sont disposées en panicules denses, terminaux, de dix à cinquante centimètres de long. Leurs couleurs varient du lilas pâle au violet, en passant par le rose, le pourpre ou le blanc, avec au  centre une pointe d’orangé. Marathonien de la floraison, de fin juin à début octobre, sa culture est d’une  facilité déconcertante. La qualité du sol n’a aucune importance. Pas trop riche et plutôt sec. La  seule exigence est une place au soleil. Beaucoup de soleil, au moins pendant une demi-journée. Réputé  peu rustique à la base, il faut bien reconnaître que depuis plus de cinquante ans, nous avons un grand  choix de variétés robustes et florifères, été après été, grâce au travail d’hybridation des pépiniéristes. Même si sa jeunesse est parfois ingrate, à taille adulte sa silhouette souple mais un rien désordonnée  fait merveille dans les grands jardins et les haies libres. Dans les fonds de parterres, il s’harmonise  avec les couleurs de fin de saison. Sans oublier qu’avec son feuillage semi-persistant, il a une place de  choix dans les compositions hivernales.

Surnom : arbuste aux papillons
Autour du Buddleja, c’est le grand rendez-vous de l’été. Ses fleurs parfumées allèchent quantité de papillons qui raffolent de leur nectar. Vulcains et machaons certainement mais aussi une multitude de butineurs comme les abeilles. Le parfum dégagé est assez puissant surtout aux heures chaudes de la journée. Des senteurs fleuries et sucrées. Une touche de vanille avec, pour ceux qui ont du nez, un soupçon de chocolat ou de pain d’épices. En hiver, lorsque les branches défleuries ne sont pas coupées, les graines attirent les oiseaux. La raison pour laquelle le Buddleja s’invite parfois au jardin sans prévenir…

Le rabattre sans sourciller
La seule chose à faire ? Le tailler chaque année de manière drastique. Pour qu’il vive plus longtemps sans développer du vieux bois qui pourrait l’affaiblir. Rabattez-le à la fin de l’hiver, en mars, à quinze centimètres de haut. Il gardera alors une touffe bien ramifiée. Sachez que les fleurs s’ouvrent sur le bois de l’année. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas tailler trop tôt quand les gelées pourraient encore sévir, et pas trop tard pour ne pas postposer la floraison. Si les branches sont abîmées ou détruites par le gel, il est fréquent que la végétation reparte de la base.

Pour les vieux sujets mal entretenus, retenez ce principe général applicable à la taille de tous les végétaux du jardin : introduire la lumière au creux de l’arbuste en éclaircissant la touffe. N’hésitez pas à enlever le vieux bois et à couper les jeunes rameaux vigoureux le plus bas possible, à environ trente centimètres du sol, pour qu’ils puissent émettre de nouvelles tiges. Surtout n’ayez pas peur. Il vous le rendra l’été suivant. Les fleurs seront plus grandes.

La taille des fleurs fanées peu élégantes – surtout les blanches qui fanent mal – permet aussi d’espérer une seconde floraison, environ deux semaines plus tard sur des rameaux secondaires.

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