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07/08/2014

Belle et belge Bourgogne

bourg.jpgÀ la fin du Moyen Âge, les ducs de Bourgogne sont à ce point puissants qu’ils étendent leur territoire sur la presque totalité de l’actuelle Belgique. Aujourd’hui, en sillonnant les vignes et châteaux de la région, on trouve un peu de Belgique aux quatre coins de la Bourgogne.

Sur les traces des ducs, Lauranne Garitte


IL ÉTAIT UNE FOIS, durant les trois siècles de la fin du Moyen Âge (du XIIIe au XVe), l’histoire de la dynastie ducale des Valois. Philippe II le Hardi, fils du roi de France Jean II le Bon, devint duc en 1364 lorsque son père lui offrit le duché de Bourgogne. Après lui, Jean Sans Peur, Philippe III le Bon et Charles le Téméraire prirent possession du duché, tout en l’agrandissant à une vitesse incroyable. Tous se marièrent. Davantage par intérêt territorial que par amour, dit-on. Et tous eurent ensemble un enfant : l’État bourguignon tout-puissant. Face à lui, la France et son roi tremblaient. S’ensuivirent de nombreuses luttes entre Charles le Téméraire et les rébellions du roi Louis XI. Après quoi il n’y eut qu’un seul vainqueur : le roi. La Bourgogne ducale disparut en 1477. La fille de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne, se maria néanmoins avec Maximilien d’Habsbourg afin de conserver une partie des territoires de l’actuelle Belgique. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les terres bourguignonnes sont imprégnées d’une époque où l’inexistante Belgique s’appelait Bourgogne…

Retour vers le présent
Un tram passe. Excepté ce bruit, la ville de Dijon a ceci d’agréable qu’on y respire le calme et la sérénité, en déambulant dans les rues (désormais piétonnes depuis 2012). Nous sommes en 2014, aux portes de la côte de Nuits, connue pour ses vignobles. La promenade dans le centre de Dijon donne l’impression d’être transporté à l’époque médiévale. Les charmantes rues pavées sont harmonieusement interrompues par des maisons à pans de bois et nous emmènent à l’ancien hôtel des Ducs et au palais des États. Il faut l’avouer, les propriétés des ducs cadencent véritablement les paysages bourguignons. Ainsi, on visite la région de palais en hôtels et d’hôtels en châteaux.

Parmi ceux-ci, le château de Germolles est le seul palais de plaisance des ducs de Valois à avoir subsisté. Cadeau de Philippe le Hardi à sa puissante femme Marguerite de Flandre, ce château charme d’emblée. Entouré d’étendues vertes et jaunes, le bâtiment témoigne de l’obstination de Marguerite de Flandre à vouloir rénover cette maison forte en palais. Peintures murales et cheminées monumentales à l’appui.

En reprenant la route vers le nord, c’est cette fois le château de Chateauneuf-en-Auxois qui trône sur la colline, à 475 mètres d’altitude. Celui-ci révèle quant à lui le passage d’artistes flamands dans la région, trace d’un peu de Belgique en Bourgogne.

Ces ducs qui appréciaient l’art
Pendant que les ducs de Bourgogne affirmaient leur toute-puissance, les villes étaient en plein essor. Philippe le Hardi et ceux qui le succédèrent ont indubitablement métamorphosé ces cités en vrais petits trésors, tout en accordant une grande importance à l’art.

Retour dans la capitale de la région, Dijon, qui abrite le Musée des Beaux-Arts. Le marché s’y est installé depuis ce matin à proximité des halles. Il est midi, et toutes les générations s’y baladent, en s’accordant de temps à autre une pause sur les terrasses qui parsèment les places. Dès que la chaleur s’installe, certains d’entre eux décident de s’enfermer dans le Musée des Beaux-Arts qui a fait peau neuve très récemment. Installé dans l’ancien palais ducal, il y a déployé toutes ses collections du Moyen Âge et de la Renaissance en 2013. Résultat : le Musée offre un condensé de l’histoire des ducs de Bourgogne, sous un angle artistique empreint de l’esthétique flamande. Le parcours médiéval nous emmène ainsi des cénotaphes des ducs en peintures de primitifs flamands (entre autres, le Maître de Flémalle).

Un jour plus tard, nous sommes à Beaune, témoin du mécénat ducal. Passage obligé par l’Hôtel-Dieu. Les toits de cet hospice en tuiles colorées attirent le regard. En y entrant, on fait un bond dans le passé, dans le quotidien des pauvres et malades qui y logeaient. Une fois encore, l’art flamand s’y invite avec le polyptyque du Jugement Dernier de Roger Van der Weyden.

Dans les vignes des ducs
“Au Moyen Âge déjà, les ducs de Bourgogne avaient bien cerné la dimension économique que représentaient les vignes”, nous avoue un des guides du voyage. Et parcourir la Bourgogne sans parcourir ses vignobles serait surréaliste. Au fil des dégustations donc, nous suivons aussi les traces des ducs. Dans le petit village de Marsannay-la-Côte, nous rencontrons un charmant vigneron (Charles Audouin). Avec passion, il nous raconte la délicatesse avec laquelle il s’occupe de ses vignes, installées sur les terres qui appartinrent jadis aux ducs de Bourgogne. La rencontre s’achève, tandis que le soleil brille intensément sur ses vignes.

Chacun des guides, des vignerons et des restaurateurs rencontrés durant ce voyage nous a raconté un bout de l’histoire de la Bourgogne. En reconstituant leurs témoignages et au fil des visites, le livre qui retrace l’histoire des ducs a petit à petit pris forme. Et nombre de ses chapitres faisaient référence aux artistes et territoires de notre petite Belgique actuelle. Comme quoi, à deux pas d’ici, la Bourgogne oscille prodigieusement entre évasion et impression d’être chez soi.

11:21 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bourgogne, voyage, escapade, momento | |

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